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Bouteflika accusé de fomenter un ?hold-up? électoral

7 avril 2004, 20:00

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Six candidats sont en lice pour l?élection présidentielle d?aujourd?hui, scrutin pluraliste sans précédent depuis l?indépendance de l?Algérie en 1962.

L?ancien Premier ministre algérien Ali Benflis, principal rival d?Abdelaziz Bouteflika pour l?élection présidentielle du 8 avril, a accusé le président sortant de préparer ?un hold-up? électoral pour s?arroger ?53 à 55 %? des voix dès le premier tour.

Le candidat du Front de libération national (FLN), qui fut le directeur de campagne du président sortant en 1999, a toutefois dit qu?il maintiendrait sa candidature ?pour dénoncer la fraude et les fraudeurs?, excluant un retrait de l?opposition comme lors de la précédente élection, remportée à près de 74 % par Abdelaziz Bouteflika.

?Je maintiendrai ma candidature jusqu?au bout pour dénoncer la fraude et les fraudeurs?, a-t-il dit lors d?une interview à Reuters, au siège de sa permanence électorale à Alger.

La campagne officielle pour l?élection présidentielle, entamée le 18 mars, s?est achevée lundi.

Marquée par des incidents (meetings empêchés, colleurs d?affiches agressés...) et un ton d?une rare virulence, elle s?est toutefois déroulée dans un climat de quasi-normalité, une première dans un pays qui vit à l?heure du pluralisme politique depuis 1989 et émerge de près de dix ans de guerre civile.

Les cinq rivaux du ?président-candidat? lui reprochent d?avoir orchestré une pré-campagne illégale avec les deniers de l?Etat et d?instrumentaliser l?administration et les médias officiels à son profit.

?Vous avez cinq candidats qui se battent avec des moyens honnêtes, légaux, moraux. Vous avez de l?autre côté un candidat qui veut prendre l?Algérie en otage : ?ou c?est moi, ou c?est la terre brûlée, ou c?est moi ou c?est la fin du monde??, estime Ali Benflis.

?Voter Bouteflika, c?est faire marche arrière?

Ali Benflis, 59 ans, fut le Premier ministre d?Abdelaziz Bouteflika d?août 2000 à mai 2003, date à laquelle le chef de l?Etat l?a remercié pour avoir refusé d?appuyer publiquement sa candidature.

Le chambre administrative de la Cour d?Alger a ensuite prononcé en décembre 2003 le gel des avoirs du FLN, une décision confirmée en mars par le Conseil d?Etat qui a attisé les hostilités au sein de l?ancien parti unique entre les ?loyalistes? fidèles à Ali Benflis et les ?redresseurs?, partisans d?un second mandat d?Abdelaziz Bouteflika.

Depuis lors, l?ancien Premier ministre concentre ses attaques sur son ancien mentor, allant jusqu?à le qualifier de ?nain sectaire?.

Il a scellé mardi une alliance de circonstance avec le candidat islamiste Abdallah Djaballah et Saïd Sadi, président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RDC), qui incarne le mouvement berbère, pour dénoncer le ?complot? à l?oeuvre selon eux contre la volonté du peuple algérien.

Dans un communiqué commun, les trois candidats affirment avoir été ?informés par des sources dignes de foi que le clan du président-candidat se prépare à annoncer la victoire dès le premier tour avec un taux de 53 à 55 %, et ce préalablement aux opérations de vote, de dépouillement et d?établissement des procès-verbaux.?

?Il est normal que ces trois candidats se réunissent, attirent l?attention du peuple algérien sur ce qui attend l?Algérie comme fraude généralisée, sur ce qui peut se passer comme dérapages?, explique Ali Benflis.

?Nous avons fait appel au peuple algérien pour qu?il rejette la fraude et les fraudeurs, pour qu?il n?accepte pas de hold-up électoral?, ajoute-t-il.

Les opérations de vote débuteront aujourd?hui à 08h00 (07h00 GMT). Les bureaux de vote ferment en majorité à 19h00, et à 20h00 à Alger notamment. Des résultats partiels devraient être communiqués vers 22h00 par les partis.

Prié de dire s?il croit à l?hypothèse d?un deuxième tour, Ali Benflis, évasif, assure ?faire confiance au peuple algérien, quoi qu?il arrive?. S?agissant des accusations de fraude lancées à l?encontre d?Abdelaziz Bouteflika, il récuse l?idée d?une stratégie de dernière minute visant à anticiper une défaite annoncée.

?Voter Bouteflika c?est faire marche arrière, c?est voter pour le passé, l?absolutisme, c?est voter pour une Algérie en panne, c?est la fermeture du champ médiatique?, martèle-t-il.

Selon un sondage réalisé du 2 au 7 mars par l?institut IMMAR, basé à Paris, auprès de 1.392 Algériens, 55 % des électeurs comptent voter pour Abdelaziz Bouteflika, contre 17 % pour son ancien Premier ministre.

?Les sondages sont commandés et fabriqués au profit du président-candidat?, affirme Ali Benflis.

Sophie Louet et Gilles Trequesser

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