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Ces routes source de craintes
Beaucoup d?eau a coulé sous les ponts depuis les inondations du 26 mars. Et les six mois écoulés semblent avoir été utilisés à bon escient, en tout cas à certains endroits. En effet, des travaux ont, par exemple, été entrepris à Mont-Goût, qui panse encore les plaies laissées par les dernières inondations. Ainsi, à hier soir, le village parvenait tant bien que mal à s?en sortir face aux pluies torrentielles. Dans d?autres villages du nord, certaines routes ont posé problème. Un sauvetage en mer est aussi à signaler : la National Coast Guard a secouru deux personnes qui étaient en difficulté dans le Nord hier.
Les familles Cahoolessur, Ramloll et Bunjhoo, qui habitent tous la route Mahatma Gandhi, à Petite-Julie, étaient dans l?angoisse hier. Elles sont systématiquement affectées lors de grosses averses et craignaient, de ce fait, à la mi-journée, que l?eau qui se déversait, comme à l?accoutumée, dans leurs cours, ne s?accumule et ne fasse des dégâts. Mais vers 14 h 30, l?arrivée des pompiers a été le soulagement tant attendu. C?est d?ailleurs au même moment qu?il y a eu une éclaircie.
Selon le président du village de Petite-Julie, Mahen Bhunjoo, la route Mahatma Gandhi ne sera plus affectée par les inondations dans les mois à venir car la construction de drains y a débuté il y a environ deux mois. «Les autorités ont pris nos doléances en considération. La construction des drains a débuté il y a quelques semaines. Malheureusement, contre toute attente, de grosses pluies s?abattent sur l?île pendant le mois de septembre, alors qu?il s?agit généralement d?un des mois le pus secs de l?année. J?espère que c?est la dernière fois qu?on a ce problème d?inondation ici.»
Les habitants de Pointe-aux-Piments se sont aussi heurtés à des difficultés lorsqu?ils ont essayé de circuler à certains points du village. Surtout à la route Mexico, qui était inondée. Les pompiers étaient à pied d??uvre dans le quartier, tentant notamment d?empêcher que l?eau ne s?accumule davantage dans une cour située en bordure de la route Royale.
Il semblerait que les autorités avaient, hier, pris les dispositions pour parer à toute éventualité. Les pompiers affectés aux casernes de Triolet et à Piton étaient, en effet, sur le qui-vive et sont intervenus à trois ou quatre endroits pour éviter que l?eau ne pénètre dans des maisons. Selon un pompier, à hier après-midi, aucune maison n?avait été inondée.
Les policiers étaient aussi à pied d??uvre. Vers 15 heures on a ainsi remarqué un véhicule blindé de la Special Mobile Force sillonnant la région de Mon-Goût, qui garde un triste souvenir des dernières inondations. Toutefois, des travaux d?agrandissement ayant été effectués, la rivière de Mon-Goût semblait ne représenter aucun danger cette fois.
Si les rivières étaient en crue, à aucun moment (et ce jusqu?en fin d?après-midi hier) l?eau n?est parvenue jusqu?à la route. Le niveau d?eau à la rivière Citron ne montrait aucun signe de danger pour les automobilistes. Ces derniers ont néanmoins été gênés sur certaines routes recouvertes de plusieurs centimètres d?eau, notamment à Grand-Baie, Pereybère et Mon-Choisy.
Les terrains marécageux de Grand-Baie et de Pereybère ont une nouvelle fois été affectés par les pluies. Mais peu de maisons se trouvant dans ces deux régions ont été directement affectées.
Les responsables des pompiers de Triolet et de Piton ont reçu très peu d?appels : moins d?une dizaine. La plupart de ces appels concernait des accumulations d?eau sur la route Royale.
CITE-LA-CURE et ste-croix
Entre colère et inquiétude</B>
Blotti sur un matelas humide, un bébé de trois mois dort. Il n?a aucune idée de l?angoisse que ressentent ses parents. Cette petite famille de Cité-La-Cure n?a pas d?électricité mais ce n?est pas l?eau qui manque. Celle-ci s?infiltre de partout, à travers les feuilles de tôle usées rassemblées pour constituer l?unique pièce qui lui sert de maison. Il est 18 heures. Assise à côté de son enfant, Kelly Louis, 26 ans, explique que sa maison a été inondée dans l?après-midi et que toutes ses affaires ont été abîmées. Elle ne cache pas sa crainte à l?idée que l?eau envahisse à nouveau la maison. «Mo gaz inn fini. Mo bolom kot enn vwazin pe kwi manze. Tou mo bann zafer inn tranpe. Enn kamion inn vinn fouye pou fer enn kanal me si lapli la kontinie pa kone si li pou anpes delo rerantre.»
Un peu plus loin, chez les Polimond, on appréhende aussi les accumulations d?eau. Cette famille devra passer la nuit dehors si l?eau pénètre dans la maison. Les proches chez qui elle pourrait s?abriter vivent, en effet, très loin. Par la fenêtre de sa maison, Moy essaie tant bien que mal d?aider son mari à consolider la maison en lui passant des clous. Même scénario chez le voisin qui tente de remédier aux problèmes des feuilles de tôle trouées.
A Sainte-Croix, ce n?est pas autant l?inquiétude que la colère qui habitait certains résidents de Cité-Briquetterie venus se plaindre devant le poste de police d?Abercrombie hier. Ils étaient une trentaine à être venus rapporter le fait que leurs maisons avaient été inondées et leurs meubles abîmés. Ce problème, arguent-ils, est récurrent : ils doivent y faire face à chaque fois que les pluies torrentielles s?abattent sur l?île. Georgette Hilard ne mâche pas ses mots. «Gouvernman pa pe fer narnie pou tidimounn. Mo ti gagn zis Rs 109 kan mo lakaz ti inonde dernie fwa. Soi dizan nou ti bizin gagn Rs 5 000.» Et d?ajouter qu?elle a des problèmes de santé et souffre de rhumatisme. Son bébé de cinq mois dans les bras, Mariana Waller s?est quand même déplacée jusqu?au poste de police dans le but d?exprimer sa révolte : «Sak fwa nou gagn mem problem lakaz inonde e zame pa gagn solision pou nou.»
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