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Comme une lettre à la poste
Tous les soirs, la télévision gouvernementale (la MBC) nous rebat les oreilles avec les séminaires qui sont censés apprendre aux services publics, entretenus par l?argent public, comment offrir un meilleur service au public. ?Vaste program-me !? aurait dit de Gaulle.
Tous les matins la radio diffuse la réclame du service des postes promettant au public monts et merveilles. Hélas ! Trois fois hélas ! Pourquoi faut-il que la réalité vienne démentir ces belles paroles ? Nos services publics sont munis d?ordinateurs mais certains d?entre eux appartiennent au quatrième monde.
Dans le bureau de poste d?une ville (sans préciser laquelle car il s?agit plus d?un principe que de ?victimiser? quiconque), il n?y avait qu?une seule queue commune et interminable pour tous les services qu?on nous vante: paiements de redevances multiples, achats de timbres, enregistrement de lettres, express delivery, et j?en passe.
Le maître de poste, ayant quitté un moment son bureau bien à l?écart, constate le bazar. ?Banne timbres par ici?, dit-il en faisant ouvrir une deuxième queue. Mais celui qui avait une lettre à faire enregistrer (avec timbres !) fut renvoyé à la fin de la queue commune parce que le guichet ne vendait que ?bann? timbres. Sublime logique digne de l?esprit de service et de l?intérêt public. Mais les ministres, les PS, les conseillers et les experts, la bouche pleine de fleurs, ne mettent jamais les pieds à la poste. Sinon, ils changeraient le terme ?Service? en ?Désastre?. Ce serait plus honnête.
Un il-lettré
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