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Ces jeunes qui travaillent en été pour les sous
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Ces jeunes qui travaillent en été pour les sous
Premiers pas dans le monde du travail... Pour beaucoup de jeunes, cela se passe pendant les grandes vacances scolaires. Une occasion rêvée de se faire un peu d?argent de poche. Alors, ils sont plusieurs à «tenter leur chance» dans l?espoir de trouver, en sillonnant les rues ou les centres commerciaux, un employeur susceptible de leur offrir un job temporaire. Un gros risque que prennent certains employeurs : nos lois interdisent, en effet, l?embauche d?un jeune de moins de 16 ans.
Vendeurs en magasin pour la plupart, on distingue de ces élèves et étudiants des travailleurs saisonniers sortant de l?ordinaire, n?hésitant pas à se lancer dans des secteurs pour le moins originaux, même si on n?envisage pas d?en faire son métier plus tard. Vendeur de journaux ou photographe, on veut bien «toucher à tout», du moment qu?on arrive à se faire un peu d?argent. Et gagné à la sueur de son front !
Ainsi, Clyde, étudiant à la DCDM Business School, «s?est mis à son propre compte» et a choisi la voie de la photographie. Son agenda est assez chargé en cette période, notamment avec les fêtes de fin d?année. Une soirée peut lui rapporter entre Rs 4 000 et Rs 5 000 «bien méritées» car il y a évidemment de l?effort à fournir. Toutefois, on est plus réticent à l?engager pour prendre des photos de cérémonies de mariage. «On ne me fait pas confiance, me jugeant trop jeune.» Une jeunesse qu?on associe bien souvent à de l?inexpérience.
Quant à Philson, c?est le portable tant convoité qui l?a poussé à se convertir en vendeur de journaux pour une durée de deux mois. Pour ce qui est des manuels et autre matériel scolaire, ce sera aux parents de s?en charger. A 15 ans, Philson entame, cette année, sa deuxième expérience en tant que travailleur saisonnier. L?année dernière, il était vendeur de jus avec papa.
Comment a-t-il décroché ce job ? Son oncle l?a aidé. Nul besoin d?être un expert de la vente pour être engagé. Un sourire, à peine s?il en faut. «Servir rapidement les clients, surtout ceux qui passent en voiture et rendre la monnaie correctement, c?est tout ce qu?il faut», explique-t-il, pragmatique et avec tout le sérieux du monde, occupé à faire partir «ses» journaux. A Rs 200 la journée, ce jeune qui entame l?année prochaine sa Form IV commence à travailler à 8 heures et c?est à 18 heures qu?il ira déposer les journaux invendus.
<B>Salaire : Rs 2 000</B>
Journée à peine moins longue pour Pascaline et Kodig qui sont employés depuis un mois dans un magasin situé dans un centre commercial très fréquenté de la capitale. Pascaline envisage de continuer à travailler jusqu?à février, quand elle aura les résultats des examens du School Certificate. Avec un salaire de Rs 2 000 (transport exclus) qu?elle estime «correct» pour une jeune de son âge, elle s?achètera ses fournitures scolaires et aidera ses parents à la maison.
«Ce n?est pas moi qui m?achèterai mes zafer lekol. C?est pour financer les sorties avec les copains et m?acheter des fringues que je travaille.» Kodig, 15 ans, est plus catégorique et est très représentatif de la majorité des jeunes qui choisissent de travailler à cette période de l?année. Manque de loisirs oblige, on préfère travailler pour avoir de l?argent et faire la fête avec les amis.
<B>Sens des responsabilités</B>
Mais dans toute cette euphorie, plusieurs de ces jeunes ne sont pas conscients d?une réalité : celle de se faire renvoyer à la maison, non par l?employeur mais par les officiers du ministère du Travail, s?ils n?ont pas l?âge légal pour travailler, soit 16 ans.
Selon le Labour (Amended) Act 2006, un enfant de moins de 16 ans ne peut être embauché ni pour un travail saisonnier, ni pour un travail permanent. Un employeur pris en contravention risque une amende allant jusqu?à Rs 2 000 et une peine de prison ne dépassant pas un an.
Mais entre devoir et réalité, les parents sont nombreux à autoriser leurs enfants à travailler, même si ceux-ci n?ont pas l?âge requis par la loi pour le faire. Claude, père de famille, espère que l?expérience du travail permettra à son fils en mal de loisirs d?acquérir le sens des responsabilités ainsi que la valeur de l?argent. «Je préfère encore que mon enfant, même s?il n?a pas encore 16 ans, travaille, que de le savoir avec ses amis à arpenter les rues.» Histoire de faire que l?oisiveté ne soit pas mère de tous les vices?
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