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Comaren, ou la fin atroce d?un mal-aimé
Comaren Selly ne manquera à personne. Ou du moins pas à ses voisins. Une semaine après le décès brutal de cet habitant de Vacoas de 32 ans, les commentaires de ces derniers ne sont pas des plus tendres. Il faut dire que la victime n?avait pas un caractère facile. Tous soulignent, en effet, le tempérament « bagarreur » du jeune homme qui, expliquent-ils, faisait souvent parler de lui dans la localité pour ses frasques.
La Major Crimes Investigation Team (MCIT), qui n?écarte pas la possibilité d?un règlement de compte, s?est vu confier l?enquête sur ce crime barbare?
Le corps de Comaren avait été retrouvé dans la nuit de samedi à dimanche à l?angle des rues Rémy Ollier et Candos, à Vacoas. La victime gisait inconsciente dans une mare de sang à côté d?un panneau indicateur qui avait été scié à quelques centimètres du sol.
Grièvement blessé, Comaren est transporté d?urgence à l?hôpital de Candos où il est admis au service des soins intensifs. Mais les efforts des médecins qui se succèdent à son chevet n?y feront rien. Le jeune homme rendra l?âme le jour même, peu avant 18 heures.
Il s?était fait pas mal d?ennemis
L?examen post-mortem, effectué par le docteur Sudesh Kumar Gungadin, médecin légiste, attribuera la cause du décès à une exsanguination causée par une perforation sur le côté de l?anus. Le choc aurait éclaté l?os pubien, ne laissant à la victime que peu de chance de survivre. En d?autres mots, la victime aurait été poussée sur le morceau de métal fixé dans le sol. Des traces de coups ont, par ailleurs, été retrouvées sur son corps.
« Ce qui lui est arrivé est certes affreux, mais on ne peut pas dire que cela soit étonnant », laisse entendre Krisnaden, qui habite à quelques rues de la victime. Un sentiment partagé par tous ceux qui le connaissaient à Vacoas. « Li ti kontan bat so ti la boisson ek apre li ti pe rod lamerdman ek dimoun dan landrwa », explique de son côté Navin, propriétaire de Navin Boutic.
Celui-ci connaissait bien Comaren pour lui avoir rendu de menus services par le passé. « Il m?arrivait de lui donner gratuitement du pain le matin parce qu?il n?avait pas d?argent pour s?acheter à manger », fait-il ressortir. Comaren, qui, semble-t-il, était quelque peu porté sur la bouteille, accumulait des petits boulots, mais avait du mal à joindre les deux bouts, ces derniers mois.
« Ena zour li ti tro dan bez pou all travay. Li ti pe res dormi enn la zourne ek li ti vinn fer enn letour dan laboutik », laisse, pour sa part, entendre un autre habitant de la localité. Et d?ajouter qu?il est même arrivé que Comaren s?exhibe devant des passantes lorsqu?il était sous l?influence de l?alcool.
Depuis le décès du jeune homme, la maison où il vivait avec son frère est déserte. La porte d?entrée, qui est ouverte, laisse entrevoir une pièce vide. Seul signe de vie : une bougie allumée sur une table basse dans un coin. Nous apprendrons plus tard que c?est un voisin, proche de Comaren, qui s?occupe de veiller sur sa maison depuis son décès.
Issu d?une famille de trois enfants, Comaren vivait dans cette petite maison de quatre pièces avec son frère et son père. Mais le jeune homme ne s?entendait pas très bien avec ce dernier. Il n?était pas rare que des voisins interviennent pour mettre un terme à une violente dispute qui opposait les deux hommes. Le père de la victime est décédé le 30 décembre dernier.
Il avait 57 ans. L?autopsie avait attribué la cause du décès à l?asphyxie.
Par ailleurs, Comaren s?était, nous apprend-on, récemment brouillé avec son frère qui avait choisi de ne plus vivre avec lui.
D?aucuns affirment que Comaren s?était fait pas mal d?ennemis à cause de son comportement violent. « Bokou dimun pas ti kontan li dan landrwa. Li ti pe fer tro vilin », explique un habitant, qui a déjà eu maille à partir avec Comaren. Et d?ajouter : « Mo pa ti a truv drol ki enn dimoun inn rod tir vanzans kont li. »
Agressé en cour de route par des malfrats
Mais même si les proches de Comaren admettent son caractère « difficile », ils ont du mal à comprendre l?animosité qu?éprouvent ses voisins à son égard.
« Il avait, c?est sûr, beaucoup de tempérament, mais au fond, ce n?était pas un mauvais bougre. Il n?a simplement pas eu une vie facile », laisse entendre un proche de la famille. Et d?ajouter : « Je ne pense pas qu?il soit coupable de tout ce dont on l?accuse. Les gens ici ne l?aimaient pas beaucoup et ils racontent n?importe quoi. »
Les enquêteurs de la MCIT, qui privilégient la thèse du crime, s?affairent à reconstituer l?agenda de la victime la nuit du drame. Comaren avait, en effet, quitté son domicile dans la soirée de samedi, mais personne ne sait où il s?est rendu par la suite. Certains enquêteurs pensent qu?il a pu être agressé en cour de route par des malfrats.
Mais pour les habitants, connaître les raisons réelles de la mort de Comaren, ne semble pas être la priorité. « Mo pa kone ki kapav finn arriver ek mo na pa interesser pou koner aussi », lance Suraj, occupé à vendre des légumes qu?il cultive dans son potager. Depuis les obsèques du jeune homme, lundi après-midi, la localité semble s?être replongée dans la routine. Comme si ce meurtre relevait finalement de la fatalité.
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