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Celles qui persévèrent
Vedna Essoo, « Assistant Director » à la MEF
« Nous vivons dans une société patriarcale. Beaucoup de femmes ont intériorisé le fait qu?il y a des postes qui ne sont pas faits pour elles. Il y a aussi des parents qui ne poussent pas leurs filles à aller plus loin, sans parler des mères qui rêvent de voir leur fils devenir médecin, mais pas leur fille. Elles espèrent surtout que leur fille trouve un bon mari. Il faut dire aussi que les femmes sont souvent les premières à affirmer qu?elles n?aiment pas avoir des femmes pour chefs. Je crois que les femmes devraient avoir plus de confiance en elles et surmonter les obstacles, même s?il y en a plus quand on est une femme. Elles ne doivent pas copier sur les hommes, mais accepter qu?il y a des traits masculins et des traits féminins. Si les femmes sont plus consciencieuses, plus pacifying et reconciling, elles ne doivent pas le prendre comme une faiblesse. En revanche, s?il y a une chose qu?elles devraient exploiter plus, c?est ce qu?on appelle le ?réseautage?. Il faut qu?elles élargissent leurs bases de contact, qu?elles soient membres d?associations, qu?elles participent aux forums et débats, qu?elles s?exposent à d?autres milieux. »
Priya Thacoor, directrice de P & P Link
« Il y a des femmes qui ont des ambitions familiales, d?autres des ambitions professionnelles. Quand c?est un choix fait par la femme, je pense qu?on n?a rien à y redire.
Une mère qui n?accepte pas un poste-clef parce qu?elle veut avoir du temps pour son enfant, ce n?est pas une mauvaise chose. Tout est une question de personnalité, de caractère et d?éducation. Je dirige moi-même une agence et je suis parfois amenée à prendre l?avion dans les heures qui suivent pour me rendre dans des cocktails le soir. Je pense que si j?avais un enfant, j?aurais eu à faire des compromis. S?il y a des obstacles à surmonter, je considère que les hommes en ont aussi. Il est toutefois vrai que la société n?aide pas toujours les femmes à se mettre en avant. Dès qu?une femme réussit, on la casse, on ternit sa réputation et il faut être prête à encaisser tout cela et continuer à persévérer. Je sais aussi que beaucoup de femmes font plus peser les valeurs personnelles dans la balance, et qu?en général, elles ne sont pas prêtes à tout pour obtenir une promotion. »
Patricia Day-Hookoomsing, de CCL
« Oser réussir ou pas. C?est à mon avis une question de génération. Celles qui ont 40 ans ou plus n?ont pas eu les mêmes moyens de s?épanouir. Souvent, elles ont dû prendre des postes qui étaient disponibles. Elles n?ont pas été formées pour mener une carrière. Mais la femme change, il n?y a qu?à voir leur mobilisation lors des dernières élections.
Et puis, quel que soit le pays, l?enfant a toujours la priorité. En Europe, les choses changent, et il y a même des hommes qui demandent un congé de paternité parce qu?ils veulent profiter de leurs enfants. Ici, la famille a toujours été plus forte, ce qui n?est pas mauvais puisque la cellule familiale aide à la stabilité du pays. Le problème surgit quand le choix est imposé à la femme, quand elle fait les choses parce que c?est ce qu?on attend d?elle. En ce qui concerne les entrepreneuses, il faut leur tirer le chapeau parce qu?elles ont su développer ce qu?on appelle l?assertiveness. Même si ce sont des petites entreprises, quand vous savez de quel milieu ces femmes viennent, quand vous voyez ce qu?elles ont dû faire pour s?extirper du système patriarcal dans lequel elles ont évolué, on ne peut que les féliciter pour l?exemple qu?elles donnent à leurs enfants. »
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