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Censure : quels critères ?

4 septembre 2007, 00:00

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A Maurice, pas de censure, seul le rejet. Le récent épisode de la publicité de la United Colours of Benetton a soulevé des vagues. Les campagnes publicitaires ne sont pas sujettes à une réglementation en matière de censure. Lorsqu?elle choque ou heurte la sensibilité de certains, le sujet est présenté au conseil des ministres.

Dans ce cas précis, la Road Development Authority a envoyé un courrier au représentant de Benetton demandant un retrait immédiat de la publicité en question ?as it projects a negative image of the woman?.

Incompréhension

A la base, la censure est une forme de limitation d?items tels que des livres, des articles ou de films. Cette limitation est habituellement faite suite à un examen mené par une autorité. Dans le cadre local, la sensibilité est mise à l?avant afin de justifier qu?une publicité soit enlevée du domaine public.

?Dans le cas que nous venons de voir concernant les billboards, c?est plus qu?une censure, c?est une interdiction?, souligne Jean-Claude Auguste, qui a été le vice-Président du Board of Film Censors. Il estime que cette interdiction pratiquée sur la scène locale est basée sur l?incompréhension. ?Interdire, c?est tuer, rejeter c?est comme faire un crime, c?est ne rien comprendre à la créativité et à l?art?, ajoute Jean-Claude Auguste.

Durant le mois de novembre dernier, un espace publicitaire devant la Hindu House à Port-Louis avait été recouvert d?un pan de tissu bleu. La publicité fâcheuse était celle d?une marque de jus. Une demi-pêche aurait heurté la pudeur de certain. ?Nous avons redressé la publicité et nous avons maintenu notre campagne publicitaire comme elle était prévue. C?est une publicité et il faut le prendre comme une publicité?, affirme Karim Sheriff, Marketing Manager de Quality Beverages Ltd, qui commercialise la boisson concernée.

Certains arguent que cette sensibilité, mise en avant pour justifier la censure, ne serait qu?un prétexte. ?C?est une grosse hypocrisie. Les gens avancent avec des masques et ce sont des masques qu?il faut faire tomber?, fait valoir Jean-Claude Auguste.

La distinction entre domaine public et privé mérite d?être faite. Le premier peut être, de par sa nature, soumis à une forme de réglementation. ?On a rejeté la publicité de Benetton mais les gens de la publicité ont déjà payé pour qu?ellepasse dans les journaux. Les journaux ne sont pas dans le domaine public?, relève-t-il.

Le principe de la réglementation n?est pas rejeté par les détracteurs de la censure. ?Je suis contre la censure à la base, mais en faveur d?une réglementation équitable?, affirme-t-il.

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