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Cassava A tout va

24 mars 2007, 00:00

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Ils n?ont jamais attendu leur heure. A chaque fois, ils ont forcé leur destin, tentant leur chance dans tous les concours de chants orchestrés par la MBC ou d?autres organismes. Avec un pilier, en la personne d?Alain Marie-Jeanne, le groupe Cassava se lance pour dynamiser la chanson locale.

Depuis son premier essai en 1981 lors de la première édition de Star Show, Alain Marie-Jeanne ne s?est jamais découragé. Tapant dans l??il de deux parrains de choix : Marclaine Antoine et Marcelino Chaton, Alain Marie-Jeanne a toujours cru dans sa bonne étoile. Jamais en panne d?inspiration, toujours aux aguets des concours de chant, il a tenté une fois encore sa chance l?année dernière en composant Mo pa pou resté, pour sa nièce Luana Panain.

Morceau ancré dans la triste réalité des femmes battues, la voix, la fraîcheur et le pétillant de cette chanteuse de vingt-trois ans ont fait le reste. Classée seconde au dernier concours Bate séga, Luana Panain a séduit Gérard Louis, toujours à l?affût des vrais talents. Un tour en studio, et voilà le CD fin prêt.

«Pou fer enn bo sega, meyer fer enn zafer lor la vi tou le zour, dimoune facil trape li ler la. Bizin ousi azout enn ti parabol, ler la zafer mari bon.»

Mais Cassava, ce ne sont pas que les talents combinés d?Alain, de Gérard et de Luana. C?est aussi la fougue des deux fils d?Alain Marie-Jeanne : Aldo et Rudley Marie-Jeanne.

Et Cassava, nom emprunté à une plante qui ne meurt jamais, lance ainsi un signal fort : ils sont là pour durer. Alain Marie-Jeanne est le chêne sur lequel, les trois autres membres du groupe prennent appui voire racine. La pochette du disque est dans ce sens révélateur. Elle représente les racines d?un arbre enfoncées dans une terre fertile. Cette alchimie qui se traduit sur le disque, fait plaisir à l?oreille. Le piquant de Luana Panain côtoie les voix plus graves mais toujours enjouées d?Aldo, de Rudley et d?Alain.

Les fils, sans cesse inspirés par la plume alerte de leur père et ses talents de musiciens, se sont intéressés à la musique assez rapidement. Aldo, peu réceptif au début, se pique de séga lorsque le groupe Cassiya commence à écrire son fabuleux destin au début des années 90. Alain, dont les compétences de compositeur sont sollicitées pour l?album Ser la main, entraîne Aldo en studio pour voir ses idoles. Le virus de la musique et du séga contamine l?adolescent. Rudley, son cadet, lui, s?est toujours beaucoup plu à écouter son père. Son chemin était donc plus ou moins tracé.

Luana Panain, une jeune fille bavarde et réactive ne jure quant à elle que par le séga. «Mo bien la dan. Mo senti mwa bien dan mo la po kan mo fer sega. » Fille de musicien aussi, le rôle d?interprète semble parfaitement la convenir. Après avoir chanté avec Denis Azor quelque temps avant que celui-ci n?explose avec Alalila, Luana chante comme son oncle dans leur quartier de Grande-Rivière sud-est, avant de l?accompagner lors de ses tournées dans les hôtels du littoral. «Pou fer enn bo sega, meyer fer enn zafer lor la vi tou le zour, dimoune facil trape li ler la. Bizin ousi azout enn ti parabol, ler la zafer mari bon,» explique Alain en riant.

Si Alain Marie-Jeanne mène le jeu sur Mo pa pou resté, la complicité et la belle énergie d?Aldo, de Rudley et de Luana apportent un cachet différent aux huit morceaux qui composent l?album. S?il y a une certaine conscience sociale sur chaque titre, l?album s?écoute avec un égal bonheur, tant on sent la sincérité de ses interprètes et tant les arrangements signés Gérard Louis rehaussent rythme, voix et mélodie.

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