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BPO : croissance revue à la hausse

7 novembre 2006, 00:00

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Eric Lejean n?arrête pas de flatter le pays. La branche mauricienne de sa compagnie, Diadeis, est proche de l?explosion. En 2004, il employait 50 personnes, 130 aujourd?hui et probablement 300 à 400 d?ici trois ans maximum. Sa compagnie fait de la numérisation et de la publication de données. ?Maurice est le pays par excellence pour l?externalisation et le seul à réunir les atouts nécessaires. Les gens sont compétents, les salaires compétitifs, les infrastructures de haut niveau, l?environnement géopolitique stable et le créneau horaire très favorable.?

Cette bonne santé est reflétée par l?ensemble du secteur du Business Process Outsourcing (BPO), aussi appelé externalisation, et des centres d?appels. Le dernier état des lieux sur le secteur réalisé par le Board of Investment (BOI), obtenu en exclusivité par l?express, confirme la courbe positive et constante depuis 2004. ?Avec l?intérêt grandissant des opérateurs de télécommunications à utiliser Maurice comme plateforme régionale pour leurs activités, nous pouvons prévoir une croissance formidable?, écrivent les rédacteurs de ce document qui analyse le secteur jusqu?au 30 septembre.

Aujourd?hui, aucun secteur d?activités mauricien ne se porte aussi bien celui du BPO et des centres d?appels. En fait, sa santé est même meilleure que prévu.

Les chiffres du BOI montrent qu?à septembre 2006, 148 compagnies étaient actives dans ce secteur. Il a connu une croissance de 38,3 % par rapport à janvier 2006.

Problème du coût des télécommunications

D?ici la fin de l?année financière, en juin 2007, l?industrie devrait générer des opportunités d?emploi pour 1 104 personnes et assurer un investissement de Rs 918,6 millions. Actuellement, 5 513 personnes travaillent dans le secteur contre 4 332 en janvier dernier. Vingt-neuf nouveaux projets ont été approuvés depuis.

Cela permettra au secteur de dépasser confortablement la barre des 6 000 emplois. ?C?est une hausse de 1 000 comparée à nos dernières prévisions?, indique le rapport du BOI.

Et cela ne serait que le début. ?Ce secteur peut devenir un des plus importants d?ici peu. Il va prendre un essor formidable l?année prochaine. La croissance sera probablement plus importante que ce nous voyons aujourd?hui?, soutient Raju Jaddoo, directeur exécutif du BOI.

Cette onde de positivité est partagée par les acteurs majeurs du secteur, à l?instar de François de Grivel, président d?ACT, association regroupant les industriels du monde du BPO. Il attribue cette croissance notamment à l?image dont jouit le pays à l?étranger. ?L?île Maurice commence à être connue et appréciée internationalement parce que nous avons une image de sérieux et de sécurité bâtie au fil des ans.?

Il estime que l?industrie des services liée aux nouvelles technologies pourrait peser 10 000 emplois d?ici fin 2007. ?Il y a un potentiel énorme au niveau de la clientèle.? Et ce potentiel, il faut le capter. A ce niveau, Maurice a tous les atouts nécessaires pour mater ses concurrents marocains, sénégalais ou autres.

?Il y a un savoir-faire et une créativité que d?autres non pas. En plus de cela, nous avons un cadre d?affaires très ouvert ainsi que des infrastructures télécoms de très bonne qualité?, explique Raju Jaddoo.

Jean Suzanne, senior adviser au bureau du Premier ministre et président d?Infinity, n°2 des centres d?appels francophones dans le monde, assure toutefois qu?il faut créer une dynamique pour que les choses avancent comme souhaité. ?Nous ressentons tous que ça va aller mieux, même si on a perdu un peu de temps. Maintenant, il serait intéressant de créer une dynamique, une synergie, ainsi que des partenariats pour nous aider dans notre développement.? La Chine et l?Inde peuvent être deux partenaires privilégiés. Maurice pourrait leur servir de plate-forme pour mieux attaquer les marchés anglophones et surtout francophones mondiaux.

Contrairement à la croyance populaire, les centres d?appels ne constituent pas le principal vecteur de ce pilier en devenir. L?externalisation, comprenez par-là principalement la saisie de données, représente 47 % du gâteau, suivi du développement de logiciels (21 %) et ensuite seulement les centres d?appels (20 %).

Selon le rapport du BOI, le développement de logiciels connaît la plus forte croissance depuis février 2006 en passant de 277 emplois à 716 (+158 %). Il faut cependant concéder que les centres d?appels sont les principaux fournisseurs d?emplois. Actuellement, 2 338 personnes travaillent dans les centres d?appels. Cela représente 42 % du total des emplois pour ce domaine.

Il ne faut toutefois pas céder à l?euphorie. Les professionnels avouent que deux obstacles pourraient fortement gêner la croissance mauricienne : la main-d??uvre et le coût des télécommunications. ?Tous les indicateurs sont au vert, mais celui qui est à la traîne c?est la formation?, analyse Jean Suzanne. Il plaide pour attirer les compétences étrangères. Au niveau formation, il est passé aux actes.

Besoin en compétences

Vendredi, Infinity a lancé un programme de formation en association avec l?université de Maurice pour former 7 000 jeunes sur trois ans. A elle seule, Infinity doublera ses effectifs en embauchant environ 520 personnes dans les 18 prochains mois.

?Maurice ne connaît que deux limites. D?une part des coûts de télécommunications trop élevés. Louer une ligne de deux mégabits par mois coûte l?équivalent d?employer 25 personnes. D?autre part, la rareté des ressources humaines nécessaires pose problème. Il est parfois difficile de trouver des gens qualifiés?, soutient Eric Lejean, directeur de Diadeis.

Les besoins en compétences du secteur migrent de détenteurs de Higher School Certificate vers des diplômés universitaires. De plus en plus de projets sont approuvés dans le domaine de la médecine, du marketing, de l?engineering design et des services légaux et financiers, note le BOI. Il faudra donc former vite et bien. Les autorités seraient bien avisées de prendre rapidement des mesures.

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