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Ces habitants qui vivent à sec

17 janvier 2007, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

?Cela fait des années que ça dure. Avec la sécheresse, la situation est pire.? A l?avenue Victoire à Bel-Air, Marie-Noëlle Isabelle, mère de trois enfants, explique qu?elle essaye de remplir le maximum de récipients pour le ménage du matin, le bain des enfants et la cuisine. Et le camion-citerne n?étant pas régulier, elle veille tard afin de faire le plein en eau.

En effet, si les coupures d?eau sont courantes dans beaucoup de régions de l?île, certaines ne sont presque plus alimentées. Tel est le cas dans l?Est du pays, notamment, où les habitants grognent contre les heures irrégulières du passage des camions-citernes et l?indifférence des autorités face à leur situation.

A Bel-Air et Ecroignard, même hors période de sécheresse, l?eau se fait rare, indiquent des habitants. Et durant cette période de sécheresse, la distribution d?eau n?est assurée que de 21 heures à 5 heures du matin, dans les beaux jours.

Mooven Ramsamy, autre habitant du quartier, explique que chez lui ?tout le monde travaille et personne n?est là au moment du passage du camion?. Il a tenté d?avoir une explication sur l?heure du passage du camion-citerne auprès de la Central Water Authority (CWA) et un préposé lui a expliqué qu?on ne leur paye plus d?heures supplémentaires. Du coup, les camions ne passent plus après 16 heures.

?Chacun pour soi?

Un fait que confirme Manilall Hemraz, chauffeur de camion-citerne qui assure la distribution d?eau à Bel-Air et Ecroignard. Il explique qu?il a reçu l?ordre de travailler jusqu?à 16 heures seulement.

Les habitants se plaignent ainsi de devoir constamment appeler la CWA pour qu?on leur envoie les camions-citernes. La situation n?encourage pas non plus la solidarité entre voisins, puisque c?est la règle du ?chacun pour soi?. Certains habitants ne préviennent plus leurs voisins du passage du camion de peur de manquer d?eau.

Harrydeo Palloo, prêtre hindou, raconte que le 1er janvier, il a fait sa lessive à la rivière. Pour ses prières, il doit conserver de l?eau dans des récipients. ?Même en l?absence de coupures, je ne peux remplir mon réservoir d?eau car il n?y a pas de pression.?

A Ecroignard, Avinash Fokeerchand raconte que les camions-citernes ne distribuent de l?eau qu?à ceux qui ont téléphoné. ?Je suis mariée depuis 25 ans et j?ai toujours connu des problèmes d?eau dans cette région?, ajoute une autre habitante, Devianee Ramessur. Elle explique que si le camion passe régulièrement, il n?est pas toujours rempli car les autres habitants se sont déjà servis.

Vimi Aucklah, machiniste dans une usine de textile, doit remplir ses seaux chaque soir. ?Comme je travaille, je ne suis jamais là quand le camion passe. Je compte sur l?eau du robinet le soir.? Mais parfois, ce n?est qu?un mince filet d?eau qui coule et cela prend des heures pour remplir les récipients. Cette jeune mère d?un bébé de 18 mois explique qu?elle doit acheter des bouteilles d?eau minérale pour son enfant. ?Mo pa kapav donn mo zenfan boir delo inn gard dan drom.?

Tout en remplissant ces seaux devant le camion-citerne, Afsana Soburn raconte son calvaire : ?Ena zour nou bizin manz dipin parski pena delo pou koui diri. Nou ena troi drom delo et nou a sis dimoun, kouma oule nou fer ??

Les habitants se disent outrés face à l?injustice de la situation. Ils ne comprennent pas que certains Mauriciens continuent à laver leur voiture, arroser leurs plantes alors que pour eux, chaque goutte d?eau utilisée compte.

Pouspam RAMSAMY

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