Publicité
Colin Powell optimiste malgré un nouvel attentat
Par
Partager cet article
Colin Powell optimiste malgré un nouvel attentat
Confronté à une recrudescence de la violence en Irak sur fond de manoeuvres diplomatiques à l?Onu, Colin Powell s?est rendu à Bagdad une heure après un attentat à la bombe qui a fait une nouvelle victime dans le camp américain.
Le secrétaire d?Etat est arrivé dans la capitale irakienne après une brève escale au Koweït et au lendemain d?une réunion infructueuse des cinq membres permanents du Conseil de sécurité sur l?avenir de l?Irak à Genève.
Powell est le plus haut responsable américain à se rendre en territoire irakien depuis le renversement du président Saddam Hussein par les forces américaines le 9 avril. Après une rencontre avec le ministre des Affaires étrangères irakien, Powell s?est déclaré optimiste quant à une amélioration de la situation sur le terrain. ?La nouvelle menace, ce sont les terroristes qui tentent de s?infiltrer dans le pays avec l?objectif de perturber de processus plein d?espoir visant à ramener la démocratie en Irak, et nous ne les laisserons pas faire?, a déclaré Powell.
Les services de renseignements estiment qu?entre plusieurs centaines et un ou deux milliers de combattants, provenant principalement de la Syrie et de l?Iran, se sont infiltrés en Irak ces derniers mois, a dit Powell.
Aucun concensus à Genève
Les officiers américains imputent les actions antiaméricaines à ces étrangers et à d?autres combattants fidèles à Saddam Hussein.
Confronté à une dizaine d?attaques quotidiennes contre leurs soldats et à la hausse exponentielle du coût de l?occupation, les Etats-Unis cherchent à faire adopter par le Conseil de sécurité une nouvelle résolution qui encadrerait le déploiement de nouvelles troupes étrangères en Irak.
La violence a retardé l?arrivée en Irak d?une mission humanitaire japonaise, qui constituerait la première intervention à l?étranger de l?armée nippone depuis 1945. Une mission d?observation composée de représentants des ministères de la Défense et des Affaires étrangères a quitté dimanche Tokyo pour une tournée qui la conduira à Bagdad via la Grande-Bretagne, le Koweït et le Qatar, dans le but de préparer ce déploiement.
Aucun consensus ne s?est dégagé de la réunion des chefs de la diplomatie des cinq Etats disposant d?un siège de membre permanent au Conseil de sécurité ? Etats-Unis, Chine, Russie, France et Grande-Bretagne ? sur les modalités de la reconstruction politique de l?Irak. Tous ont décidé de reprendre les discussions la semaine prochaine au siège de l?Onu, à New York.
Environ une heure avant l?arrivée de Powell à Bagdad, un soldat américain a été tué et trois autres blessés par l?explosion d?une bombe placée au bord d?une route à Falloudja, point chaud de la résistance à l?occupation américaine situé à l?ouest de la capitale.
?C?était mieux sous Saddam?
Cette attaque porte à 72 le nombre de soldats américains tués en Irak depuis le 1er mai, date officielle de la fin des combats décrétée par le président George Bush.
Colin Powell été accueilli à l?aéroport international, anciennement baptisé Saddam Hussein, par le chef de l?Administration provisoire de la coalition, Paul Bremer. Le secrétaire d?Etat, qui avait dirigé les opérations durant la guerre du Golfe de 1991 en tant que chef d?état-major interarmes, a posé devant l?objectif des photographes aux côtés de membres d?équipages d?hélicoptères.
Powell doit au cours de sa visite rencontrer des responsables irakiens sur lesquels les Etats-Unis comptent pour faciliter la transition du pays vers la démocratie et permettre à Washington de réduire les coûts de l?occupation. Comme chaque jour, de nombreux Irakiens se sont rassemblés devant le QG de l?administration américaine pour exprimer leur colère et réclamer de l?aide.
?Dites à Powell que rien n?a changé. C?était mieux sous Saddam?, a déclaré Mushtak Talib, ancien soldat de 28 ans aujourd?hui au chômage. ?Nous avons besoin de travailler pour survivre. Mais les Américains ne nous écoutent pas. La guerre n?a rien fait pour nous.? Pour le chef de la diplomatie irakienne Hishiyar Zebari, le pays retrouvera la sérénité une fois que les Irakiens reprendront le contrôle de leur pays, où plus de 150 000 soldats étrangers tentent de maintenir l?ordre. ?Nous espérons que d?ici la mi-2004 ou avant la fin de l?année, nous serons en mesure de mettre en place un gouvernement souverain, irakien, élu et légitime.?
Jonathan Wright
Publicité
Publicité
Les plus récents