Publicité

Chirac demande «un geste» aux Britanniques

11 juin 2005, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

A une semaine du Conseil européen de Bruxelles, Jacques Chirac a exhorté le Royaume-Uni à consentir «un geste de solidarité» à l?égard de ses partenaires en acceptant une révision du «chèque» de 1984 dans le cadre des négociations sur le budget 2007-2013. «Le temps est venu, je crois, que nos amis anglais comprennent qu?il faut aujourd?hui faire un geste de solidarité à l?égard de l?Europe», a déclaré le président français à l?issue d?un entretien et d?un déjeuner de travail à Luxembourg avec le président en exercice de l?UE, Jean-Claude Juncker.

Le «principe d?équité» que défend la France pour les perspectives financières 2007-2013 «met en cause, il faut bien le reconnaître, le chèque britannique», a souligné le chef de l?Etat. La France est le principal financier de ce «chèque», dont elle acquitte 29%.

«Ces dix dernières années, même avec la ristourne, la contribution britannique atteint deux fois et demi celle de la France. Sans la ristourne, elle serait quinze fois plus importante. Le voilà notre geste». «La raison d?être de ce ?chèque? c?est que sans lui, il y aurait un déséquilibre dans la contribution européenne de la Grande-Bretagne et la raison de ce déséquilibre c?est que les dépenses de l?Union sont très fortement tournées vers la Politique agricole commune», a expliqué le Premier ministre britanniques. «A mon sens, si nous voulons débattre des perspectives financières de l?Union, il faut discuter de ce dont l?Europe a besoin pour préparer l?Europe du XXIe siècle, qui est très différente de l?Europe des trente ou quarante dernières années», a conclu le Premier ministre.

Un accord budgétaire

L?intransigeance britannique augure d?âpres joutes les 16 et 17 juin à Bruxelles, où la présidence luxembourgeoise souhaiterait obtenir un accord budgétaire pour relancer une machine européenne sévèrement grippée par les «non» français et néerlandais au traité constitutionnel européen.

Jean-Claude Juncker, qui reçoit depuis le 30 mai les chefs d?Etat et de gouvernement des 24 autres pays membres, travaille sur la base d?un compromis entre les pays les plus économes qui, emmenés par l?Allemagne et la France, veulent geler les dépenses à 1% du revenu national brut européen (RNB, un indice proche du PIB) - soit 815 milliards d?euros «engagés» -, et de nombreux autres qui souhaitent un budget à la mesure de l?Europe élargie. La Commission européenne prône plus de 1.000 milliards d?euros en crédits d?engagements pour la période 2007-2013, soit 1,24% du RNB.

Le président en exercice de l?UE a présenté une proposition à mi-chemin entre les deux camps: 871 milliards d?euros de dépenses sur la période (soit 1,06% du RNB), contre 824 milliards d?euros au maximum pour les pays les plus restrictifs. S?agissant du «chèque britannique», il propose qu?on le stabilise à son niveau d?avant l?élargissement et que l?on en réduise le montant progressivement, sans précision. Le chancelier allemand Gerhard Schröder s?est déclaré prêt à «faire un geste» dans le cadre des négociations financières. L?Allemagne est le premier contributeur net au budget européen.

La France dit «partager cette approche» mais ne donne pour l?heure pas d?indices sur sa marge de flexibilité, soulignant qu?elle a déjà consenti «beaucoup de gestes», en acceptant notamment l?accord d?octobre 2002 sur la PAC et la réduction des fonds de cohésion à son bénéfice. «Nous allons faire le maximum pour que ça marche, dans la limite d?un certain nombre d?intérêts nationaux qui ne peuvent pas être remis en cause», souligne-t-on de source diplomatique française. Jacques Chirac a ainsi réaffirmé jeudi que la France s?opposerait à toute réduction des aides directes à ses agriculteurs.

«J?ai rappelé au président (Juncker) - qui est d?ailleurs tout à fait sur la même ligne - ce que sont les positions de principe de la France: une certaine discipline budgétaire - on ne peut pas laisser déraper les dépenses -, ensuite l?affirmation de la solidarité, qui est le principe même de l?Union européenne», a-t-il déclaré. A ces principes, le président français ajoute «le respect des engagements pris, tout particulièrement, s?agissant de la France, le respect des engagements pris en 2002 pour ce qui concerne la Politique agricole commune». «Nous ne pourrions accepter une réduction quelle qu?elle soit des aides directes qui sont destinées à nos paysans», a-t-il dit.

LA RISTOURNE DE L?UE A LA GRANDE-BRETAGNE N?EST PAS NEGOCIABLE

Le chancelier de l?Echiquier Gordon Brown a réaffirmé hier que la ristourne budgétaire accordée par l?Union européenne à la Grande-Bretagne ne pouvait pas être négociée et que, si nécessaire, son gouvernement ferait usage de son droit de veto pour continuer d?en bénéficier. «Nous n?allons pas négocier la ristourne. Elle n?est tout simplement pas négociable», a-t-il déclaré sur la radio de la BBC.

«Nous avons dit très clairement non seulement que cette ristourne se justifiait mais aussi que, si cela s?avérait nécessaire dans l?intérêt national, nous ferions usage de notre veto», a-t-il ajouté. La présidence luxembourgeoise de l?Union européenne a proposé cette semaine de geler le rabais britannique en 2007 puis de le réduire par la suite. Cette ristourne, d?environ 4,6 milliards d?euros par an, a été obtenu en 1984 par le Premier ministre britannique d?alors, Margaret Thatcher. Elle est inscrite dans les règles de l?Union européenne et elle ne pourrait être supprimée ou modifiée que par un vote à l?unanimité.

Publicité