Publicité
BP 247
<B>«Pa tous nou dimans»</B>
Cher père Jocelyn Grégoire, Cher président de la Fédération des créoles mauriciens (FCM), je suis revenu de la messe de 10 heures à Sainte-Croix en célébration du Bienheureux Père Laval, éc?uré et complètement perdu.
J?aurais adoré vous rencontrer en privé pour en discuter, mais comme vous avez lancé votre fameux slogan «Pa tous nou dimans» en public, au cours d?une célébration catholique, je n?ai d?autre moyen que de vous partager mes réactions et mon sentiment, que je sais aujourd?hui partagés par d?autres, de façon publique.
Oui, j?étais à Sainte-Croix ce fameux mardi 9 septembre, à la messe de 10 heures, que vous présidiez en tant que père Jocelyn Grégoire ou en tant que président de la FCM. Je n?en sais toujours rien. (?)
La messe avait bien commencé : des chants entraînants et beaux (les vôtres naturellement), des lectures intéressantes (?). Et puis, vous avez pris le micro et, avec votre verve habituelle, vous avez entrepris de nous raconter la genèse, la création du monde. Une version intéressante. C?est à partir de là que je n?ai plus rien compris. Vous nous avez amenés à hurler «Pas tous nou dimans sinon nou pou desann.» (...) Peut-être que Dieu, dans son immense sagesse, nous a laissé ce qu?il appelle la liberté de choisir, le libre arbitre, liberté que nous avons encore aujourd?hui, la liberté qui nous permet de choisir quoi faire de notre dimanche. Enfin, rendez-vous compte que même en ce mardi non férié, nous avons choisi de venir à cette messe. Nous savons prendre nos décisions même si nous avons été créés le 6e jour.
Même L?Eglise dans sa sagesse a, depuis un bout de temps, déjà accepté que la messe du samedi soir soit valable justement pour ceux qui voudraient assister à la messe mais qui ne pourraient pas se libérer le dimanche. En tout cas si vous étiez là, Dieu vous aurait entendu, n?est ce pas ? Enfin c?est vous l?expert diplômé en théologie et j?espère que vous allez nous expliquer tout cela bientôt.
Une deuxième chose qui m?a rendu mal à l?aise : votre définition , réducteur du créole. Là, je suis complètement paumé : «Mo na pa senti Pi, (mo baigne tou le zour e mo servi deodoran), mo seve na pa mozambik, mo bann ancet finn telman croise ek melanze ar tou lezot ras ki mo finn perdi sa seve crepi la.
Sel zafer ki mo kone se ki kan mo tann ravann, kan mo tann tam tam, mo disan marse. Dir mwa ou ki kone, eski mo enn kreol, desendan desclav ?»
En tout cas, quelle que soit votre réponse, je me sens créole et fier de l?être. Une dernière chose : on a beaucoup parlé de vous, de votre charisme et de votre intelligence.
On n?a pas menti car réussir ce que vous avez réussi ce jour-là relève du grand art.
Voilà une foule, bon enfant, heureuse qui entonne avec joie vos refrains, qui répond aux prières avec ferveur. (...) Voilà cette foule qui va être entraînée à scander ce slogan «pa tous nou dimans sinon nou pou desann». Vous êtes très fort. Je pense que le Bienheureux Père Laval, à ce moment-là, était bien loin de vos préoccupations. D?ailleurs à un certain moment, vous avez même officiellement passé le micro au président de la FCM qui, lui, n?avait pas été convié à présider cette célébration... Puisqu?il était là, je voudrais lui faire un message : ne vous laissez jamais griser par le succès d?affluence à vos rencontres car vous ne saurez jamais sûr si les gens sont venus pour vous ou pour le père Grégoire.
Et à vous père Grégoire, je vous fais le même message tout en vous rappelant que le Père Laval, dont il était question ce fameux mardi 9 septembre, était un rassembleur. Et que s?il est toujours facile de rassembler contre quelqu?un, quelque chose, une institution, une idée, ou un gouvernement, il est par contre très difficile de rassembler pour une bonne chose, pour la transmission de la bonne nouvelle et des valeurs chrétiennes. J?avais cru que c?était là votre mission et votre devoir premier. Je me suis peut-être trompé.
Et puis pour vous répondre sur le terrain que vous avez choisi ce jour-là, «lais mo dir oupa tous mo dimans. Lais moi decider ki mo pou fer ar li.
En plis, pa tous nou lames, sinon, kit foi nou nepli pou desann (mem si nou pa travay)».
Clency NADEAU</B>
Publicité
Publicité
Les plus récents