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Cadress Runghen renvoyé de la NATReSA
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Cadress Runghen renvoyé de la NATReSA
La nouvelle a eu l?effet d?une bombe. Surtout auprès des organisations non gouvernementales engagées dans la lutte contre la toxicomanie et la transmission du VIH-sida à travers le partage de seringues. Cadress Runghen, coordonnateur des activités de la National Prevention Unit (NPU), a été renvoyé chez son employeur, à la prison de Beau-Bassin, depuis hier matin.
Cela fait trois ans que ce senior hospital officer de la prison de Beau-Bassin avait été ?prêté? ? seconded for duty ? à la National Agency for the Treatment and Rehabilitation of Substance Abusers (NATReSA) du ministère de la Sécurité sociale. Mais, lundi après-midi, un appel téléphonique aurait mis fin à cette collaboration.
Selon ses proches, un officier de la NATReSA a rappelé à Cadress Runghen que son contrat avec la NPU avait expiré le 10 octobre et qu?en l?absence d?un board pour décider de la suite des événements, il doit retourner à la prison de Beau-Bassin. On lui aurait également demandé d?avertir ses collaborateurs que leurs services n?étaient plus requis à la NPU. Il s?agit de Dany Philippe du Centre de solidarité, Nathalie Rose de Prévention, Information et Lutte contre le sida (PILS) et Ravin Lahootun, infirmier.
Une décision qui choque
La NPU est une émanation de la NATReSA, instituée à la suite d?une étude sur la toxicomanie. Celle-ci a révélé que sur les 20 000 usagers de drogues par voie intraveineuse, seuls un millier se rendaient dans les centres de réhabilitation. La NATReSA a donc décidé d?aller à la rencontre des toxicomanes par le biais de la NPU.
Sous l?impulsion de Cadress Runghen, la NPU a étudié les besoins globaux des habitants de 35 régions à risque, instruisant les groupes à risque sur les moyens d?éviter la contamination au VIH-sida, leur proposant des tests volontaires de dépistage et référant les séropositifs au Aids Secretariat. La NPU a aussi proposé des loisirs aux jeunes de ces régions pour qu?ils ne tombent pas dans l?enfer de la drogue et a formé des community group leaders pour qu?ils soient à l?écoute permanente des habitants de ces régions.
Les ONG engagées dans la lutte contre la toxicomanie et dans la lutte contre le VIH-sida sont choquées par cette décision. Audrey D?Hotman, directrice du Centre de solidarité, qui n?a pas l?habitude de mâcher ses mots, trouve que ?c?est une aberration, car la NPU est le seul rempart contre la propagation du sida. En venant demander à Cadress Runghen de retourner à la prison et signifier à son équipe qu?on n?a plus besoin d?elle, n?est-ce pas démanteler la NPU ? Si c?est le cas, cette décision est non seulement inexplicable mais aussi antipatriotique car ce serait laisser le sida se propager?.
Un avis partagé par Dhiren Moher, président de PILS : ?C?est chagrinant car cette équipe a abattu un travail énorme auprès des groupes à risque qui ne sont ni d?une ethnie particulière, ni d?une coloration politique précise. Si le renvoi de Runghen signe la dissolution de la NPU, c?est franchement inquiétant.?
Reshad Hosany, secrétaire permanent au ministère de la Sécurité sociale, dément tout démantèlement de la NPU. ?Il est faux de dire que le ministère a dissous la NPU. La NPU existe et continue son travail. Excepté que le contrat de Cadress Runghen a expiré et qu?il lui a été demandé de se rapporter là où il est rétribué pending determination of his case. Les autres membres de la NPU qui sont employés par session doivent continuer le travail sous la direction de l?officier de la NATReSA qui remplacera le coordonnateur de la NPU. Le nouveau board qui sera nommé incessamment fera une évaluation du travail de la NPU et donnera des directives appropriées.?
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