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Ciment : tirs croisés entre Jeetah et Bodha

28 mars 2007, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

A l?Assemblée nationale hier matin, une ambiance des plus ?unparliamentary?. L?opposi-tion par la voix de son leader, Nando Bodha, a voulu démontrer que le ministre du Com-merce, Rajesh Jeetah, outrepassait ses fonctions en ordonnant à la State Trading Corporation (STC) d?importer du ciment.

Rajesh Jeetah se justifie et explique qu?il a pris la décision d?importer du ciment pour s?assurer que le marché est bien approvisionné. Et pour la bonne mesure, l?allusion à l?épisode Amul a été faite...

Le ?secteur privé est plus intéressé à maximiser ses profits que d?assurer l?approvisionnement du pays en ciment?, a fait ressortir Rajesh Jeetah. Ce dernier explique ainsi que le gouvernement ne pouvait pas ?être un spectateur silencieux?. C?était, affirme-t-il, son devoir d?intervenir à travers la STC pour s?assurer qu?il n?y a pas de pénurie de ciment. Cela, ?de la manière la plus transparente?.

Rajesh Jeetah raconte qu?à la suite de la demande des deux compagnies, Lafarge et Holcim, importateurs de ciment, pour une hausse de prix de 21 %, le gouvernement a décidé de leur accorder une hausse de 14,7 %. Ce qui, selon Rajesh Jeetah, ne leur a pas fait plaisir.

Les deux compagnies ont par la suite informé le ministère du Commerce qu?elles n?allaient pas importer du ciment parce qu?elles n?étaient pas satisfaites du quantum de la hausse. Après cette décision, explique Rajesh Jeetah, la STC a eu pour instructions de s?assurer qu?il n?y a pas de pénurie de ciment. C?est là, selon Nando Bodha, que le bât blesse. ?Qui a donné ces instructions et est-ce que les procédures ont été suivies ?? a voulu savoir le leader de l?opposition. ?Le Conseil des ministres a été informé que la STC allait s?assurer qu?il n?y a pas de pénurie?, répond-il.

La réponse ne satisfait pas Nando Bodha qui veut connaître la date à laquelle le conseil d?administration de la STC a approuvé la décision. ?Je n?ai pas les dates, mais le conseil d?administration a été informé??, réplique Rajesh Jeetah. Nando Bodha saute sur ce qu?il appelle le lapsus de Jeetah. ?Il a dit informé !? lance-t-il.

?L?urgence de la situation?

Le ministre Jeetah est quelque peu dépassé : le tapage de l?opposition ne l?aide pas à se faire comprendre. ?Le leader de l?opposition doit comprendre l?urgence de la situation?, lance-t-il en ne niant pas que l?approbation du conseil d?administration n?ait pas été recherchée. Rajesh Jeetah affirme finalement que ?les instructions ont été données à la STC le 17 janvier?. Il explique que c?est la pratique que le ministère donne des instructions à la STC. ?Cela a été fait sous l?ancien gouvernement aussi.?

Mais Nando Bodha revient à la charge en lui demandant de confirmer si, au cours d?une réunion du conseil d?administration, ?trois officiers se sont élevés contre la décision du ministre en disant que les procédures n?ont pas été suivies?. Rajesh Jeetah ne réplique pas tout de suite. Le Premier ministre, par contre, réagit : ?Bann la inn donn twa informasyon ? Mo pou al chek sa la !? dit-il, menaçant.

Nando Bodha insiste : il veut savoir si le Premier ministre a demandé à être mis au courant de l?affaire. Réponse de Rajesh Jee-tah : ?Je parle à mon Premier ministre tout le temps (?) Je ne vais pas vous révéler la teneur de nos conversations.? Navin Ramgoo-lam, lui, reste stoïque.

Rajesh Jeetah ajoute qu?aucune compensation n?a été payée aux deux compagnies par la STC. Selon lui, Lafarge et Holcim, après avoir fait part de leur intention de ne pas importer du ciment, sont par la suite revenues à de meilleurs sentiments. Ce qui a fait qu?ils ne pouvaient pas stocker les pochettes de ciment importées par la STC.

Les questions de l?opposition relatives à l?affaire en sont restées là. Il était certes question de marquer des points politiques. Mais Rajesh Jeetah a tenu à faire ressortir que la gestion de la STC sous l?actuel régime a permis d?effacer une dette de Rs 2 milliards ?laissée par l?ancien régime? et que ?le gouvernement interviendra encore dans le marché si la situation le requiert?.

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