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Boolell doit calmer le jeu entre promoteur et pêcheurs
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Boolell doit calmer le jeu entre promoteur et pêcheurs
Le ministre de l?Agro-industrie et de la pêche, Arvin Boolell, présidera aujourd?hui une réunion pour tenter de résoudre le différend qui oppose un groupe de pêcheurs du Sud-Est à CIEL Properties. L?objet du litige est l?aménagement de l?Ile-aux-Chats et le dévasement du lagon pour les besoins du projet de développement intégré Anahita à Beau-Champ. Une étude récente du Albion Fisheries Research Centre (AFRC) conclut que ces travaux n?ont pas d?incidence sur la pêche dans les eaux voisines. Mais les pêcheurs eux affirment que leur gagne-pain est gravement menacé.
Depuis lundi, CIEL Properties a même dû interrompre toutes ses activités sur l?Ile-aux-Chats en raison d?un groupe de pêcheurs qui y manifestent. Le promoteur affirme que cette démarche est illégitime puisqu?un comité technique a été mis sur pied pour permettre à tous les partenaires d?exprimer leurs points de vue. ?Il n?y a aucune raison d?organiser des manifestations, qui ne peuvent se justifier que s?il n?existe aucune ligne de communication entre les parties. La manifestation publique sur le site est une action non seulement illégale mais également dangereuse pour la sécurité physique des travailleurs?, commente le directeur de la communication du groupe CIEL, David Martial.
Barachois abandonné
Michael Andy, un des porte-parole des pêcheurs, juge les manifestations justifiées. ?Bann promoter pe ranpli la mer ar ros?, ce qui, dit-il, bouleverse l?écosystème du lagon qui leur permet de gagner leur vie.
Mais comme le rappelle le rapport de l?AFRC, Ciel Properties a obtenu un permis de Environmental Impact Assessment le 26 novembre 2006 pour ?les travaux de réhabilitation sur l?Ile-aux-Chats?. Ces travaux comprennent notamment le dévasement du lagon à Four-à-Chaux, le dévasement et le dérochage du barachois abandonné de l?Ile-aux-Chats, la création de plages artificielles, entre autres.
Le projet Anahita comporte quatre volets. Un parcours de golf, un développement résidentiel, un front de mer avec commerces, restaurants et une marina, et un hôtel de luxe géré par la société internationale Four Seasons. Les pêcheurs contestent principalement deux de ces volets : l?hôtel qui sera construit en partie sur l?Ile-aux-Chats et celui du front de mer, sur le lagon appelé Four-à-Chaux. Une couche de sédiments noirâtres à cet endroit nécessite qu?il soit dévasé. L?Ile-aux-Chats, quant à elle, devra subir de d?importants aménagements pour la construction de 61 chambres. Pour sa partie ?Maurice? même, l?hôtel comprendra 30 chambres, 29 villas individuelles, 10 autres de luxe et des coins publics.
L?étude du AFRC exprime la crainte des pêcheurs quant au dévasement du lagon à Four-à-Chaux (voir illustration). Ceux-ci pensent que ces travaux influent négativement sur la collecte d?appâts, ainsi que sur l?écosystème marin à Magasin, dont la biodiversité est riche. Mais l?AFRC constate que non seulement Four-à-Chaux est quasiment dépourvu de vie marine (ce qui a été prouvé à des pêcheurs), mais également que le dévasement n?aura aucun effet sur Magasin. De son côté, CIEL Properties s?engage à utiliser un écran géotextile pour protéger le reste du lagon.
Arracher des mangliers
L?étude traite également d?une autre question chère au pêcheurs : l?arrachage des mangliers sur l?Ile-aux-Chats. Ces plantes contribuent pour 80 % de la biomasse des lieux où elles se trouvent. ?L?enlèvement partiel des mangliers sur l?Ile-aux-Chats causerait une perte et une altération des habitats qui subviennent aux besoins des poissons et aux autres organismes marins?, souligne l?étude compilée par une dizaine de techniciens de l?AFRC. Elle conclut qu?une ?reforestation compensatoire? de mangliers devra être effectuée. CIEL Properties explique que seulement 6 % des mangliers de la région seront affectés et que pour chaque manglier arraché, un autre sera planté.
?Etant donné leur hermétisme aux propositions sociales et écologiques que nous avons formulées, nous craignons que ce groupe de manifestants ne se préoccupe pas du respect de l?environnement ou de l?avenir du métier de pêcheur, mais est, tout simplement, obnubilé par l?idée de recevoir une compensation financière directe?, lâche David Martial. Pour CIEL Properties, ?le principe d?intégration sociale des habitants de l?Est est une véritable priorité.? Voulant ?prendre en considération les appréhensions de la communauté de pêcheurs?, l?entreprise a formulée une liste de propositions pour les court et moyen termes.
Mais pour l?homme de loi des pêcheurs, Me Jim Seetaram, une résolution du conflit passe par l?acceptation par Ciel Properties qu?un ?préjudice important? a été commis envers ses clients. ?C?est seulement à ce moment-là qu?on pourra trouver un consensus?, affirme-t-il. Les compensations viendraient ensuite. S?il dit qu?un montant n?a pas encore été fixé, les pêcheurs parlent de la somme de Rs 300 000 chacun (on en dénombre environ 246 dans la région qui inclut Trou-d?Eau-Douce, Camp-Pêcheur, Grande-Rivière-Sud-Est, Deux-Frères et Quatre-Soeurs). L?un d?eux, Alain Andy, prévoit que cet argent leur permettrait de former des coopératives pour pêcher ?endeor?. ?Nu kone ki lagon pu vinn pu touris mem?, dit-il.
Le conflit s?envase? Une chose est sûre : le ministre devra naviguer avec beaucoup de tact s?il espère aider les deux camps à sortir de l?impasse apparente.
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