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Compensation : Sylvio Michel n?en démord pas

19 novembre 2004, 00:00

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Après la démission, la présentation des options? Sylvio Michel, qui n?est plus ministre de la Pêche depuis lundi, a fait son bilan et expliqué qu?il veut surtout poursuivre, avec son parti, les Verts Fraternels, la lutte pour obtenir une compensation aux descendants d?esclaves.

?J?ai enduré quatre ans de souffrance personnelle et par moments j?avais tout le conseil des ministres contre moi. J?ai cru que le gouvernement aurait eu une attitude correcte mais finalement je ne suis pas masochiste?, lance Sylvio Michel. Il a rappelé les circonstances de son départ du gouvernement. La pomme de la discorde : la compensation aux descendants d?esclaves. Un enjeu qu?il n?est pas prêt d?abandonner.

Le démissionnaire explique qu?il y a d?abord eu le non-respect de l?accord électoral avec le MSM. Selon lui, les termes de cet accord figuraient dans le programme électoral de l?alliance MMM-MSM mais n?étaient plus à l?agenda au moment de l?intronisation du gouvernement en 2000. Un ?oubli? qui avait, dès le départ, provoqué la grogne des Verts Fraternels et qui a motivé la motion du député Jean-Claude Armance, réclamant la mise sur pied d?un comité pour se pencher sur la question de compensation.

Inacceptable

Il y a eu, ensuite, l?absence de réaction du gouvernement dans le sillage de ladite motion. Enfin, la dernière proposition du gouvernement sur la compensation à l?esclavage a été jugée inacceptable par Sylvio Michel et son parti. ?C?était pour gagner du temps et nous faire perdre la face.?

Sylvio Michel est ensuite revenu sur les rencontres qu?il a eues, début novembre, avec le Premier ministre et au cours desquelles il a eu l?impression que celui-ci ?avait déjà pris sa décision?. Il a fustigé l?approche du ministre des Finances et leader du MSM, Pravind Jugnauth. ?Nous avons fait une marche de protestation, nous sommes allés en solo au 1er Mai et nous avons célébré le 1er Février seuls. Nous avons épuisé toutes les solutions.?

Aujourd?hui, sa démission digérée, Sylvio Michel identifie ses options. Rester seul ou faire alliance ? ?Tout dépendra du programme? Nos objectifs sont les mêmes que ceux du programme électoral précédent. Donc, il faudra que les choses soient claires dès le départ.? Il laisse entendre qu?il n?y a eu aucune négociation à ce stade mais ajoute qu?il ?ne sera plus question d?accepter une représentation minime au Parlement?.

Les Verts Fraternels ont aujourd?hui un poids électoral conséquent, affirme Sylvio Michel. Cela, surtout grâce aux descendants d?esclaves qu?il estime pouvoir rassembler. Ils sont, selon lui, plus de 30000 Mauriciens d?origines africaine et malgache à avoir effectué des recherches généalogiques. ?Il y a un répertoire de tous les propriétaires d?esclaves qui ont obtenu des compensations. Il y a également une liste d?esclaves, une liste des montants payés aux propriétaires?, ajoute Jean-Claude Armance.

Les Verts Fraternels ont même identifié ceux qui devraient payer : les gouvernements mauricien, français, britannique et hollandais, les anciens colonisateurs, les compagnies d?assurances. ?En janvier 2005, chaque descendant d?esclave aura son arbre généalogique?, promet Sylvio Michel. Le parti reste donc mobilisé.

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