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Confiance et responsabilité

6 juillet 2005, 00:00

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Evidemment, notre vie ne changera pas au cours des 100 prochains jours. Ce n’était qu’un slogan de campagne. Par contre, les cents premiers jours de l’administration Ramgoolam – la traditionnelle période de grâce – devraient au moins donner un aperçu de ses grandes orientations, de ses priorités, de la qualité de son équipe économique et de sa capacité à agir.

Cent jours, c’est suffisant pour envoyer quelques signaux afin de relancer l’activité économique et de créer un “mood” propice pour les affaires.

Suite à l’âpre campagne menée par l’Alliance sociale pour dénoncer le “grand capital” et la concentration du pouvoir économique, le nouveau Premier ministre, Navin Ramgoolam, devrait sans doute en priorité, s’atteler à la tâche de restaurer la confiance et de rétablir la sérénité dans la communauté des affaires.

Après plusieurs années où l’investissement privé n’a cessé de décliner – excepté un sursaut l’année dernière – et après plusieurs mois d’attentisme préélectoral, on ne devrait pas retarder davantage les décisions d’investissement.

Lors de sa première conférence de presse après la proclamation des résultats, Navin Ramgoolam a fait de la relance économique sa priorité. Rama Sithanen pour sa part, mise sur une croissance robuste (entre 7 et 8 %) pour rétablir les grands équilibres macro-économiques.

Le nouveau ministre des Finances compte sur le tourisme et le secteur des petites et moyennes entreprises pour doper la croissance. Il a raison dans l’approche.

Le sucre est menacé de disparaître et est le dossier le plus urgent du nouveau gouvernement. Le sort de cette industrie pourrait être décidé avant cent jours. Le textile-habillement a perdu encore 1 500 emplois au cours du premier trimestre 2005, une indication que le pire n’est peut-être pas derrière nous comme le pensent les plus optimistes.

Le tourisme est dans l’immédiat le seul secteur capable de devenir la locomotive de la croissance en attendant que les secteurs émergents confirment leur potentiel. Ce qui risque de prendre du temps.

Pour libérer vraiment tout le potentiel de l’industrie touristique, le nouveau gouvernement devra toutefois préalablement éclairer les opérateurs sur ce que l’Alliance sociale entend par une révision des conditions pour l’octroi des permis pour le développement des projets hôteliers telle qu’annoncée dans son manifeste électoral.

L’industrie voudra aussi savoir à quel rythme se fera l’ouverture de l’accès aérien et quel sera son ampleur. Il y a deux extrêmes à éviter : un “big bang” et une approche timorée qui n’aura aucun impact significatif.

La conjoncture économique n’est pas propice au nouveau gouvernement. Le dollar se raffermit et le prix du baril de brut se maintient autour de $ 60. Avec la baisse des recettes d’exportation du textile-habillement, le déficit commercial se dégrade et prend des proportions alarmantes. L’orage menace.

Navin Ramgoolam a réclamé et a obtenu la confiance de la population. Il a maintenant cinq ans pour prouver qu’il est à la hauteur des responsabilités qui lui ont été confiées. La balle est dans son camp.

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