Publicité

BPML contre Aston Martin

11 novembre 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

C?est entendu : l?Aston Martin de Navin Ramgoolam est le plus mauvais calcul politique qu?un Premier ministre pouvait faire. Surtout en ces temps où l?appel à la rigueur et au sacrifice est récurrent. Mais est-ce une raison suffisante pour faire «ad vitam aeternam» le procès d?un chef de gouvernement qui n?a pas su se montrer sage en cette période de disette pour une majorité de la population? Les hommes ne sont pas infaillibles et succombent à des tentations, même lorsque cela va à l?encontre de leurs intérêts. Ce sont nos péchés mignons, même si certains sont tenus de donner un sens au principe que l?exemple doit venir d?en haut.

C?est entendu : tous les projets de développement à Ebène, placés sous la responsabilité de Business Park of Mauritius Limited (BPML), n?ont pas eu le succès escompté, plus particulièrement celui des appartements du cybervillage. Il reviendra aujourd?hui à l?Icac de déterminer si les murs de ces projets immobiliers et autres recèlent une quelconque crapulerie. En attendant, personne ne conteste la pertinence des projets initiés à Ebène, même si les appartements du cybervillage signalent la précipitation avec laquelle on s?est engagé dans cette partie du dossier. Mais manque de planification ne rime pas, jusqu?à preuve du contraire, avec corruption. Or, jusqu?ici, tout le discours du gouvernement sur BPML s?apparente surtout à une man?uvre spécieuse.

C?est entendu : l?opinion publique peut parfois se montrer crédule. Au point de se laisser parfois prendre au piège des jeux politico-politiciens des grandes figures de notre landerneau politique. Au point d?oublier l?essentiel au profit de l?insipide. Même si dans cette partie de bonneteau qu?orchestrent les politiques entre BPML et l?Aston Martin, seuls se laissent prendre ceux qui ne voient pas le piège derrière.

Le stratagème développé est en fin de compte relativement simple. Avant la rentrée parlementaire, les deux principaux partis d?opposition, le MMM et le MSM, retrouvent un semblant de cohésion qui annonce des temps durs pour le gouvernement. L?offensive mise en place, qui s?appuyait essentiellement sur une cruelle hausse du coût de la vie, est renforcée par l?achat d?une Aston Martin par le Premier ministre. L?opposition commence à voler des ailes que le gouvernement espère pouvoir brûler en faisant éclater le «scandale» de BPML. Du coup, le pays est tapissé d?affiches mettant en scène la confrontation BPML v Aston Martin. Or, tout ce tumulte ne rend compte que d?un manichéisme dont on se serait bien passé.

Ce qui était au départ de simples velléités de nuire à l?autre sont désormais devenues l?expression du vide politique. Sommes-nous condamnés à vivre la politique comme un seau vide d?idées, surtout en cette époque où toutes les énergies et volontés sont nécessaires pour franchir cette étape parsemée de difficultés ? Des dirigeants responsables ne peuvent se résoudre à brimer un pays pour le seul plaisir de satisfaire leur égo de politiciens ou le besoin de sensations fortes de leurs fanatiques partisans.

Toute cette foucade politique ne devrait pas nous faire oublier l?essentiel. Il y a aujourd?hui tant d?enjeux qui méritent qu?on s?y arrête. Le gouvernement a fait le choix d?une politique économique qui prend pour modèle un libéralisme triomphateur. Dans d?autres pays, les opposants esquissent de nouveaux projets économiques pour prouver qu?ils peuvent incarner l?alternance. Ici, ils font campagne sur l?Aston Martin.

Le gouvernement, pour sa part, n?est pas en reste. Face à une population désemparée, il n?a rien trouvé de mieux que de faire de la stratégie politique pour détourner l?attention des réelles problématiques. Avait-on besoin de ce boniment BPML, alimentant le caquet national ?

Si leur bon sens prévalait, ils reconnaîtraient qu?il font un tort immense à ce pays?

Publicité