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Chirac doit reconquérir la confiance des Français
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Chirac doit reconquérir la confiance des Français
Pris dans une série noire depuis le ?non? à la Constitution européenne et taraudé par l?interventionnisme tous azimuts de Nicolas Sarkozy, Jacques Chirac se voit contraint de regagner la confiance des Français lors de sa traditionnelle allocution du
14-Juillet. Jacques Chirac aime à souligner son optimisme à toute épreuve et considère les sondages avec une réserve philosophique, mais le désaveu du 29 mai, qui couronne les échecs électoraux des régionales et des européennes, la défaite de Paris pour l?organisation des Jeux olympiques de 2012, l?affaiblissement de la France sur la scène internationale, la persistance du chômage et de la morosité sociale le condamnent à reconquérir une crédibilité émoussée.
Michèle Alliot-Marie l?assurait mercredi sur Europe 1: ?C?est souvent, et c?est très gaullien, dans la période la plus difficile, qu?il montre combien il a de la ressource pour lui et pour les Français?. L?ex-ministre de l?Education François Fillon, désormais ouvertement sarkozyste, a déclaré dimanche attendre de Jacques Chirac ?un sursaut gaullien?.
?J?attends que le président de la République appelle le pays à un véritable sursaut, qu?il dise aux Français la vérité sur les défis que nous devons relever sans tarder, sous peine de déclin durable?. Mais quels recours pour montrer la voie à des Français qui doutent, à moins de 22 mois d?élections présidentielles déchirant déjà la majorité ?
Le président de la République, qui devrait réaffirmer pour caps prioritaires la lutte contre le chômage et la cohésion sociale, entend capitaliser sur l?action du Premier ministre, Dominique de Villepin, qui s?est donné ?Cent jours? pour rendre la confiance aux Français.
Il devrait ainsi défendre la procédure contestée des ordonnances choisie par Matignon pour mettre en oeuvre son plan d?urgence pour l?emploi dès septembre. Et sans doute clarifier le débat cacophonique sur l?Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) qui menace de torpiller les engagements sociaux du gouvernement.
<B>Les angles d?attaque</B>
Sur les autres sujets - paradoxe inconfortable ?, c?est Nicolas Sarkozy, le trublion rappelé à l?ordre le 14 juillet 2004 (?Je décide, il exécute?), qui dicte au chef de l?Etat les priorités. Remise en cause du modèle français, questions sur les futurs élargissements européens, notamment à la Turquie, récidive, discrimination positive, etc., le ministre de l?Intérieur multiplie les angles d?attaque dans un climat de pré-campagne.
?Je ne peux pas me résoudre à voir la France accumuler tant de résultats décevants, y compris sur les Jeux olympiques, sans qu?à aucun moment on ne se pose la question de savoir si par hasard, ce n?est pas nous qui avons tort et le monde qui a raison?, a asséné dimanche le président de l?UMP en clôture de l?université d?été du Parti radical à Perpignan.
?Y a-t-il une chance que la France résolve les problèmes de 2005 avec les idées d?il y a 50 ans ? Ces idées-là ont été utilisées 100 fois, et 100 fois ça a raté?, a-t-il souligné.
Une critique assassine alors que Tony Blair, président en exercice de l?Union européenne depuis le 1er juillet, a ouvert la querelle des Anciens et des Modernes contre Jacques Chirac, accusé de porter une vision ?obsolète? de l?Europe.
Le chef de l?Etat, qui estime que les positions françaises sur des thèmes comme le climat et l?aide au développement ont trouvé un écho favorable auprès du Premier ministre britannique au G8 de Gleneagles, a rappelé hier que l?histoire de l?Europe ?n?est pas un long fleuve tranquille? et qu?elle est le fruit de ?crises surmontées?.
Seuls 32 % des Français affirment faire confiance au chef de l?Etat pour résoudre leurs problèmes, contre 60 % qui avouent leur défiance, selon un sondage CSA paru mercredi dans Le Parisien.
Il devrait également vanter une Europe ?qui va de l?avant? en saluant de nouveau le choix du site français de Cadarache, près de Marseille, pour l?implantation du futur réacteur thermonucléaire expérimental Iter. Ce volontarisme présidentiel, désormais un rituel, suffira-t-il à enrayer la spirale de l?échec qui enserre l?Elysée? ?La confiance ne s?écrit pas, ce n?est pas un article constitutionnel, mais elle est impérative?, résume un proche de Jacques Chirac.
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