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Caterpillar : 75 ans au service de Maurice

16 octobre 2006, 20:00

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L’épierrage devient monnaie courante à Maurice, au point que même des petits planteurs, pourtant réputés individualistes et coupeurs de champs en quatre, entre autres raisons pour échapper au fisc insatiable, songent de plus à plus à se regrouper pour pouvoir recourir à cette méthode culturale révolutionnaire, capable d’améliorer fructueusement la productivité de leurs plantations cannières. Nous n’aurons pas de tunnel routier entre Ferney et Kewal Nagar, non pas pour cause d’obstacle technologique mais pour cause d’écosystème, de forêts indigènes, de réserves naturelles à respecter et à mieux protéger que ne l’avaient fait les précédents régime et ministre des Travaux publics. Nous n’avons plus peur du mot tunnel et, à défaut d’en avoir un, ô combien utile et précieux, pour relier Saint-Pierre à la vallée de Tranquebar sinon à notre Champ de Mars, pouvant être transformé en vaste aire de stationnement souterrain ou de surface, nos décideurs s’attardent encoresur des projets de tunnel sous la montagne des Signaux pour relier Marie Reine de la Paix au Domaine les Pailles, sinon à Sorèse ou à Montagne Ory. Mais nous avons déjà le méga-tunnel alimentant la centrale hydroélectrique de Rivière Champagne, tunnel ayant tant effrayé un ministre pourtant énergétique d’avant le 11 juin 1982. Derrière les mots “tunnel”, existant ou à venir, et “épierrage systématique”, un nom s’impose car il ne cesse de pousser au développement du pays et à déblayer les obstacles sur sa route, à aplanir les difficultés et méritant, de ce fait, d’être connu et même reconnu. Ce nom est celui de Caterpillar, comptant aujourd’hui 75 ans de service du pays et trois quarts de siècle de coopération indissociable avec, d’abord, Blyth Brothers et, ensuite, IBL. Mi-octobre 1981, ce groupe de compagnies célèbre les 20 ans d’existence du bâtiment Caterpillar aux Cassis. Jean Desmarais, directeur général de IBL Engineering Ltd remet des médailles et des certificats de mérite à 22 employés comptant entre 15 et 31 années de service (Rajoo Veerabudren et Henri Sankian). Il rappelle à juste titre que, sans leur aide et leur collaboration dévouée, les services, ô combien appréciables, rendus par Caterpillar n’auraient pas pu se faire. Il raconte aussi l’histoire passionnante deCaterpillar à Maurice.

En 1930, en pleine dépression économique, la Anglo-Ceylon, future Lonrho, future Illovo, future compagnie sucrière et foncière d’Etat (SIL), passe commande à Blyth Brothers d’un tracteur D2 de 45 ch vaux pour divers travaux agricoles. Il est mis en service à Mon Trésor-Mon Désert. Après la Seconde Guerre mondiale, d’autres établissements sucriers suivent ce bon exemple et jettent leur dévolu sur des machines D9, encore en service en 1981, soit après trois décennies de bons et loyaux services. Les Caterpillars quittent ensuite les plantations cannières pour se livrer à d’utiles travaux publics, signe d’un développement incontestable de l’économie mauricienne et de la fin de la monoculture sucrière. Il y tout d’abord les premiers travaux d’agrandissement de la piste d’atterrissage à Plaisance. Les contracteurs sont MM. W.C. French and Co. MM. Burton et la Mauritius Building , (future General Construction) suivent leur exemple pour construire, à l’aube des années 1960, l’autoroute Saint-Jean/Place du Quai, avec en prime le pont Colville-Deverell, un des plus hauts et des plus longs des îles de l’océan Indien. Une décennie plus tard, le thé suit le bon exemple sucrier et réclame à son tour les tracteurs pour agrandir les plantations théières. Les Curepipiens disent alors adieu à leur forêt des pins, jadis repaire des braconniers et des fabricants illégaux de rhum ti-lambic, dans les années 1930.

Caterpillar innove, pendant cette décennie 1970, en introduisant à Maurice des pelles hydrauliques, munies de marteaux piqueurs, pour venir à bout des grosses pierres de basalte, dans nos champs de cannes. Grâce à elles, la fabrication de macadams et d’autres agrégats de différentes grosseurs, prend un essor qui se poursuit encore. Caterpillar répond de nouveau présent quand, il y a un quart de siècle, on prolonge l’autoroute Phoenix – Port Louis à l’intra-urbaine et puis à l’autoroute Albion Dock – Terre Rouge.

IBL Engineering est mis à contribution à son tour pour la réalisation du Bulk Sugar Terminal. Il fournit entre autres les balances électroniques pour le pesage des sucriers automobiles, à l’entrée et à la sortie du Vrac. Cogefar Spie Batignole frappe à la même porte et avec le même succès quand il s’agit de concrétiser l’ambitieux projet de centrale hydroélectrique de Rivière Champagne qui, entre autres effets, tarira notre cascade Diamamouve. IBL Engineering fournit la machine pour percer le tunnel d’une longueur d’autant plus appréciable que c’est probablement le premier et seul tunnel aménagé à Maurice, à ce jour.

IBL Engineering et Caterpillar sont très actifs, il y a un quart de siècle, dans la fourniture de fork lifts et autres chariots élévateurs aux gérants et manutentionnaires d’entrepôts et de magasins. Son dernier exploit, avant la mi-octobre 1981, concerne la fourniture d’un chariot élévateur, pouvant déplacer, à lui tout seul, un conteneur de 40 pieds de long. Il fournit aussi encore à l’industrie sucrière des moissonneuses tronçonneuses pour la récolte cannière. Les turbos réducteurs pour l’entraînement des moulins, des filtres, des centrifugeuses à sucre, n’ont pas de secret pour lui. Caterpillar qu’aurait été notre île Maurice sans toi ?

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