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Bienvenue en enfer
9 043 kilomètres, 748 véhicules, sept pays traversés. Le Dakar, on l?a compris, flirte cette année avec le gigantisme.
Le plus prestigieux des rallyes-raid, qui s?élancera du Portugal aujourd?hui pour une 28e épopée qu?on espère grandiose, a entretemps pris le soin de soigner son image.
Il en avait bien besoin. L?année dernière, deux hommes sont morts, deux motards. Le premier était une figure de proue de l?aventure, l?Italien Fabrizio Meoni, lauréat en 2001 et 2002. Le second, l?Espagnol Jose Manuel Perez, faisait la course à l?arrière, loin de l?intérêt des médias.
Une star et un inconnu. Mais deux passionnés, deux aventuriers, morts pour avoir repoussé un peu trop loin les limites du danger. On ne plaisante pas avec le Dakar.
Les organisateurs ont sans doute compris qu?il n?y avait plus de place pour la fatalité, en tout cas, pas cette année. Il en va de l?avenir d?une épreuve, mythique certes, mais qui a consommé trop de vies dans le passé.
Alors, ils ont réinventé les règlements. Et, ce faisant, sans le savoir, resserré les écarts entre petites et grandes écuries. Et c?est tant mieux. Ainsi, cette année, la vitesse maximale, pour les motos, a été limitée à 160 km/h. Quant aux autos, elles ne seront plus équipées du fameux Global Positioning System qui a faussé bien des données.
L?aventure restera malgré tout surhumaine et c?est tant mieux. Un Dakar se doit de l?être. Sinon ce n?est pas un Dakar.
On a beau changer les règlements, resserrer les écarts, reste que les plus fiables seront toujours les premiers à l?arrivée.
En moto, les ingénieurs de chez KTM ont rivalisé d?ingéniosité ces dernières semaines pour compenser la nouvelle limitation de vitesse et ainsi permettre à l?écurie autrichienne de décrocher un sixième titre consécutif.
Meoni et Sainct sont morts, Roma n?est plus ce qu?il était, KTM a donc dû se chercher une nouvelle star. Et elle semble l?avoir trouvée en Cyril Desprès, lauréat de la précédente édition, et déterminé à remettre le couvert cette fois encore. A moins que son coéquipier Isidre Esteve Pujol, le motard qui monte, ne lui ravisse la politesse.
En auto, la course sera animée. Mais on a franchement du mal à imaginer la chute du monstre sacré qu?est Stéphane Peterhansel, lequel, après avoir inscrit six fois son nom au palmarès des motards, s?est parfaitement reconverti sur quatre roues, offrant à Mitsubishi les deux dernières éditions.
Les Dunes, la chaleur et l?Afrique, ça fait longtemps que Peterhansel les a apprivoisées.
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