Publicité

Comédie, les nouveaux défis

1 octobre 2005, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

«Le théâtre, c?est toute ma vie », affirme Rowin Naraidoo, directeur de l?Atelier Pierre Poivre, qui existe depuis 20 ans, et a mis en scène des pièces comme Roméo et Juliette, ou Le voyage de Monsieur Perrichon. Bulram Tacouri, de l?Adacemy of Film and Theatre et secrétaire de la Fédération des troupes de théâtre est comédien depuis 1966 : « J?ai toujours été enchanté par le théâtre. Je récitais des poèmes, puis je me suis intéressé aux pièces en anglais, en français et en bhojpuri. »

De cette passion, aujourd?hui certains en ont fait leur métier. Peut-on vraiment en vivre ? « Ce n?est pas évident ! Je pense que cela vient du fait que cet art n?est pas suffisamment ancré dans notre culture », déclare Bulram Tacouri. Ses propos sont repris par Rowin Naraidoo. « C?est difficile. L?État publie des annonces pour recruter des enseignants dans telle ou telle discipline, mais jamais pour former au théâtre. Il n?y a pas de conservatoire, comme pour la musique. C?est dommage car cette formation n?enseignera pas seulement la comédie, mais aussi les métiers de la scène comme la coiffure, le décor, les costumes, la sonorisation et lumière, et ce pour que, grâce à la comédie, on puisse gagner notre vie à plein temps. »

Pour Bhismadev Seebaluck, de la Mauritius Drama League, le problème de la survie des comédiens est lié aux infrastructures : « Je pense qu?environ 10 % de la population mauricienne va au théâtre. Donc, il y a un public, mais nos théâtres sont en piteux état. Il y a un potentiel qui peut être facilité par le soutien de tous. » Ainsi, face à de telles contraintes, les comédiens essaient de chercher une autre voie ? les représentations dans la région.

Les possibilités sont bien réelles

« Si on ne va pas vers les autres pays, on restera coincé », affirme Rowin Naraidoo. Certains comédiens ont donc commencé à se produire à la Réunion, à Durban et en Asie. Et pour soutenir les efforts des comédiens mauriciens, le Centre dramatique de l?océan Indien, de la Réu-nion, vient apporter sa contribution.

« Le développement du théâtre à Maurice est émergent. Ce qu?on essaie de faire, c?est de recueillir des informations pour les mettre en réseau et les diffuser en Europe. Dans ces pays, les structures existent depuis plus longtemps. Je pense que le théâtre a du mal à vivre s?il n?est pas subventionné. Il faut favoriser une prise de conscience », souligne Ahmed Madani, qui a fait le déplacement de La Réunion.

Les possibilités d?exportation de la comédie mauricienne sont bien réelles, mais les comédiens ont encore des efforts à faire pour assurer la pérennité de leur art !

Une école pour le théâtre

À quand une école de formation au théâtre ? C?est ce pour quoi milite Bulram Tacouri. Il a fait un mémorandum, qu?il a soumis au ministère des Arts et de la Culture, depuis deux semaines. « Il faut valoriser le métier de comédien, créer un poste d?enseignement dès le primaire. La formation est nécessaire pour continuer à développer le théâtre », déclare-t-il. Pour l?instant, aucune réponse n?a émané du ministère de tutelle.

Publicité