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Comment va notre prêt-à-porter ?
Qu?il est loin ce temps où on courait chez les tailleurs et couturières pour se faire faire de beaux habits ! Aujourd?hui, nous sommes à l?ère du prêt-à-porter. Et le sur-mesure, lui, s?essouffle. « La tendance va vers le prêt-à-porter local, mais j?essaie de maintenir une petite clientèle locale et étrangère pour les tenues de grandes occasions », déclare Siven Ramen, tailleur qui confectionne des costumes pour les nouveaux mariés depuis 40 ans.
« Le grand choix de vêtements importés sur le marché, les possibilités offertes aux PME pour l?entrepreneuriat et la tendance pratique pour la clientèle masculine qui est aux blousons et aux t-shirts, ont remplacé les complets fabriqués auparavant », affirme Ivy Betsy, fille de Pierre Laurent, tailleur renommé qui a habillé diverses personnalités.
Ainsi, du plus petit vêtement au plus grand, on en trouve partout ! Dans les boutiques, dans les foires et même en grande surface. Qu?est-ce qui explique la ruée vers le prêt-à-porter ? « Les gens ont peu de temps. Cela coûte moins cher d?en acheter que d?en faire faire », indique Jenny Pidial, directrice de la fabrique Fit-U Garments et membre du comité de la Small Enterprises & Handicraft Development Authority. Ses propos sont rejoints par Marie-Claire Poussin, directrice des magasins Péché Mignon : « Le monde de la couture a beaucoup évolué. Les Mauriciens travaillent et n?ont plus le temps. C?est plus facile d?aller en magasin, car on a déjà une idée du vêtement tout fait ».
« Prôner le zéro défaut »
Comme elles, beaucoup d?entrepreneurs lancent et gèrent leurs griffes. Emmanuel Tsang Man Kin, directeur de Tamak, se spécialise dans la fabrication et la décoration des t-shirts et a introduit les marques Citadelle et Ozone. « À travers ces deux lignes, nous ciblons les enfants et les jeunes. Au départ, les articles étaient vendus en magasin, puis ils ont été introduits dans les grandes surfaces à des prix très raisonnables », déclare-t-il.
Par ailleurs, les marques mauriciennes se distinguent sur le marché local et international. Par exemple, Tamak est présent en Angleterre, en Suisse, aux Seychelles et à la Réunion. Fit-U Garments cible principalement le marché européen.
Nos petits entrepreneurs ratissent de plus en plus large. Mais ce n?est pas sans anicroches. « Le marché est restreint, donc il faut absolument le renouveler en ciblant les touristes », indique Emmanuel Tsang Man Kin. Taxes, coûts onéreux de l?importation des matières premières et confrontations aux concurrents asiatiques sont également d?autres contraintes, selon Jenny Pidial et Marie-Claire Poussin.
Face à toutes ces difficultés, que faut-il faire pour garantir la pérennité de sa marque ? « Je crois qu?il y a un travail énorme à faire et que les entrepreneurs ont pris le train en marche. Il faut davantage développer les produits pour étendre le branding mauricien. Cela permettra une ouverture des marchés », explique Alexandrine Maigrot, styliste pour Equateur et directrice de Créacom, entreprise de conseil en design.
Pour Jenny Pidial, il faut miser sur la qualité : « Il y a une condition sine qua non à prôner pour percer : le zéro défaut ». D?autres créateurs ?uvrent pour la valeur ajoutée, des innovations avec de nouvelles matières, des petites touches originales avec un apport technologique. Et ce, afin d?assurer la pérennité de leur art !
ET SI VOUS LANCIEZ VOTRE FABRIQUE ?
Que voulez-vous produire ? Où et comment allez-vous le fabriquer ? Allez-vous construire ou louer un emplacement ? Quels sont les matières premières et équipements nécessaires ? Quel sera le financement ? Quel marché ciblez-vous ? Il faut, lorsque vous réfléchissez au lancement de votre entreprise textile, vous appesantir sur tous ces éléments.
Une fois que vous avez tout défini, il faut rédiger un Business Plan qui établit la stratégie de l?entreprise de un à trois ans. Il faut aussi établir la forme du business ? c?est-à-dire si vous serez seul à la barre, en partenariat ou si vous fonderez une compagnie. Si c?est le cas, il faudrale certifier par un Deed of Partnership ou constituer un Memorandum of Association.
Chaque nouvelle entreprise qui est constituée doit être enregistrée auprès du Registrar of Companies. Après l?identification de votre site pour la construction d?un local, il faudra obtenir un permis de construction et un permis de développement auprès des administrations régionales. Si vous souhaitez utiliser des machines électriques, il faudra aussi faire une demande auprès de ces instances.
Une patente est également nécessaire. Des autorisations du Sanitation and Hygiene Department du ministère de la Santé, du Government Fire Services, du Health and Safety Inspectorate et de l?Environmental Impact Assessment sont aussi indispensables pour vérifier si l?entreprise est conforme aux normes.
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entreprises sont spécialisées dans la confection du prêt-à-porter. Deux autres ont fermé leurs portes durant les six premiers mois de l?année.
Source : L?Economic and Social Indicators.UN METIER DE PROS
L?heure n?est pas à l?à-peu-près. Les créateurs de prêt-à-porter sont de plus en plus diplômés d?écoles spécialisées. Il existe d?ailleurs à Maurice plusieurs formations.
■ « La Tour K?ing Training Centre »
Le centre dispense deux types de cours ? le NTC3 in Garment Making et le Diploma in Clothing Production. Pour y adhérer, il faut détenir le School Certificate ou avoir eu une scolarité jusqu?à la Form III ou Form IV. La formation permet de maîtriser les techniques de confection. Pour le diplôme, les étudiants doivent impérativement détenir un NTC3 avec expérience ou le HSC. Ce cours, plus étoffé inclut la confection et l?usage de la technologie dans le textile.
■ La « School of Design »
Dans cet établissement, vous pouvez suivre des cours visant à un Higher National Diploma in Fashion Textile, avec affiliation à un institut de formation britannique. Pour y être éligible, il faut avoir suivi les formations de base ? le NTC3 in Garment Making et le Diploma in Clothing Production. Des cours basiques tels que le Pattern Making et l?impression sur tissu sont également disponibles.
■ L?université de Maurice
L?université propose des cours qui mènent à un BSc Textile and Fashion Design. Pour y être éligibles, il faut détenir un A Level Pass en Dress and Textiles ou en Art. Le cours dure trois ans.
■ Anu Sumputh, la positive « Attitude »
Attitude : voilà une ligne jeune, dynamique, branchée, oscillant entre le casual et le Street Wear. Et la créatrice derrière la marque s?appelle Anu Sumputh. Agée de 26 ans, la jeune femme, partie faire des études en Fashion Design à Leeds, rêvait de confectionner des robes de mariée personnalisées. Mais il n?y a pas de grands débouchés sur le marché local. « Mon père était déjà dans le textile depuis 30 ans. Ce domaine m?intéressait beaucoup. Après mes études, j?ai eu l?idée de créer ma marque et ma boutique. Je me suis inspirée de mon prénom pour baptiser la boutique. J?ai cherché des mots commençant par la lettre??a?? et je suis tombée sur ??attitude?? », raconte Anu Sumputh.
La créatrice qui puise son inspiration dans ses voyages et son entourage, propose des tenues en coton et en lin pur. Elle s?active à la création et chapeaute aussi la production et la livraison. Anu Sumputh a inauguré une première boutique au Ruisseau Créole le 15 mai 2005, et a ensuite lancé un deuxième magasin à Port-Louis, le 9 septembre dernier. Et pour ne pas s?arrêter en si bon chemin, elle va en ouvrir un troisième à Curepipe, vers la fin de novembre. « Il y a des difficultés certes, car le marché est restreint. De plus, il n?y a pas un grand choix pour les stylistes et il y a aussi beaucoup de compétition à Maurice. Mais j?aime ce métier », explique-t-elle.
■ Pascal Bisasur, le pro du maillot
Itsi bitsi, tini ouini, tout petit, petit bikini? Un bikini rouge et jaune à p?tits pois? On connaît bien la chanson de Dalida. Et bien, à Maurice, c?est Pascal Bisasur et sa mère, Josiane, d?Emmanuel Création à Curepipe, qui la fredonnent ! Le duo confectionne maillots de bain, bikinis, shorts de plages etc., dans des tons chauds et tendance.
À l?origine, l?entreprise a été fondée par Josiane Bisasur. Celle-ci a travaillé dans le design et la réalisation de broderies sur les t-shirts avant de rencontrer des associés en France. « Nous proposons des collections conçues par ma mère et aussi des modèles sur mesure, en lycra, polyamide, microfibre, entre autres matières », confie Pascal Bisasur, qui ajoute que la production est surtout exportée vers l?Europe et l?Afrique. Il y a aussi un point de vente à sa fabrique, à Curepipe, pour le marché local.
À l?affût des designs dernier cri, les Bisasur innovent et élargissent leur gamme de produits. « Récemment, nous avons lancé une ligne spéciale pour les grandes tailles, avec des ajustements pour réduire le tour de poitrine d?une taille. Il faut créer un produit qui s?apprête à toutes les formes. Ce n?est pas évident avec la concurrence et la contrefaçon dans le textile. Mais nous effectuons beaucoup de recherche pour créer des produits de qualité », confie-t-il.
■ Pierre Shu, sur la place « Publik »
Être plus près des gens, correspondre à une identité commune : ce sont les maîtres mots de Pierre Shu. Avec un designer, cet entrepreneur a lancé la marque Publik en juin 2006. « Ma famille est dans ce domaine depuis quelque temps. J?avais en tête de créer une ligne de vêtements avec un nom facile à retenir et à prononcer. Quand j?ai rencontré un designer, cela a pu se concrétiser », affirme-t-il.
Pierre qui se spécialise dans l?Urban Wear, marché très porteur actuellement, propose des t-shirts fancy pour hommes et des hauts dans des couleurs très vives allant du turquoise, orange, fuchsia, entre autres, pour les filles. Il s?active actuellement à la confection prochaine de pantalons et corsaires. « L?innovation faite avec Publik, c?est le design, le choix des coloris, de la matière, de l?impression, avec une petite touche de provocation. Nous voulions que cela ressorte », ajoute notre interlocuteur. Pierre Shu, qui dispose de sept points de vente dont Rose-Hill, Port-Louis, Curepipe, Grand-Baie, entre autres, confie qu?il s?inspire surtout des voyages et des dernières tendances pour la conception.
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