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Biodiversité et sauvegarde des plantes médicinales

6 juin 2005, 00:00

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La catastrophe la plus terrible qui risque de frapper l?humanité dans un avenir proche n?aura ni la forme d?une guerre nucléaire ni celle d?une crise économique mondiale, écrivait le Docteur E. O. Wilson, sociobiologiste de l?université de Havard. Elle pourrait tout simplement prendre la forme d?une destruction des habitats naturels entraînant la perte des diverses espèces génétiques ? riches produits résultants de milliards d?années de l?évolution sur terre. Cette catastrophe écologique, que nos futurs enfants ne nous pardonneraient pas, pourrait être évitée si nous savons prêter l?oreille à tous ceux qui connaissent la vraie valeur de ce que recèlent nos jardins et forêts. Une de nos chercheuses universitaires ne cesse de militer en faveur de la sauvegarde de nos plantes endémiques et médicinales. Ameenah Gurib-Fakim, de la faculté des Sciences de l?université de Maurice, a récemment été nommée première présidente de l?Association for African Medicinal Plants Standards (AAMPS), un organisme international qui ?uvre en faveur du développement et de la promotion de normes acceptables pour les plantes médicinales.

En collaboration avec d?autres chercheurs universitaires, elle vient de coéditer un ouvrage collectif ayant pour titre Bioresources Towards Drug Discovery and Development. Cet ouvrage regroupe les discours d?intervention de 21 chercheurs qui avaient participé à une conférence sur ce thème crucial, à l?université de Maurice en février 2004. Ces chercheurs appartiennent à différentes branches scientifiques et viennent de plusieurs pays. Cette conférence avait regroupé les participants de 14 pays : l?Inde, l?Iran, la France, l?Angleterre, la Belgique, la Réunion, l?Australie, Madagascar, l?Afrique du Sud, la Turquie, l?Irlande du Nord, les États-Unis, le Sultanat d?Oman, le Danemark, et l?île Maurice.

Ces discours, comme l?explique Ameenah Gurib-Fakim dans ses notes introductives en citant les propos du Docteur Wilson que nous avons repris plus haut, montrent l?intérêt grandissant des scientifiques pour les produits naturels, qu?ils soient du domaine terrestre ou marin, susceptibles d?apporter des découvertes pharmaceutiques à l?Homme. Pour ce, il faut d?abord freiner l?extinction de certains organismes biologiques en réduisant les activités humaines dans des régions où ils sont concentrés et menacés, comme dans le Sud. La diversité des gènes provenant de ces organismes fournit les matières premières capables de garantir à l?homme son adaptation à tout changement de l?environnement.

Vu les défis de santé (diabète, maladies cardiovasculaires et le cancer, entre autres), auxquels doit répondre l?homme moderne, la recherche de nouvelles molécules pour l?industrie pharmaceutique est urgente. D?une part, les plantes constituent en elles-mêmes une arme puissante contre les agents pathogènes. On a récemment découvert de nouveaux médicaments contre le cancer comme le taxol et la vincristine. D?autre part, plusieurs substances provenant de diverses plantes semblent prometteuses dans la lutte contre la malaria. Depuis la découverte de leur richesse en matière de bio-ressources, la recherche sur les plantes marines et côtières va également en augmentant.

Le message des participants est clair : dans l?ensemble, la recherche sur les plantes médicinales pourrait être compromise si la diversité de la flore et d?organismes biologiques est sérieusement menacée d?extinction.

Cet ouvrage est coédité, outre Ameenah Gurib-Fakim, par H. Li Kam Wah et S. Jhaumeer-Laulloo du département de Chimie et A. H. Subratty du département de Santé et Sciences médicales de la faculté des Sciences de l?université de Maurice et par P. Ramasami.

Bioresources towards drug development, University of Mauritius Press, Réduit, disponible en librairie à Rs 500.

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