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Combattre les poches de pauvreté
“Je souffre terriblement à chaque fois que je croise un enfant dans ma région et qu’il me dit qu’il ne va plus à l’école parce que ses parents n’ont pas les moyens”. C’est en ces termes que Luchana Pillay, ex-vice présidente du conseil des districts de Grand-Port-Savanne a voulu attirer l’attention des autorités sur les réalités quotidiennes de son village.
En tant que gérante d’une école maternelle et conseiller dans son village natal, elle n’est pas insensible aux multiples doléances que viennent lui confier les mères de famille.
Les familles défavorisées devraient pouvoir donner la même chance à leurs enfants dans le domaine de l’éducation. La conseillère suggère aux Organisations non-gouvernementales (ONG) de mobiliser leurs ressources et de travailler en étroite collaboration avec les forces vives pour une étude plus approfondie afin d’identifier les poches de pauvreté dans cette partie de l’île. “Je suis confiante qu’ensemble nous pourrons travailler sur un plan d’action et mettre en place des structures pour trouver des solutions durables”, insiste-t-elle avant de saluer les initiatives prises par les autorités pour la réalisation de certains projets tels que la construction d’un complexe polyvalent dans le village de Bambous-Virieux.
<B>La première femme</B>
Avant d’être la première femme à occuper le poste de vice-présidente au conseil des districts du Sud pour l’année 2002 2003, Lutchana s’est déjà forgée une réputation au collège Hamilton de Mahébourg, qu’elle fréquentait. Agée de 17 ans, elle se faisait un devoir de participer à des débats et à des concours d’éloquence qui étaient organisés par ses camarades de classe. “On éprouvait un réel plaisir à trouver des sujets de discussions. A partir de là, j’ai commencé à faire du travail social”.
Après sa vie scolaire, Luchana continue sur sa lancée. Cette fois c’est pour être candidate aux élections villageoises. Un moyen pour elle de soulager la misère des autres par des actions concrètes. Elle parvient tant bien que mal à faire avancer quelques projets.
Quelques années plus tard, elle est choisie par les conseillers de son village pour siéger au conseil des districts de Grand-Port. Elle devient ainsi la première femme à occuper un tel poste dans la hiérarchie.
La conseillère ne tarde pas à comprendre le fonctionnement du conseil. Soutenue par ses amis conseillers, Lutchana pose sa candidature comme vice-présidente pour l’année 2002-2003. Jean-Paul Chrétien, le conseiller du village de Saint-Aubin, devient son principal adversaire. Les conseillers portent son choix sur elle.
A-t-elle eu la liberté de mener à bien son rôle comme elle l’avait souhaité ?
Pas vraiment. Certains conseillers étaient réticents. Ils ne voulaient pas collaborer. “Malgré cela, j’étais très à l’aise avec la majorité qui m’aidait dans ma tâche”, explique-t-elle.
Pour leur épanouissement, elle conseille vivement aux femmes de s’engager activement dans le social et la politique.
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