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Comme sur des roulettes?
Antoinette Lukhang, 80 ans, souffrait des épaules et des genoux. Elle avait beaucoup de difficultés pour se déplacer et il fallait absolument qu?elle se fasse accompagner par quelqu?un à l?extérieur comme à l?intérieur de sa maison.
Cela fait plus de dix ans qu?elle fait le va-et-vient entre Mahébourg où elle habite et l?hôpital Jawaharlall Nehru à Rose-Belle pour ses rendez-vous. Habituée à s?atteler à ses tâches quotidiennes, cette habitante de Mahébourg, mère de dix enfants, ne se laisse pas aller au découragement. Elle décide un jour de rendre visite à quatre de ses dix ans enfants installés en Angleterre. ?Ils faisaient toutes les démarches pour que mon voyage soit agréable. On était aux petits soins avec moi pendant le vol?, se rappelle Antoinette.
Arrivant chez sa fille, Mary-Anne Carter, établie depuis 17 ans en Angleterre, elle est vite rejointe par les autres enfants qui se souciaient aussi de sa santé. ?Je leur ai expliqué mes difficultés pour aller à mes rendez-vous à l?hôpital?.
Les enfants prennent note. Mary Ann Carter prend les devants. Elle appelle une compagnie et explique dans les moindres détails ce qu?elle cherche pour aider sa mère Antoinette à se déplacer.
Ses enfants lui achètent une moto
Sa fille, aidée par les autres enfants, ne perd pas du temps. Elle file droit chez le concessionnaire et fait l?acquisition d?une motocyclette. ?J?étais très émue. Mes enfants m?ont redonné force et courage et ont soulagé en même temps ma souffrance?, dit Antoinette.
A son retour sur son sol natal, comme un enfant qui fait ses premiers pas, elle fait vrombir pour la première fois sa moto. ?J?ai heurté à plusieurs reprises les portes de l?hôpital Jawaharlall Nehru avant d?entrer dans la salle pour mon rendez-vous.? Des patients et même des médecins s?approchent d?elle pour l?interroger sur la provenance, le prix et le mode de fonctionnement de son véhicule. Antoinette n?est pas avare de paroles. Elle refile toutes les informations qu?ils veulent à ceux qui l?abordent. ?J?ai trop souffert. Mon but, c?est d?aider et de permettre aux gens qui se trouvent dans la même situation de pouvoir se mouvoir?, dit-elle. Antoinette reconnaît que ce véhicule n?est pas à la portée de toutes les bourses.
?Je préfère leur parler franchement et ne pas leur donner de faux espoirs, à savoir qu?ils pouraient trouver ce modèle à meilleur marché?.
Elle regrette toutefois que les gens à qui elle a recommandé ce moyen de locomotion n?aient pas les moyens de se le procurer. ?Cet engin motorisé leur aurait rendu la vie moins pénible. Ils seraient aussi plus indépendants?.
Elle se déplace seule
Elle a l?habitude maintenant de se déplacer seule. Antoinette dépend de moins en moins des autres pour faire ses emplettes et pour se rendre à des sessions de prières organisées par des voisins.
?Zot finn habitue au point cot dimoun trouve moi dans village zot taquine moi, zot appelle moi madame taxi rouge?, dit-elle en riant de bon c?ur. Antoinette a évité un obstacle et elle a arrêté son véhicule pour entrer dans un magasin. On accourt pour l?aider. Elle les remercie d?un sourire.
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