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Catherine Pigeon la passion du beau

17 mars 2007, 00:00

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Face à nous, une longue robe blanche qui rappelle une toge. Portée par une jeune femme, dont la blondeur se marie parfaitement avec la blancheur de cette robe faite main, relevée par des plumes de cygne aux couleurs de notre quadricolore. C?est la chanteuse Ardé qui flotte et virevolte, alors qu?elle chante aux côtés de Clarel Bertsy, cet hymne au mauricianisme appelé Mauricien, composé par celui-ci. C?était le 12 mars dernier sur la scène du Caudan Waterfront.

C?était un rêve enchanté, composé au détail près par Catherine Pigeon, maître d??uvre de Cat Colomba, sa maison de haute-couture, temple de ce qu?on appelle la création. Entourée de sa fidèle équipe : Marlyne, son bras droit, de Germain Carcasse, son maître tailleur, Catherine Pigeon a passé un week-end entier à confectionner cet habit d?apparat qui a servi les valeurs de la République mauricienne.

Une rencontre plus tard avec Clarel Betsy, ami de longue date, la voilà prête à habiller Ardé, dont la beauté l?a profondément inspirée. «La voyant belle, je me suis dit que je vais l?habiller. Ça a commencé à chanter dans ma tête. J?ai vu Ardé en tant que muse avec une toge drapée autour de ce corps.» raconte la créatrice.

Envolées futures

Avec elle, il n?y a pas quatre manières de créer. Pour cela, elle cite Baudelaire. «Le style disait-il, c?est l?âme matérialisée. Si on n?a pas une âme qui chante, on n?est pas artiste. L?artiste que je suis, désire, par sa romance, imprimer un rêve de la société,» explique cette diplômée en droit de la Harvard Business School.

Drôle d?oiseau cette Catherine Pigeon ? Peut-être, mais elle a sa manière d?anticiper l?art, la création et le stylisme. «Ma capacité intellectuelle me permet d?aborder le style d?une autre manière, avec un accent sur la matière. Pour cette robe, chaque maille de cette matière vaporeuse, est faite d?un plastique recyclé, de fibre polaire mousseuse, agréable, que l?on a incorporé avec des plumes. Elles représentent les envolées futures de l?île Maurice. La coiffure, réalisée par Ivy Betsy, ajoute une touche romantique à cet habit,» souligne-t-elle.

Depuis sa plus tendre enfance, Catherine Pigeon est une éprise de beauté. «Je dormais dans mes placards de tissus et avec mes poupées que je rhabillais sans cesse. Déjà, je désirais être protégée par la beauté. »

L?habillement est avec elle affaire d?identité, au propre comme au figuré. «Les bouts de chiffons nous donnent une seconde peau avec laquelle on se présente. Quand on est bien dans son corps, l?harmonie se fait. La vie, la nature, ne sont que des messages d?harmonie, » ajoute-t-elle. Le stylisme est donc pour elle un métier d?esprit, de conception et de réalisation.

Verbe sévère

« Je suis une créatrice-habilleuse. Nous représentons la tradition de l?île Maurice qui avait l?amour du travail et l?envie de faire du beau, » appuie-t-elle. Son entreprise fait aujourd?hui du surmesure, mais n?est pas une entreprise qui roule sur l?or, tient-elle à préciser. «Je suis venue à Maurice pour rencontrer l?âme mauricienne dans toutes ses nuances. Nous travaillons pour l?art, sans aucun intégrisme. Le besoin du beau et du bon, de la justice et de la justesse. »

Catherine Pigeon s?est donc posée en artisan, formant son personnel, les initiant même aux plaisirs de la lecture et de l?écriture. Toujours souriante, il se trouve qu?elle parle vrai, même si elle est réputée pour avoir le verbe sévère, voire même un «mauvais caractère», selon ses propres dires. Son exigence : ne jamais lâcher prise. D?où peut-être cette place si particulière qu?elle occupe dans la création aujourd?hui.

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