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?Chemin Sud?, la voie du succès
Les licenciements dans la zone franche ne sont pas une fatalité. Lisette, Shirin, Satianee et Gloria en savent quelque chose. A travers elles, une société coopérative, Chemin Sud Multipurpose Cooperative Society, est en train de faire ses preuves. Animée par des femmes et des hommes décidés à ne pas baisser les bras, elle est une réponse courageuse à la morosité ambiante.
Créée par les licenciées de l?usine Summit Textiles en 2003, cette coopérative regroupe 58 personnes. Quatre d?entre elles ont lancé des projets qui ont toutes les chances d?aboutir. Elles sont encadrées par l?Association mauricienne des femmes chefs d?entreprise (AMFCE), un organisme qui a déjà réalisé une étude sur les licenciements de la zone franche.
?Les membres de cette coopérative sont formidables?, témoigne Aline Wong, chef d?entreprise et actrice au sein de l?AMFCE. Au début, les licenciées de Summit Textiles étaient vulnérables, endettées, appauvries et sans défense. ?C?est vrai qu?après notre licenciement nous ne savions vraiment plus quoi faire?, témoigne Shirin Rossaye-Polin, aujourd?hui secrétaire de la coopérative.
La plupart des licenciées ont des enfants et la perte de leur emploi a été un coup dur pour la famille. ?Mon souci principal était la scolarité de mes enfants et l?avenir de ma fille qui avait bien travaillé à l?école?, relate Lisette Jeewoth.
Mais, loin de se laisser abattre, Lisette, Shirin et leurs camarades d?infortune se sont ressaisies. Des idées ont commencé à germer, des projets ont pris forme. ?Grâce au soutien que nous avons obtenu, nous avons créé quelque chose de viable?, indique Shirin.
Dans un premier temps, elles s?inscrivent à des cours de formation en pâtisserie, en hôtellerie et même en agriculture. Mais les offres d?emploi ne pleuvent pas. ?J?ai fait le tour des hôtels du Morne?, raconte Lisette. Elles se regroupent ensuite en coopérative, ?parce que les formalités d?enregistrement sont simples et les emprunts plus accessibles?, comme le fait remarquer Shirin.
Aujourd?hui, la coopérative a démarré, un local a été mis à sa disposition par la Mauritius Industrial Development Authority et un financement de l?International Fund for Agricultural Development a été accordé. Quatre projets sont sur les rails, dans les domaines de la pâtisserie, de la couture, de la construction de maquettes et de la culture hydroponique. ?Faire équipe nous a permis de concrétiser nos projets respectifs?, commente Gloria Aubeeluck, responsable du projet pâtisserie.
Les premiers produits sont là : de petits gâteaux en sachets, des robes de baptême, des tomates et laitues hydroponiques. Pour mieux pénétrer le marché, la coopérative devrait bénéficier du soutien d?une spécialiste en marketing. ?Je pense que mes produits peuvent intéresser les hôtels?, lance même avec assurance Satianee Mohun, responsable du projet hydroponique.
Du courage à revendre
Ces projets donnent un emploi à une vingtaine de personnes. Les responsables, à l?image de Lisette, veulent poursuivre sur leur lancée. ?Je ne veux pas m?arrêter aux robes de baptême et je compte d?abord offrir la panoplie complète et ensuite faire du prêt-à-porter?, insiste-t-elle.
De son côté, l?AMFCE souhaite reproduire ce modèle dans d?autres régions de l?île, auprès d?autres personnes touchées par le chômage. ?Nous voulons responsabiliser le secteur privé?, insiste Aline Wong. Déjà, de grosses entreprises, comme la Compagnie mauricienne de textile ou CIEL Textile, ont montré leur intérêt et sont prêtes à appuyer une telle démarche.
?Le modèle n?est pas une garantie. Il sert de tremplin?, prévient cependant Aline Wong. Mais les membres de Chemin Sud Multipurpose Cooperative Society sont optimistes. ?Nous avons confiance et nous avons du courage à revendre?, insistent les responsables de projet. Surtout, elles veulent donner l?exemple. ?Nous espérons que notre initiative sera un modèle pour les autres?, conclut Shirin.
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