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Bert Cunningham attendu à l?ICAC

12 août 2008, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Sa démission semble désormais irrévocable. «Le Premier ministre est au courant des raisons pour lesquelles je démissionne», lâche l?ancien directeur des douanes, Bert Cunningham hier après-midi à sa sortie du bureau du Premier ministre, Navin Ramgoolam, au bâtiment du Trésor, à Port-Louis.

Et ce matin, il est attendu à l?Independent Commission against Corruption (ICAC) pour deux affaires. Il sera d?abord question des allégations de fraudes douanières, notamment d?une exemption partielle des droits de douanes suite à l?importation d?un téléviseur LCD. L?autre affaire porte sur son intervention alléguée dans la réduction d?une amende douanière infligée à un commerçant. Ce cas a été référé au bureau du Directeur des poursuites publiques.

C?est ainsi que l?ICAC, lors d?une visite à Bert Cunningham, samedi dernier, l?avait informé que, suivant ces deux affaires, il ne peut pas quitter le pays. Cette affaire porte sur le fait d?être intervenu en faveur d?un commerçant dans le cadre d?une fraude douanière.

D?autre part, l?ancien directeur des douanes avait publiquement déclaré avoir sollicité une rencontre avec le Premier ministre actuel. Souhait qui s?est matérialisé hier.

L?express l?a rencontré à l?issue de la réunion, hier. Sa première réaction à l?objectif de notre photographe est celle de la peur. «Oh God», s?exclame-t-il. Celui qui dit maintenant craindre pour sa vie sursaute.

L?express l?a interrogé :

? Qu?est ce qui s?est passé ?

? Le Premier ministre est au courant de la situation.

? Quelle situation ?

? Les raisons pour lesquelles je démissionne.

? Et ?

? Je ne pense pas que je dois vous parler vu les circonstances.

? Quelles circonstances ?

Bert Cunningham esquisse un sourire avant de s?éloigner précipitamment. Interrogé à nouveau dans la soirée, il relate qu?il a reçu une lettre de la Mauritius Revenue Authority (MRA), organisme responsable du département des douanes, lui sommant «de ne plus parler» à la presse. La raison : c?est une des clauses de «l?accord convenu» pour qu?il parte.

Sollicité pour une réaction après la réunion, le ministre des Finances, Rama Sithanen, déclare : «Je suis peiné par la tournure des événements.» Mais il fait aussi ressortir que «le directeur des douanes ne pouvait pas travailler en équipe et avait des problèmes relationnels avec un grand nombre de personnes».Le ministre Sithanen soutient que le Premier ministre et lui-même ont soutenu Bert Cunningham pendant trois ans mais «on ne peut faire davantage pour faire avancer les dossiers. C?est un Etat de droit. Lors de la réunion Cunningham a exprimé son amertume et a fait un exposé sur les dossiers sur lesquels il a travaillé. On a écouté sa version. Mais il y a d?autres versions sur les dossiers qu?il a traités».

Officiellement, la MRA n?a pas souhaité donner les raisons du départ prématuré de Bert Cunningham. Mais elle affirme que ce dernier a été exonéré de tout blâme dans l?affaire le concernant et qui fait l?objet d?une enquête de l?ICAC. Elle déclare que c?est «d?un commun accord» que le contrat du n° 1 des douanes a été résilié. Mais mardi dernier, son conseil d?administration l?aurait convoqué à une réunion pour lui demander de partir. Bert Cunningham aurait alors résisté avant de revenir sur sa décision.

Dans les coulisses de la MRA, on laisse entendre que le conseil d?administration de la MRA avait vu d?un mauvais ?il des remarques de l?ancien directeur des douanes qui auraient frisé l?insubordination. Il aurait également accusé certaines hautes personnalités «de corruption, à tort et sans preuves concluantes».

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