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Besoin de résultats

14 octobre 2005, 20:00

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Il y a des signaux dont on se serait bien passés. La décision de faire revenir l?ancien inspecteur Raddhoa au-devant de la scène policière, nous affirme le Premier ministre, répond à l?objectif de s?assurer «des résultats». Bien qu?il s?empresse d?ajouter que cela ne peut se faire «à n?importe quel prix, bien sûr», le Premier ministre dans l?entretien qu?il accorde à «l?express» de vendredi dernier ne parvient pas à nous convaincre que c?est un bon signal. Le contraire nous aurait étonné.

Au-delà de cette décision «interne à la police», ce qui ressort clairement des propos de Navin Ramgoolam, c?est cette urgence à produire des résultats. A ce chapitre, on peut légitimement craindre que la précipitation ne vienne hypothéquer les chances de réussite de certaines initiatives ou encore ne conduise directement à de mauvaises décisions. L?exigence de résultats est saine aussi longtemps qu?elle ne devient pas une obsession. C?est ce juste équilibre que le gouvernement se doit de trouver. Mais il y a le risque que le Premier ministre, ayant tant de choses à se prouver, ne cède à la tentation de pousser ses collaborateurs à un activisme primaire et à pratiquer lui-même un autoritarisme au premier degré.

Le grand retour de Prem Raddhoa participe également de cette croyance que seul un autoritarisme est synonyme de résultats. Pour ce qui est du monde pénitenciaire et de la police, si tel avait été le cas, il y aurait longtemps qu?on aurait résolu les problèmes d?insécurité et de criminalité. C?est un vieux débat, mais il semblerait aujourd?hui que c?est le temps des débats archaïques. Alors allons-y pour les méthodes expéditives et des procédés radicaux !

Or, nous savons tous que le mal est plus profond. La violence n?a engendré que la violence. Mais la société mauricienne a toujours pratiqué l?exclusion de ceux qui ont des comportements déviants que ce soit selon les paramètres légaux ou non. Ce qui explique la marginalisation des personnes souffrant de handicaps physiques et mentaux, notre indifférence à l?égard des toxicomanes, voire des chômeurs? Des observateurs de la société mauricienne mettent cela au compte de l?insensibilité et de l?égoïsme ambiants.

Ils n?auront pas entièrement tort lorsqu?on sait que le mal est aussi dans un projet de développement qui n?a pas intégré les impératifs sociaux. Dans ce pays, on n?a pas tenu en compte le fait que l?aménagement du territoire pouvait avoir une incidence directe sur le comportement des individus. Que la fabrique sociale des comportements dépend également de nos choix de politiques économiques. Que les hommes développent leur corpus attitudinal en fonction d?un jeu de représentation et qu?à ce titre, il suffit de faire jouer des symboles et des clivages pour exacerber les réactions des gens. Le mal est effectivement plus profond. Il est dans ces mentalités qui refusent de se remettre en question.

Le mal est aussi dans les faiblesses des forces intermédiaires tels les mouvements associatifs, les associations socioculturelles et les autres formes de regroupements sociaux. Il est significatif qu?on n?arrête pas à ce chapitre de parler de la nécessité de professionnaliser ces différents services tant leurs prestations se signalent par leur amateurisme. D?autres contre-pouvoirs prennent également repères sur des modèles classiques. Ici, c?est toujours à l?Etat de partager les responsabilités. Trop respectueuse des convenances, la société civile, dans son ensemble, veut surtout faire bonne impression. C?est en cela que la répression semble être la seule option dans la quête de la vérité. Déjà, une telle contradiction indique l?erreur. Mais puisqu?il faut des résultats?

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