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Cent ans pour le temple Veeramakalee de Terre Rouge

30 août 2006, 00:00

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Le temple Veeramakalee Ammen de Le Hochet, Terre Rouge, célébrera-t-il, en 2006, son 125e anniversaire ? La réponse à cette question ne saurait tarder car il ne reste, à ses dirigeants, qu?un trimestre pour nous le faire savoir, dans un sens ou dans l?autre. Il n?en est pas de même, il y a 25 ans, à la fin d?août 1981, car ce lieu de culte, certainement un des plus beaux de l?île, célèbre en grandes pompes son premier siècle d?existence. Le défunt Cernéen en profite pour remarquer, à bon escient, que cette célébration est ?la preuve indéniable de la ferveur religieuse qui anime toujours les Mauriciens originaires du sud de la Grande Péninsule. Au fil des décennies, leurs descendants poursuivent simplement cette tradition exemplaire?.

A la différence de la plupart des autres lieux de culte hindous de Maurice, le temple Veeramakalee n?est pas géré par une société mais par une famille et non la moindre, puisqu?il s?agit de celle de Mannick Veerasamy et de ses frères Armon et Moonsamy, les enfants de l?inoubliable Nermoogum Veerasamy, plus connu sous le nom de Veerasamy Iyer.

Ceux-ci se saisissent de l?occasion de ce centième anniversaire pour rappeler l?histoire, pour le moins étrange et sortant de l?ordinaire de ce temple mais qui contient les deux ingrédients de toute réussite spirituelle et religieuse, à savoir un geste de dévotion personnelle, bien vite soutenu par une ferveur qui se répand comme une traînée de poudre à partir du voisinage immédiat pour attirer les dévots de toute l?île. Il ne reste plus ensuite qu?à réinvestir les offrandes des fidèles et des pèlerins dans l?embellissement constant du lieu de culte pour qu?il devienne et demeure un centre de resourcement spirituel de premier ordre.

Au commencement, il y a un simple rêve. Sur l?emplacement du temple Veeramakalee, vit un couple tamoul. Une nuit, l?un des conjoints voit en rêve une statuette, cachée à l?intérieur d?une vieille marmite en fonte, abandonnée sur un terrain vague à Riche Terre. Nous pouvons rapprocher ce rêve prémonitoire d?un autre qui inspirera la quête d?un lac sacré pour tenir lieu du Gange sacré sur la terre mauricienne et qui conduira d?autres dévots de cette région de Terre Rouge vers notre Grand-Bassin, le futur Ganga Talao.

Quelques jours après ce rêve, le chef de famille, un dénommé Pavaday, se rend à Riche-Terre, trouve le terrain de son rêve et y découvre la marmite, un chaudron portant l?inscription Coal Brookdale, 1803. Au fond du récipient, se trouve, en effet, une statuette religieuse, faite d?un alliage de cinq métaux, selon certains, et qu?il emporte chez lui. Il aménage alors un coin de sa maison en sanctuaire et y dépose la statuette qui suscite, bien sûr, la curiosité du voisinage. Tant et si bien que la nouvelle de la découverte de la mystérieuse statuette se répand à travers toute l?île.

En 1909, M. Govinden achète le terrain des Pavaday. Non seulement, il perpétue la tradition cultuelle de l?ancien propriétaire des lieux, il décide encore de transformer la résidence en temple. Sitôt dit, sitôt fait, et nombreux sont les dévots des villages voisins comme ceux du Port Louis qui viennent y faire leurs prières, méditations et autres exercices spirituels. On ne tarde pas à célébrer des fêtes aussi populaires que le cavadee ou encore le timidhee (marche sur le feu).

En 1946, c?est au tour de M. Nermoogum Veerasamy (Iyer) de faire l?acquisition des lieux et de perpétuer les traditions cultuelles. En 1950, il dote le temple d?une varangue en tôle, surmontée d?un dôme en bois. Dix ans plus tard, le cyclone Carol renverse ces ajouts et Iyer Veerasamy décide de reconstruire le sanctuaire mais toujours en bois et tôle. Il meurt en 1968, laissant le soin à son fils, Mannick, et à ses frères Armon et Moonsamy, de poursuivre son ?uvre.

Dès 1970, ils font une extension en béton et ne cessent depuis d?agrandir et d?embellir le temple familial. Trois dômes sont ainsi ajoutés. Ils se détachent avec grâce et élégance d?un cadre déjà enchanteur et inspiré.

Le centenaire du temple est l?occasion de faire venir de l?Inde deux statues : la première est de Muruga, divinité tamoule de la jeunesse, de la beauté, de la guerre, chef des armées célestes, instructeur des guerriers, destructeur des démons, le champion du monde dravidien. Il est généralement représenté assis sur un paon, armé d?un arc et de sa lance (velan). La queue déployée du paon est un motif architectural, ornant traditionnellement les gopuram (tours de plan rectangulaire surmontant les portes des temples tamouls).

L?autre statue est de Mariamem, déesse vénérée, dans le sud de l?Inde, comme la mère de la Mort et des maladies contagieuses et pouvant, de ce fait, épargner ceux qui la vénèrent des pires effets de ces fléaux.

Le centenaire du temple Veeramakalee est marqué par une procession, sortant du temple Sinatombu d?Arsenal pour se rendre à Le Hochet où a lieu la consécration des deux nouvelles statues.

Mannick Veerasamy est aussi connu comme l?architecte (avec Gaëtan Pillay) de la réconciliation entre Anerood Jugnauth et Paul Bérenger et d?une première alliance MSM-MMM, en mai 1990. Il meut à la mi-octobre 1997, à l?âge de 49 ans, terrassé par une thrombose. Son décès prématuré surprend le monde politico-social. Il faisait partie du bureau politique du MSM. La salle de conférences de l?immeuble du Sun Trust porte son nom. Le journal The Sun dira de lui : ?Mannick Veerasamy n?a jamais été député, encore moins ministre. Cet homme exceptionnel était pourtant de la race des Seigneurs?.

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