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Ces pères fondateurs qui (se) retournent dans leurs tombes?

27 août 2007, 00:00

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?Are dead cemeteries living heritage ?? Question fondamentale posée par Philippe la Hausse de la Louvière. Point de départ : La découverte de trois pierres tombales sur le site de construction du Hawkers? palace, aujourd?hui Garden Tower. L?une des pierres marquait la tombe de Gabriel Igou, premier curé de Saint-Louis.

La pierre tombale, décrétée patrimoine national le 2 mai 2007, a intégré samedi la cour de la cathédrale. En marge de l?événement paraissent Les bâtisseurs de l?île Maurice, Pierres et patrimoine de Port-Louis. Ouvrage collectif lancé cette semaine au Jardin de la compagnie.

Un livre accompagné d?une prise de position claire et forte. Celle de Philippe La Hausse de la Louvière, l?un des huit co-auteurs du livre. ?Dix ans après la promulgation des lois protégeant le patrimoine à Maurice, la situation est dramatique. L?école Beaugeard est en démolition alors que la Cour suprême a donné l?ordre de stopper la démolition. Citant le cimetière de l?Ouest, il a affirmé : ?C?est un carnage. Des os sont exposés aux chiens errants. Nous avons fait un petit film dessus. Il faudrait le diffuser avec un visa 18. Il faut savoir que 15 % du patrimoine national proclamé se trouve dans ce cimetière?.

?Nous ne sommes pas là pour critiquer car nous sommes tous responsables de notre patrimoine?

Montant d?un ton, Philippe La Hausse de la Louvière devait s?interroger : ?Où est la volonté d?appliquer la loi, la volonté de tourisme culturel. Nous ne sommes pas là pour critiquer car nous sommes tous responsables de notre patrimoine?, devait-il préciser.

Des arguments qu?il développe dans le chapitre vii de Les bâtisseurs de l?île Maurice. Après avoir rappelé Maurice :? Is the only state in the (?)United Nations, which, at the time of writing, has signed all three of the major Unesco Conventions directly concerned with the safeguarding of cultural heritage?, l?auteur s?interroge : ?How far is the three-century-old built heritage of Port-Louis protected or valorized ??

S?il ne s?agit pas de patrimoine bâti dans le rapport de L. Jacqui Friedling et Alan G. Morris, ils écrivent, ?The eighteen lots of bone collected during the construction at the Hawkers?s Palace site (?) are too fragmentary to tell us a great deal about the people buried there.? Ce qui ressort, après analyse des ossements sont les signes de maladie décelés sur les squelettes. Ceux d?anémie et de stress aggravé à cause des travaux éprouvants du quotidien.

EXTRAIT

Le patrimoine comme vecteur de développement urbain durable Quand nous voyons tout le cheminement urbain qui peut être tracé autour du Jardin de la compagnie, je ne peux que regretter que la question du patrimoine soit laissée à l?abandon et ni le secteur privé ni l?Etat ne semblent prendre conscience de la valeur urbaine de cet ensemble. Quand je parle de valeur, j?entends valeur économique et culturelle. Imaginez ce qu?aurait pu être tout le quartier du Musée, de la rue du Vieux Conseil, des casernes des pompiers, des anciennes prisons, de la Cour suprême avec le bâtiment du Trésor, le théâtre de Port-Louis. Un parcours continu dans l?histoire méritant ne revalorisation culturelle et pouvant générer des revenus. Mon propos est de parler sans tabous de la question d?argent car cet aspect est souvent mis en avant pour convaincre que le patrimoine coûte cher et ne rapporte rien.

Je voudrais commencer par quelques questions, questions pour lesquelles j?espère que cette contribution apportera les réponses.

Questions : ? comment l?innovation en architecture peut-elle construire sur les traditions et l?histoire ?

? l?identité régionale en architecture, économie et dans la société peut-elle être perçue comme une ?plus value? et comment trouve-t-elle sa continuité dans le monde moderne ?

? de quelle manière la conception peut-elle protéger nos ressources naturelles et améliorer les valeurs spirituelles de la beauté et de l?identité ? (?)

Pour rénover, réhabiliter, restaurer notre patrimoine, il est essentiel de consulter les fils du sol et les architectes locaux. Ils connaissent notre histoire, notre culture mieux que quiconque. Ils ont la sensibilité nécessaire.

Restaurer notre passé c?est aussi créer une valeur ajoutée pour le mauricien d?abord qui mérite de connaître son histoire et pour le tourisme ensuite qui paradoxalement veut découvrir notre culture pendant que nous essayons de la ?moderniser?.

Gaëtan SIEW

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