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Bérenger : ?Un budget de rupture à la FMI?

23 juin 2006, 00:00

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?L?alternative, c?est le MMM et mon ami Ashock Jugnauth et son parti.? Paul Bérenger (photo) marque une petite pause avant d?ajouter ?...ainsi que tous ceux qui mettent Maurice à la première place?.

Cette petite phrase, prononcée par le leader du Mouvement militant mauricien (MMM) Paul Bérenger en fin de discours hier dans le cadre du budget, et qui fait sourire certains députés du Mouvement socialiste militant (MSM), est lourde de sens.

C?est un signal à peine déguisé envoyé à un moment où une reconcilation entre les partenaires d?hier est de plus en plus évoquée de part et d?autre. Pour rappel, au plus fort du conflit entre les deux partis en début d?année, Paul Bérenger avait déclaré que le leader du MSM, Pravind Jugnauth, faisait passer ces intérêts avant ceux de la nation.

?L?alternance, c?est cette opposition de centre-gauche moderne qui accorde beaucoup d?importance au social et aux plus démunis?, ajoute-t-il, en regardant en direction des élus MSM...

Le leader du MMM est très avare de compliments pour le budget 2006-2007. C?est un ?budget de rupture à la FMI ? et, qui plus est, serait ?ultra-libéral?. D?ailleurs, ?la population se sent trahie? et le ?mood out there est très mauvais?. Le régime au pouvoir aurait induit la population en erreur lorsqu?il pratiquait un langage ?très à gauche? lors de la campagne électorale de l?an dernier.

Pour la toute première fois depuis l?Indépendance, un budget fait ?l?unanimité dans le secteur privé?, constate Paul Bérenger, qui précise qu?il n?a rien contre le secteur privé. La corporate tax passant de 25 à

15 %, l?imposition de tous les revenus excepté les dividendes, la fin des tripartites, l?amendement aux lois du travail ?pour pouvoir virer des gens à loisir?, le report de l?âge de la retraite à 65 ans en ?seulement? deux ans (il fallait en donner cinq, dit-il), ?les portes grandes ouvertes aux étrangers?, l?élimination des permis pour faciliter la mise sur pied d?entreprises? ne sont que quelques exemples cités qui ne peuvent que réjouir le patronat.

Il affirme aussi être très surpris quant à l?absence de prévisions sur les indicatifs économiques dans ce budget. D?autant plus que le ministre des Finances a ?décrit une situation catastrophique une semaine avant que ce régime soit un an au pouvoir.?

Il émet des doutes quant à la croissance de 5 % du produit intérieur brut et le déficit budgétaire qui sera ramené à 4 %, comme le prévoit Rama Sithanen. Il s?en remet à Gilbert Gnany, ?chief economist? de la MCB, qui a indiqué récemment que le taux d?inflation sera de près de 7 % en 2006.

Le leader du MMM insiste que les consultations triparties annuelles doivent être rétablies. Elles ?étaient le prix à payer pour une paix sociale à long terme. Nous ne devrions pas sous-estimer la peur des gens.?

Il critique également la New National Residential Tax et les nouvelles mesures sur l?income tax. Quant à l?empowerment fund, qualifié de fourre-tout, ?il ne m?impressionne pas du tout?. La politique de prévention contre le sida déçoit également Paul Bérenger après un an au pouvoir de l?Alliance sociale et la contre-réforme de l?éducation ?est un vrai crime?.

En revanche, Paul Bérenger est en faveur de l?arrêt des subsides à hauteur de 50 % des frais d?examens du School Certificate et du Higher School Certificate ainsi que de l?arrêt du school feeding programme, à condition que ces aides soient maintenues pour les plus démunis.

La ?surpolitisation? de certains organismes à l?instar de la Cargo Handling Corporation (CHC) est dangereuse. Paul Bérenger est d?ailleurs très préoccupé par l?avenir de la CHC, qui enregistrera pour la première fois des pertes de Rs 40 millions cette année.

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