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Ce que Ramgoolam ne dit pas sur Le Morne?

29 janvier 2007, 00:00

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?Si montayn lemorn ti ena labous, li tia rakont nou komie disan ki finn koule, komie esklav inn swiside dan lepase?? chantait Carino. Et la montagne du Morne a gardé ses secrets. Elle n?a rien voulu révéler, même au Premier ministre qui visitait les lieux samedi. Il faut donc entreprendre des recherches pour prouver que la montagne est bel et bien chargée d?un lourd passé.

Présente lors de cette visite, Vijaya Teelock de l?Appravasi Ghat Trust Fund a demandé au Premier ministre de geler toute décision concernant un éventuel développement autour de la montagne ?en attendant que toutes les recherches soient complétées?. Parmi la délégation se trouvent également Sylvio Michel, Mahen Gowressoo, ministre des Arts et de la Culture, François Odendaal de l?Unesco, Stéphanie Anquetil du Morne Heritage Fund, Diana Bablee du National Heritage Fund, et plusieurs autres personnes qui ont à c?ur la préservation de ce site dit historique.

Les recherches, à ce stade, ont fourni très peu d?indications : quelques ossements accompagnés de plusieurs légendes. Mais on gardait espoir samedi matin sur la montagne. Or, ce n?était pas la raison de la visite premier-ministérielle : cette visite VIP était plus un statement qu?autre chose : elle fait suite à la décision du gouvernement, il y a quelques semaines, de ne permettre aucun développement dans la core zone du site. Ce critère est important pour que Le Morne puisse être inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l?Unesco. Et le gouvernement a donné assez de signaux forts pour que l?on comprenne que l?inscription du Morne ? pour des raisons politiques aussi bien que de prestige ? était importante et n?allait pas être compromise. En aucune façon.

C?est ainsi que Navin Ramgoolam refuse de parler d?autre chose que de ?l?émotion? qu?il a ressentie au sommet de la montagne. Et de répéter qu?il est important de préserver ?ce site historique?.

Mais les choses ne sont pas aussi simples : il y a plusieurs projets Integrated Resorts Scheme qui attendent le feu vert du gouvernement pour démarrer. Si la décision gouvernementale vient modifier quelque peu les projets initiaux, l?on ne sait pas trop à quel point ces investissements seront compromis.

Le Premier ministre, qui est probablement un des seuls qui détiennent la réponse à cette question, reste évasif. Interrogé sur des éventuels développements dans la buffer zone, Navin Ramgoolam ne se prononce pas. ?Il faut voir. Il faut faire attention à ne rien détruire. Cela n?aura aucun sens sinon. Nous avons soumis notre dossier?, lâche-t-il, comme pour bien faire comprendre que sa priorité à lui, c?est l?inscription du Morne.

Assis à côté de lui, à la plage publique du Morne, Sylvio Michel est hargneux quand il parle des promoteurs, qu?il perçoit comme des ennemis qui veulent menacer ?sa? montagne. Navin Ramgoolam ne bronche pas et à un regard lointain. Partage-t-il cette position sur les promoteurs ? Il est satisfait, dit-il, que certains promoteurs, quand ils ont compris les enjeux, ?ont dit qu?ils n?allaient pas toucher au patrimoine. Je les félicite. Certains retournent leurs baux. Comme l?a dit le Dr Odendaal, c?est inacceptable qu?il y ait des développements dans la core zone.?

?Il y a des gens comme Sylvio Michel qui ont des principes. Nous sommes dans une alliance et bien que l?on ne soit pas d?accord sur beaucoup de choses, j?admire le fait que ses principes soient restés les mêmes?, ajoute Navin Ramgoolam. Sylvio Michel s?est dit touché par le compliment. La question : à quel point est-ce que le Premier ministre n?est pas d?accord avec les ?principes? de ce dernier ?

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