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Buckland, héros malgré tout
L’histoire n’a pas orchestré le cataclysme qu’on souhaitait tant, et qui aurait pu voir l’île Maurice briller au firmament. Les quatre bombardiers américains ont eu le dernier mot hier en finale du 200m. Le boulimique Justin Gatlin ajoute un titre de plus à sa belle collection (20.04), suivi de ses compatriotes Wallace Spearmon (20.20), John Capel (20.31) et Tyson Gay (20.34).
Notre héros, Stéphan Buckland, boucle sa course en 20.41, à une frustrante cinquième place, devant l’Australien Patrick Johnson (20.58), l’Allemand Tobias Unger (20.81) et le Jamaïcain Usain Bolt (26.27).
“Je voulais vraiment prouver qu’un petit Mauricien pouvait déjouer leurs plans, les défier, monter sur le podium. C’est raté. Mais jusqu’à la ligne, je n’ai pas perdu espoir. Je me suis battu jusqu’à la fin, j’ai tout donné”, explique notre compatriote après la course.
<B>Le salut du Prince</B>
Pourtant, la démonstration de supériorité des Américains, qui se réunirent en cercle comme un seul homme après avoir foulé la ligne d’arrivée, devant les télés du monde entier, n’avait rien à voir avec le grand élan de sympathie qu’a connu Stéphan Buckland après la course !
Eh oui! contrairement à ce qu’on pourrait croire, notre compatriote a été traité comme si c’était lui qui avait gagné la médaille d’or ! En fait, hier, Stéphan a représenté le reste du monde face à l’impérialisme des Etats-Unis sur le sprint mondial.
La cinquième place de Stéphan fait de lui l’un des meilleurs sprinters africains de l’histoire ayant participé aux trois derniers Mondiaux d’athlétisme, digne de succéder au Namibien Frankie Fredericks au plus haut niveau.
D’ailleurs, l’ami Fredericks n’a pas tardé à venir féliciter Buckland après la course : “Malgré la forte présence des Américains, je pensais que Stéphan allait décrocher la médaille de la 3e place, mais ils étaient vraiment trop forts. Je suis très heureux que Stéphan soit présent à cette finale, d’autant que c’était le seul Africain en course. Mais dans deux ans, à Osaka, il aura peut-être rendez-vous avec une médaille.”
Dès lors, on se bouscule dans la zone mixte pour venir rencontrer Stéphan, lui parler, l’encourager, lui remonter le moral.
C’est le Prince Albert de Monaco en personne qui vint ensuite au chevet de Stéphan, content de saluer le seul athlète francophone à ce niveau. “Je suis heureux pour Stéphan, il a réalisé une belle course et un bel exploit. Je souhaite qu’il continue dans cette voie et qu’il réalise de nouveaux exploits”, lâche son altesse.
Buckland le VIP est ensuite accaparé par le camp mauricien : Isram Jeewajee, Ram Ruhee, Vivian Gungaram ou encore son ami sénégalais Mamadou Diaba (médaillé d’argent aux Jeux olympiques de Séoul au 400m haies) qu’il a connu au CIAD à Dakar, et l’ancien sprinter canadien, Donovan Bailey, qui lui souffla : “La prochaine fois ce sera ton tour.”
Même dans la défaite, Stéphan Buckland sort grandit de cette finale du 200m où il a pris un mauvais départ et a vu les Américains le devancer à la sortie du virage, alors qu’il a subi un claquage à mi-course en raison des mauvaises conditions climatiques. La presse finlandaise consacrait, hier matin, un grand article à notre compatriote intitulé : “Buckland, a new star is born.”
<B>Reynolds QUIRIN </B> <I>(d’Helsinki)</I>
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