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Boodhoo et 27 partis et syndicats votent la désobéissance civile
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Boodhoo et 27 partis et syndicats votent la désobéissance civile
Le Centre Social Marie Reine de la Paix est témoin du tour de force réussi par Harish Boodhoo. Il obtient que 27 partis politiques, associations de contribuables, syndicats et autres organisations approuvent son mot d?ordre de désobéissance civile pour le vendredi 22 juin 1979. A prévoir donc une paralysie générale des activités économiques. Parmi ces 27 mouvements, figurent entre autres la Mauritius Tax Payers Association, le MMM, l?UDM, le MMMSP, la GWF, la GSA, le MLC, la Taxi Proprietors Union, la FSSC, les Syndicats populaires, l?UPSEE, la SPSTU, le FSN, l?UPST, la GHTU, la GTU, l?Organisation de l?Unité des Artisans de l?Industrie sucrière, la UWDWC, la FTU. Le PMSD brille toutefois par son absence.
Boodhoo souhaite qu?il n?y ait aucune récupération politique de cette désobéissance civile. Elle est nécessaire car rien n?indique une quelconque modification du budget 1979/80. Il est décidé qu?un comité de permanence siègera pendant toute la journée du 22 juin et que l?examen des différentes clauses du budget se poursuivra. Il n?y aura aucun contact avec le gouvernement pendant la durée de la désobéissance civile. La Shop Owners Union annonce peu après son intention de suivre le mouvement. La plupart des boutiques resteront donc fermées pour cause de désobéissance civile.
Cette journée comprend aussi une grève générale des principaux secteurs économiques. Des dispositions sont toutefois prises pour assurer le bon fonctionnement des services essentiels.
L?express souligne le caractère oppressif du budget de Ringadoo. La rationalisation des règlements douaniers se révèle en pratique des augmentations massives des taxes douanières. Les Forges Tardieu, la plus importante compagnie de génie industriel, 400 employés, en fait la triste expérience. Ses efforts, en direction d?une augmentation du volume de ses produits exportés, sont annihilés par ces augmentations coups de massue. Sa compétitivité est dangereusement hypothéquée. Elle appréhende des coupes sombres dans son carnet de commandes. A la fin de 1978, ses exportations atteignaient Rs 1,8 million, soit 13% de son chiffre d?affaires. La modernisation de l?industrie sucrière à la Réunion et à Madagascar lui permettait d?espérer une hausse de ce volume à 30%. Dans la plupart des cas, les droits d?importation et les taxes douanières passent de moins de 10% à 52%. Des matières premières non taxées le sont désormais à 50%.
C?est dans ce contexte particulièrement morose que se déroule la ?Fête? de la Moisson à Union/Saint-Aubin, que préside, comme à l?accoutumée, le Premier ministre, Sir Seewoosagur Ramgoolam. Ce dernier invite l?assistance à mettre de l?ordre dans ses pensées, à changer ses attitudes négatives, à chasser le pessimisme morbide, à éviter les critiques destructives, l?apathie injustifiée, le découragement général. On ne peut pas améliorer les salaires sans améliorer la productivité. A quoi sert d?engager un combat où il ne peut y avoir de gagnants ? Il faut au contraire joindre les efforts de tous pour assurer l?avenir économique du pays. Le sucre demeure l?épine dorsale du pays. Pas question donc de menacer cette industrie. Au contraire tout doit être fait pour améliorer son efficience. Il place ses meilleurs espoirs dans le bon fonctionnement du chargement du sucre en vrac.
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