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Boolell veut rendre obligatoire la diversification agricole

10 décembre 2004, 00:00

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Des événements et autres faits d?actualité s?interpellent d?un quart de siècle (1979) à l?autre (2004), le pire côtoyant parfois le meilleur. Quelques exemples :-

Il est question aujourd?hui de scolarité obligatoire jusqu?à 16 ans, au point de vouloir envoyer en prison la mère de famille n?ayant pas l?autorité voulue pour empêcher ses enfants de cet âge de faire l?école buissonnière si cela leur chante. Plus sagement, mais aussi plus courageusement, Satcam Boolell veut, en 1979, rendre obligatoire la production agricole. La loi permet stupidement au propriétaire de terres d?en faire ce qu?il veut. Il rêve d?une législation sommant les propriétaires de terres non cultivées de produire les denrées alimentaires que consomme la population. Il prévoit, dans sa stratégie visionnaire, la carotte de l?assistance technique possible des autorités agricoles mais aussi le bâton de l?obligation de produire de la nourriture sur les terres disponibles. Il met en garde contre la multiplication abusive des conférences sur la diversification agricole. Il importe surtout que tout un chacun retrousse ses manches, empoigne la pioche et remue ciel et terre jusqu?à ce que les plantes vivrières puissent freiner le gaspillage de nos précieuses devises étrangères. Que veut dire diversifier si nous refusons de diversifier. La terre est une denrée rare et donc précieuse. Ne pas la cultiver de façon optimale est donc un crime.

Il est beaucoup question aujourd?hui de la sous-représentation féminine dans les instances décisionnaires au point de valoir à une élue un second portefeuille ministériel au sein du gouvernement. En 1979, la première dame du pays, Lady Burrenchobay, et France de la Giroday estiment que les autorités ne peuvent ignorer plus longtemps l?existence des femmes. Des décisions, leur étant, parfois, préjudiciables, sont prises, sans qu?elles soient consultées. On attend toujours l?organisme féministe central, doté de commissions, d?un secrétariat, d?un centre de documentation et de communications, préconisé par l?Onu en 1975. Elles déplorent que Maurice soit représentée à des conférences internationales par des épouses de ministres ou d?agents politiques, ignorant tout des doléances féministes et ne sachant qu?encenser le gouvernement du jour.

Il n?est, en revanche, plus question, peut-être, de cimenterie à Maurice. En 1979, le gouvernement travailliste y croyait dur comme fer de construction. Des consultants K.C.P. de Madras sont même chargés d?étudier la viabilité du projet et l?opportunité de s?embarquer dans une telle aventure. Maurice importe 400 000 tonnes de ciment, en 1978, contre 220 000 en 1973. Le hic est de trouver le site qui convient à un projet aussi polluant. Des promoteurs ont, jadis, choisi celui de Fort William (toujours libre en dépit de sa position privilégiée au bord de mer ou en front de mer). Le PMSD, qui venait d?être bouté hors du gouvernement, fit campagne, avec succès, contre ce projet. Il argua qu?un tel projet constitue une menace pour la santé des citadins. Ce problème de pollution ne peut être esquivé car il s?agit de l?impact nocif des déchets de poussière, du dragage du sable sur les barrières de corail mais aussi sur nos bronches.

L?hospice de Saint-Jean de Dieu aux Pamplemousses subit, en ce moment, les contrecoups d?un regrettable meurtre, commis dans son enceinte. En 1979, la presse se contente de dire tout le bien qu?elle pense des transformations apportées à cet oasis pour personnes âgées. Elle hésite à le proclamer sur les toits car le bruit ne fait pas de bien et le bien ne fait pas de bruit. L?information est aussi affaire de justice car faisant partie des droits des honnêtes citoyens. Le plus ancien bâtiment de l?hospice pourrait bien dater de 1863. Nous le devons, à l?instigation du Père Laval, à la bienheureuse Mère Augustine, la fondatrice de la congrégation religieuse de Notre Dame du Bon et Perpétuel Secours. Ses filles en religion ont servi les vieux, en ces lieux, pendant 113 ans. Faute de vocations nouvelles pour regarnir les rangs dégarnis, les bonnes s?urs sont parties, laissant la place aux Frères Hospitaliers de Saint-Jean de Dieu (né Jean Ciudad, 1495-1550). En 1979, le nouvel hospice accueille 70 pensionnaires. Les Frères innovent : douche quotidienne pour tous, grâce aux chauffe-eau solaires. Les pensionnaires viennent de partout y compris de la rue, des trottoirs, des hôpitaux. A Maurice, on ne rejette pas encore les grands dimounes. Mais mieux vaut prévenir que guérir. D?ailleurs hospice rime encore avec visites des proches. Les Frères de Saint-Jean de Dieu sont aussi présents et tout autant bienfaisants, à Saint-Gabriel, Rodrigues, et à Saint-François, la Réunion.

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