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Changements de nationalité : l?inflation !

13 août 2004, 20:00

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Une Soudanaise cubaine, un Qatari kényan, des Grecs albanais, d?anciens Soviétiques devenus Américains... Les athlètes défendant des couleurs autres que celles de leur pays n'auront jamais été aussi nombreux qu'à Athènes.

La triple sauteuse Yamile Aldama en est le parfait exemple. Elle était encore Cubaine lorsqu'elle a pris la quatrième place aux JO de Sydney. Quatre ans plus tard, elle va concourir pour le Soudan.

Autrefois figées, les nationalités sont aujourd'hui interchangeables en sport. L'éclatement du bloc communiste et les sommes proposées par les pays riches pour attirer les athlètes des pays pauvres n'y sont pas étrangers.

Après avoir contacté l'Italie et la République tchèque, Aldama a finalement choisi le Soudan, un pays sans prestige olympique mais dont la nationalité est rapide à obtenir, et avec son nouveau passeport, elle a obtenu l'agrément de l'IAAF.

L?attrait des pétrodollars

Le choix d'Aldama pour un pays en voie de développement est plutôt atypique, la plupart des athlètes choissisant de changer de nationalité pour des raisons financières.

L'éclatement du bloc soviétique au début de la décennie 90 a conduit à un exode massif de ses sportifs et entraîneurs qui ont poursuivi leur carrière dans des pays prospères.

C'est le cas de l'haltérophile albanais Pyrros Dimas, naturalisé grec en 1992, et qui a gagné trois médailles d'or olympiques pour son nouveau pays. Le canoéiste Martin Marinov a remporté le bronze pour la Bulgarie en 1988 et 1992, et, après son titre de « Mr Bulgarie » en 1993, a rejoint l'Australie.

Pour l'ancien champion olympique cubain Alberto Juantorena, cet exode s'apparente à de la « prostitution sportive».

Les états communistes tels que Cuba et la Chine, dont les athlètes représentent la fierté nationale, se sont toujours opposés aux changements de nationalité de leurs sportifs.

Si le phénomène était jusqu'alors plutôt bien jugulé par les instances internationales, le récent intérêt des pays riches en pétrodollars, tels que Bahreïn et le Qatar, pour les plus grands champions, fait craindre qu'il ne prenne des proportions considérables.

L'exemple le plus probant est celui du Kényan Stephen Cherono, qui porte aujourd'hui le nom de Saif Saaeed Shaheen. Aux championnats du monde 2003, il a remporté la médaille d'or du 3 000 mètres steeple pour le Qatar au nez et à la barbe de ses anciens compatriotes.

Plus de 10 Kényans concouraient sous d'autres couleurs à Paris.

Ces rapides changements de nationalité, motivés par des arguments sonnants et trébuchants, sont parfaitement légaux. Le règlement de l'IAAF autorise, en effet, la réduction du délai d'attente à un an, au lieu de trois, si les deux pays sont d'accord.

« Ce dont nous ne voulons pas, c'est que des pays attirent des athlètes étrangers grâce à des avantages financiers et leur donnent un passeport dès qu'ils arrivent à l'aéroport », a critiqué Jacques Rogge, président du Comité olympique international.

« D'un point de vue moral, nous devons empêcher ce marché des transferts des athlètes.»

A Athènes, l'exemple ne sera pas donné par le pays hôte, dont l'équipe de base-ball ne compte qu'un seul joueur né en Grèce. Dans leur grande majorité, les autres joueurs sont des Nord-Américains rapidement naturalisés grâce à leur ascendance et qui, pour beaucoup, fouleront pour la première fois le sol de « leur » pays à l'occasion de ces JO.

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