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Cargo grec ensablé après le passage de Gabrielle
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Cargo grec ensablé après le passage de Gabrielle
La dépression tropicale Gabrielle, qui passe au nord de Maurice, pendant la journée du samedi 6 février 1982, contraint un navire marchand grec, le Kavo Grosso, à se faire drosser sur un banc de sable, en rade de Port Louis. Un autre navire, un bâtiment de guerre en l?occurrence, l?escorteur de la Royal Navy, RFA Blue Ranger, chasse sur son ancre mais sans se trouver pour autant en aussi fâcheuse posture que le cargo grec.
Ce dernier transporte une cargaison de riz pour le compte de négociants mauriciens. Il a déjà débarqué 152 sacs avant le passage de Gabrielle et il lui reste 82 autres à décharger. Son départ est prévu pour le 9 février 1982. Mais pour l?instant il est surtout question du meilleur moyen de le tirer de la fâcheuse posture où Gabrielle l?a placé. Le Port Master promet de commencer dès que possible le remorquage du Kavo Grosso. En fait, le Kavo Grosso retrouve son mouillage dans la journée du dimanche 7 février. On ne déplore aucun dégât important sur sa coque et sur sa quille.
Les milieux portuaires se demandent pourquoi ce navire n?a pas quitté le port dès l?émission de l?alerte No 2, le vendredi 5, à 20 heures. Encore faut-il avoir le temps pour le faire, soutient la capitainerie portuaire. La confusion tient surtout au fait que Gabrielle n?est pas un cyclone mais une dépression d?intensité modérée, capable cependant de contraindre un navire comme le Kavo Grosso à se faire drosser sur un banc de sable ou encore de faire chasser sur son ancre un escorteur comme le RFA Blue Ranger. La presse fait état du renvoi chez soi, par ?mesure d?économie?, de l?équipage d?un remorqueur venu à la rescousse dès l?émission de l?alerte No 2. Elle cite, à cet effet, la réputation déjà ternie de Port Louis après les malheurs survenus au Tayeb, cargo égyptien ayant fait naufrage en rade de Port Louis, en février 1972. Elle précise que dans la soirée du vendredi 5, tout Port Louis entend la sirène de détresse du Kavo Grosso.
La presse travailliste tente maladroitement, comme à l?accoutumée, de voler au secours des autorités et pas seulement portuaires et météorologiques. La presse indépendante n?en démord pas pour autant. Elle rappelle, pour commencer, que les autorités concernées minimisent au départ la menace que représente Gabrielle, simple dépression tropicale modérée. Il paraît même qu?il n?y aura pas d?annonces d?alerte cyclonique à moins que la situation ne l?exige.
Les Mauriciens sont donc très surpris d?apprendre, en début de soirée, le vendredi 5 février, que le pays est placé en alerte 2. Il est, bien sûr, trop tard pour prendre la moindre précaution. Il n?y a plus qu?à espérer qu?il sera encore temps le lendemain matin, de prendre, même tardivement, les précautions qui s?imposent, d?autant que les rafales, pour n?être pas cycloniques, ne sont pas moins bien fortes. Pour rendre encore plus lugubre cette soirée du vendredi 5 février 1982, les Portlouisiens doivent entendre la sirène de détresse du Kavo Grosso.
A 20 heures, ce cargo grec reçoit l?ordre de se tenir prêt à appareiller. Il fait le nécessaire et attend l?ordre du départ qui n?arrive pas. Sous la violence du vent, ses amarres se rompent. Son capitaine ne panique pas pour autant, bien qu?il soit à son premier voyage au Port Louis et connaît mal les conditions cycloniques. Il demande à un remorqueur de le pousser sur un banc de sable et de boue à l?entrée du chenal. Il considère qu?il est trop tard pour gagner le large. Il craint par-dessus tout d?entrer en collision avec un autre navire s?il tente de sortir de la rade par ses propres moyens, par si mauvais temps. Il n?adresse des reproches à quiconque et salue la bravoure exemplaire des équipages des différents remorqueurs. Il estime seulement que l?opération évacuation de la rade de Port Louis se serait passée dans de bien meilleures conditions si l?ordre d?évacuation avait été donné plus tôt.
La rade de Port Louis accueille plusieurs navires de recherches océanographiques et de bâtiments de guerre en ce mois de février 1982. On peut citer, à cet effet, le Polar Circle, le Leonid Sobolev, le HMS Sheffield, le Blue Rover, le USS Meyerkork. Il est aussi question que Rogers se débarrasse de son Rogers Trader, vu que la compagnie maritime Unicorn ne veut plus l?affréter. Le caboteur seychellois Cinq Juin effectue son voyage inaugural au Port Louis et le MMM craint qu?il ne soit fouillé de fond en combe.
C?est donc dans ce contexte de confusion et de malentendu que le Port Louis se prépare à accueillir le paquebot Queen Elizabeth II.
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