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Branle-bas de combat en vue des municipales

18 octobre 2007, 00:00

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Les élections municipales de mars 2008 créent déjà des remous à l?île s?ur. Les futurs candidats des grandes communes citadines (tels que Saint-Pierre pour le Sud de l?île, Saint Denis pour le Nord, Saint Benoît pour l?Est, et Saint Paul pour l?Ouest) mais aussi ceux des communes rurales sont déjà sur le pied-de-guerre.

Les électeurs réunionnais qui seront bientôt appelés aux urnes, sentent eux déjà monter la fièvre. Ce tapage incessant qui agite le monde politique à quelques mois des échéances électorales n?a rien d?étonnant puisque les Réunionnais vivent toujours les campagnes électorales intensément.

En effet, si les municipales sont d?envergure locale uniquement, les hommes politiques savent pertinemment qu?elles font et défont leur réputation mais aussi leur curriculum dans ce contexte si particulier réunionnais.

Les électeurs quant à eux, savent qu?ils mettent dans la balance non seulement l?avenir de leurs villes et de leurs quartiers, mais aussi celui de leur vie au quotidien. Car les municipales sont loins d?être affaire de ?devoir civique accompli une fois tous les 6 ans? pour le citoyen réunionnais mais impacte également sur sa vie quotidienne. Dans cet ordre d?idées, des sujets tels que la fourniture d?eau potable, la constuction de crèches pour enfants, de terrains de jeux des adolescents, l?état du réseau routier, le chômage, l?aide sociale, les permis de construction pour la maison sont au centre des préoccupations .

Bref, bien plus qu?un rouage de la vie politique auquel tout un chacun se plie avec une fréquence régulière, la hiérarchie la plus décentralisée dans le gouvernement de la cité au sens propre du terme, les municipales rendent compte par le menu de la vie des individus et collectifs d?une ville.

Qui plus est, le candidat qui emporte la mairie tant convoitée endosse le maillot de ?champion en gestion de proximité?, pour reprendre l?expression d?un journaliste politique local.

Le vainqueur devra en effet répondre de la gestion des dossiers de sa ville avec une approche de terrain particulièrement bien éprouvée, et s?il faillit dans cet exercice, le couperet tombera fatalement au terme de son mandat qui ne sera pas reconduit. Dans cette optique, l?étiquette politique s?éclipse devant la personnalité du candidat briguant le siège municipal.

Il devient ?un technicien, un gestionnaire? qui devra non seulement convaincre, mais aussi prouver ses compétences et son efficacité avec son équipe tout au long de son mandat. Ses performances, visibles à tous les niveaux, seront mesurées et sanctionnées. C?est un exercice de transparence particulièrement périlleux. Un homme de terrain, une personne digne, respectable, proche de son électorat, mais également excellent manager : voilà ce qu?attend le citoyen pour diriger la cité. Ce mode de gestion participative des municipalités réunionnaises est unique et mérite que l?on s?y attarde.

Souvenons-nous du champion en la matière, l?ancien député-maire André Tien Ah-Koon qui n?a cédé son fauteuil de maire de la ville du Tampon qu?au terme d?un mandat d?une exceptionnelle longévité (presque 30 ans) auquel il a dû lui-même mettre fin par souci de tirer sa révérence avec dignité. On murmurait à son sujet qu?il ?avait l?art de pleurer à un enterrement dans sa commune à 15H00 et festoyer avec une petite communiante entourée de ses proches à 20H00 le même jour, le tout avec une sincérité confondante? !

Par ailleurs, la Réunion a toujours offert un terrain de bataille politique à part dans le panorama et l?échiquier politique français : en 1988, 1995, 2002, 2001 et 2007, alors qu?au niveau national on votait à droite, notamment lors des élections présidentielles, l?électorat Réunionnais lui se prononçait nettement à gauche.

De quoi en perdre son latin pour le non-initié. Lors des présidentielles, l?île a voté majoritairement à gauche pour la candidate Ségolène Royal. Elle devrait cependant s?apprêter à voter massivement à droite pour les municipales de 2008, tout simplement parce que la gestion menée par ce parti a affiché des résultats chiffrés et concrets (visibles dans les écoles construites, les routes entretenues, et l?intégration notamment des employés de mairies jusque là détenteurs de contrat d?embauche précaire puisqu ?ils pouvaient être journaliers pendant 20 ans et être révoqués du jour au lendemain).

La ?droite réunionnaise? qui s?engage dans la bataille électorale avec une nette avance craint pourtant un basculement des communes vers la gauche lors des municipales de mars 2008, alors même qu?actuellement, 19 des 24 communes réunionnaises sont entre ses mains. Affaire à suivre?

<B>R.S. </B>

<B>Saint-Denis

La gauche divisée, la droite éclatée</B>

Après avoir arraché la ville des mains des socialistes en 2001, la droite dyonysienne entend conserver son ?trésor de guerre?. Mais les dissenssions ont bien entamé le socle qui a servi à construire la victoire. A gauche, encouragé par les performances de Ségolène Royal, le score encourageant de Gilbert Annette (photo) aux législatives, on rêve de revanche. Oubliant un peu vite les divisions.

<B>Saint-Pierre

La stratégie de reconqête de la gauche</B>

La gauche saint-pierroise peaufine toujours sa stratégie de reconquête de la capitale du sud. L?ancien maire Elie Hoarau va devoir cette fois composer avec les ambitions du Parti Socialiste (PS) pour tenter de s?imposer en mars prochain face à Michel Fontaine qui est candidat à un second mandat.

<B>Sainte-Marie

Jean ?Louis Lagourgue, seul contre tous</B>

A la tête de la mairie de Sainte-Marie depuis 1989, Jean-Louis Lagourgue paraît indétrônable. A gauche, on est persuadé de pouvoir mettre un terme à 18 ans de règne.

<B>La Possession

Oui à l?ouverture, mais dans un respect mutuel</B>

Revigoré par le score des derniers scrutins, Roland Lallemand (à dr.), désigné dernièrement comme tête de liste socialiste, appelle à l?union en vue des municipales à la Possession. Sans oublier leur dernière expérience douloureuse au côté du maire Roland Robert, les militants socialistes préviennent : ?Nous refuserons d?être une force d?appoint pour gagner une élection?.

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