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Carême chrétien : le lieu pour se fondre en Dieu
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Carême chrétien : le lieu pour se fondre en Dieu
Le carême chrétien débute le Mercredi des cendres, le 28 février. L?île Maurice vivra durant 40 jours à un autre rythme. La marche vers Pâques renouvelle le chemin vers la rencontre de soi. Le Mercredi des cendres se signale par le fait que les fidèles vont s?appliquer des cendres au front. Signe que l?homme vulnérable ne tire sa force que de sa foi en Dieu. Créatures d?un Dieu à qui nous devons une reconnaissance de notre état d?hommes. Les cendres représentent aussi tout ce qui a fait l?objet de notre attachement que nous brûlons dans cette route vers la résurrection du Christ qu?est la Pâques.
Le dimanche des Rameaux ouvre les sept derniers jours du carême, soit la semaine sainte. C?est le jour où Jésus entre à Jérusalem à dos d?âne. C?est un roi qui arrive. Un roi du ciel. Pas un roi des hommes. Un roi qui a reçu la parole dont il sera le dépositaire éternel. Une éternité qu?il porte chaque pas qui le mène à Jérusalem. C?est ce roi qui s?ouvre la porte de l?éternité dans l?humilité de celui qui sait que le pouvoir n?est pas dans la force mais dans la dualité de la condition humaine, dans l?humanisation du divin et la désacralisation du dieu inaccessible.
Jésus arrive à Jérusalem, dans le doute de ses convictions, pour la Pâques juive. C?est le moment de subir le rejet abrupt des autorités institutionnelles de l?époque. C?est le moment d?affirmer sa destinée, même si la question ne se pose pas en ces termes pour lui. Celui qui connaît toutes les réponses doit encore faire preuve d?indulgence devant les questions des autres.
Les trois jours précédant la Pâques sont connus comme le Triduum pascal. Jeudi saint, Vendredi saint et Samedi saint. Le Jeudi saint marque le dernier repas de Jésus avec les douze apôtres. Un repas chargé de sens pour les chrétiens. C?est au cours de ce repas que Jésus partagea le pain et le vin avec ses apôtres. Don de son sang. Don de vie.
C?est aussi lors de ce repas que se tiendra le rituel du lavement des pieds. En lavant les pieds des apôtres, Jésus se déclare serviteur mais ne manque pas non plus de dire, comme le rappelle l?homélie du Jeudi saint : ?En se mettant à genoux pour leur laver les pieds devant ceux qui allaient le trahir, le renier, ou carrément l?abandonner, Jésus nous dit simplement qu?il reste au milieu de nous comme celui qui sert malgré notre lâcheté, notre faiblesse ou notre indifférence.?
Jour de la passion et de la mort du Christ, le Vendredi saint voit Jésus livré aux autorités juives qui le remettent entre les mains des Romains. Jésus sera flagellé et crucifié, est-il décidé. Mais cette décision n?est-elle pas programmée ? N?est-ce pas Jésus qui décide d?accomplir la volonté de Dieu ? La survie de l?humanité dépend de lui et c?est ce qui la lavera de ses péchés. Le Vendredi saint est consacré à l?adoration de la croix, symbole du salut. Le Samedi saint consacre le repos de Jésus au tombeau. C?est la veillée pascale. L?Eglise et ses fidèles se retirent pour écouter la parole de Dieu. Le cierge pascal est allumé, symbole de la résurrection prochaine. Résurrection qui aura lieu le jour de Pâques. C?est Jésus qui triomphe de la mort. En ce matin de Pâques, le tombeau de Jésus est vide. Il est toujours vivant, trois jours après sa crucifixion.
Après 40 jours de carême, le chrétien se réveille à sa nouvelle vie, à la nouvelle vie du Christ. Pâques, c?est le passage d?une existence ancienne à une vie nouvelle dans et à travers le Christ.
Avant d?en arriver là, le chrétien fait abstinence de nourriture mais aussi tempérance dans sa manière d?être. Le temps des exubérances est derrière. C?est celui de se fondre en Jésus-Christ à travers un intense exercice de réflexion où le croyant, dans un élan d?introspection, parvient à s?ouvrir à Dieu. Dans la Bible, le chiffre 40 est synonyme de pénitence. Il renvoie, entre autres, aux 40 jours de Jésus dans le désert. Le désert, cet espace hors du temps où l?homme rencontre Dieu. Il faut ce passage par le désert avant d?arriver à Dieu. ?Midbar? en hébreu, le désert, signifie le lieu de la parole. La parole qui naît dans sa dimension ineffable.
Puisque tous les chrétiens ne peuvent se rendre au désert, il s?agit au moins d?en créer les conditions. Silence, dépouillement, transcendance, solitude? le désert raconte le temps du carême. Condition sine qua non pour pouvoir rencontrer Dieu. En même temps, il s?agit de s?ouvrir à ceux autour de soi. L?écoute de l?autre nous libère d?une altérité contraignante pour nous restituer au partage. L?humain se dévoile à Dieu à travers l?abstinence. L?expérience de la privation permet cet esprit de renoncement, synonyme de sa capacité à délaisser l?immédiateté de ses envies pour se rendre accessible à ce désir d?éternité à travers Dieu.
Le carême chrétien est aussi l?occasion pour chaque église d?un pays de s?interroger dans l?abnégation. A Maurice comme dans d?autres pays, cette période est précédée de la lettre pastorale. L?évêque de Port-Louis a ainsi l?occasion d?expliquer l?Eglise catholique. Et c?est souvent en se disant qu?on se réinvente. Tout le but du carême.
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