Publicité

Cap sur l?Asie

24 septembre 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

L?avenir est à l?Orient. Après une semaine de mission dans le Sud-Est asiatique, Rama Sithanen, le ministre des Finances, revient au pays avec, dans ses valises, des possibilités concrètes pour relancer les relations économiques avec la Malaisie. « Lors de rencontres avec le vice-Premier ministre et le ministre du Commerce, nous avons évoqué la mise en place d?un accord d?échange préférentiel qui pourrait déboucher sur un accord de libre-échange. Les deux pays doivent maintenant se consulter pour connaître les produits et secteurs d?activités qui les intéressent mutuellement. »

Parallèlement, le secteur privé malais s?intéresse aussi aux possibilités d?investissement à Maurice. Ainsi, la chaîne hôtelière Boutique Hotel s?est dit intéressée à implanter un établissement à Maurice.

« Pour concrétiser ce projet, il faudra que nous examinions la question de l?accès à la terre pour savoir si on peut encore permettre la construction de nouveaux hôtels et à quels endroits. »

Outre les hôteliers, Maurice intéresse aussi les industriels. Des entreprises engagées dans la production textile, la confection ou encore l?ingénierie légère délocalisent pour le moment au Vietnam et au Cambodge. Certaines devraient toutefois bientôt envoyer des missions de prospection à Maurice. Sithanen espère que le nouveau cadre des affaires, ainsi que les compétences locales disponibles, devraient les inciter à s?implanter sur notre sol.

L?autre pan de la mission de Sithanen a été consacré à un aspect très important du développement économique du pays : les aides que l?on pourrait recevoir de la communauté internationale pour financer la transition économique du pays, chiffrée à Rs 150 milliards. Ce flux devra provenir d?investissements directs étrangers, de prêts et d?aides.

Et, à ce sujet, les discussions sur l?Aid for Trade à l?Organisation mondiale du commerce sont cruciales. Lors de la rencontre Banque mondiale-Fonds monétaire international, qui a eu lieu à Singapour en début de semaine, Sithanen a expliqué pourquoi Maurice devrait bénéficier d?une enveloppe d?aide conséquente sous le programme Aid for trade. Pour ce qui est des critères d?éligibilité, Maurice se devait de jouer serré. Car depuis le milieu des années 90, la communauté internationale octroie en priorité les aides aux pays les moins avancés (PMA), désavantageant au passage les pays en développement comme Maurice, plus solides que les PMA, mais fragilisés par d?autres facteurs.

« Renforcer notre capacité de production »

« Nous avons demandé que les critères soient plus flexibles. Le système d?aide devra tenir compte des défis que chaque pays doit relever, des chocs commerciaux, comme le sucre ou le textile pour Maurice. Mais nous avons aussi demandé à ce qu?on reconnaisse la volonté des États demandeurs de procéder à des réformes. » Mais à quoi serviront les fonds de l?Aid for trade ? Sithanen précise : « Il n?y a pas que l?assistance technique. Nous souhaitons bénéficier de fonds pour renforcer notre capacité de production. Et investir dans les trade related infrastructures comme le port, l?aéroport ou les technologies de l?information et de la communication. »

Malgré les blocages dans les négociations du cycle de Doha, Sithanen affirme que le dossier Aid for Trade devrait faire l?objet d?une décision finale en 2007. En attendant, le pays doit trouver d?autres sources de financement pour assurer la transition économique. Et une partie d?entre elles proviendra peut-être de l?Abu Dhabi Fund, qui compte financer seul, un ou deux projets d?infrastructures, et quelques autres en collaboration avec la Banque arabe pour le développement économique en Afrique.

Publicité