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Chute de 9 % du P.I.B. et taux d’inflation de 41 %
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Chute de 9 % du P.I.B. et taux d’inflation de 41 %
Le ministère du Plan et du Développement économique, que dirige Me Rabindranath Ghurburrun, publie, à la fin de décembre 1980, la première édition du Quaterly Economic Report (QER). Elle couvre la période de juillet à septembre 1980 et porte sur quatre points principaux, à savoir le produit intérieur brut (P.I.B.), l’indice des prix à la consommation (CPI), les finances publiques et les transactions commerciales extérieures.
Les estimations révisées du P.I.B. pour 1980 sont de Rs 6,2 milliards, contre Rs 5,7 milliards en 1979, at current factor cost. En termes réels, le P.I.B. accuse une chute de 9 % par rapport à 1979. Elle est causée principalement par une production sucrière réduite en raison du passage des cyclones Claudette et Hyacinthe. L’augmentation du CPI entre juillet et septembre 1980 est de 14,3 points. On estime le taux d’inflation entre 1979 et 1980 à… 41,2 %.
Les statistiques sont heureusement meilleures en ce qui concerne les dépenses publiques et la balance commerciale. De juillet à septembre 1980, le budget national de fonctionnement indique un surplus de Rs 30 millions. Il semblerait également que le programme d’ajustement économique, en vigueur depuis la dévaluation de 30 % de la roupie du 24 octobre 1979, donne des résultats satisfaisants, malgré le manque à gagner de la chute de la récolte sucrière pour les raisons cycloniques précitées.
Le ministre Ghurburrun précise que l’objectif du gouvernement est de renseigner régulièrement et objectivement la population sur la situation économique afin que tout un chacun accepte plus facilement de participer activement à la relance de l’économie de Maurice. Le projet de la publication d’un Quaterly Economic Report est annoncé lors de la présentation du plan biennal de développement. A l’encontre du Bi-Annual Digest of Statistics, le QER peut commenter les données économiques disponibles. Il comporte ainsi une analyse des paramètres économiques et de faire des projections favorisant une meilleure compréhension du fonctionnement de l’économie mauricienne.
Les nouvelles sont également meilleures du côté du textile qui a le vent en poupe, à la fin de 1980, après les coups de Jarnac que lui ont donnés divers pays européens sous forme d’imposition de quotas et de difficultés administratives de toutes sortes. Le textile est en train de devenir un des plus gros employeurs de l’île et un de ses principaux fournisseurs de devises étrangères. On estime à 60 % sa part tant au niveau de la création d’emplois productifs qu’à celui des entrées de devises. On s’attend à l’exportation d’environ 9 millions de pièces de vêtement en 1980. Les perspectives pour 1981-82 sont encore plus intéressantes.
Quelques années plus tôt, les principaux producteurs locaux craignaient toujours les tracasseries administratives et bureaucratiques européennes. En 1979, par exemple, l’Angleterre nous impose un quota de 3,2 millions de pièces de vêtement, pouvant entrer sur le marché britannique. Cela a obligé les producteurs locaux à tenter leur chance auprès d’autres pays de la Communauté économique européenne (CEE), dont l’Allemagne de l’Ouest et l’Italie, afin de pouvoir bénéficier des avantages commerciaux contenus dans l’accord ACP/CEE. D’autres usines réussissent des percées intéressantes au Benelux et même sur le marché états-unien.
Maurice commence à se faire un nom sur le marché textile international. Les acheteurs européens se font plus nombreux pour se rendre à Maurice pour placer des commandes importantes. Un rude hiver européen fait le bonheur des producteurs de tricots locaux. Les produits de Hong Kong sont, en 1980, plus chers que ceux de Maurice.
Le gouverneur général, Sir Dayendranath Burrenchobay, complète cette revue de la situation économique à la fin de décembre 1980. Les quatre priorités de son message de Noël 1980 sont la fourniture de l’eau, le logement, le chômage et la crise énergétique. Le prédécesseur de Ramgoolam, père, au Château du Réduit, estime qu’il est intolérable de voir, en 1980, des femmes et des enfants devant attendre indéfiniment avant de pouvoir puiser un peu d’eau à une fontaine publique. De même, la société doit mieux s’organiser afin de donner plus rapidement un logement décent aux familles sinistrées, après le passage d’un cyclone. Priorité doit être accordée aux recherches permettant une meilleure exploitation des énergies renouvelables. En attendant, les familles doivent apprendre à économiser l’énergie électrique provenant des centrales thermiques fonctionnant au mazout car ce dernier coûtera de plus en plus cher.
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