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A Berlin, 4,4 milliards de dollars promis à Karzaï

1 avril 2004, 20:00

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<B>L?AFGHANISTAN</B>, qui compte parmi les pays les plus pauvres de la planète, demeure l?un des grands sujets de préoccupation des Occidentaux en matière de sécurité, plus de deux ans après le renversement des taliban et l?éviction des combattants islamistes d?Al Qaïda qui avaient leur soutien.

Des rescapés du régime islamiste restent actifs, une grande partie du pays est contrôlée par des chefs de guerre et le trafic de drogue y joue un rôle central.

?Nous avons atteint notre objectif à 100%?, a déclaré le ministre afghan des Finances, Ashraf Ghani Ahmadzai, lors d?une conférence de presse donnée à l?issue de la conférence, à Berlin.

Ces promesses de dons destinés au financement de la reconstruction et du fonctionnement du pays pour l?année fiscale 2004-2005 dépasse largement les quelque 4,5 milliards de dollars sur cinq ans promis lors de la conférence de donateurs de Tokyo, en 2002, mais représente une faible proportion des quelque 12 milliards de dollars du budget militaire annuel des pays occidentaux en Afghanistan.

<B>?La reconstruction ne fait que commencer?</B>

Ghani, visiblement satisfait, a souligné que cet argent permettrait aux pays occidentaux de réduire leur facture militaire du fait de la stabilité que devraient apporter ces investissements dans le pays.

?Nous ne demandons pas la charité, nous demandons des investissements?, a-t-il souligné par la suite lors d?une conférence de presse. ?Quand nous demandons de l?aide c?est en fait pour vous faire économiser de l?argent, pas pour peser encore un peu plus sur vos budgets déjà très étirés.?

Karzaï et son gouvernement jugent nécessaire que le pays obtienne une assistance de 27,5 milliards de dollars sur sept ans, mais ils ne comptaient pas l?obtenir en une fois à l?occasion de la conférence de Berlin.

Selon Ghani, la communauté internationale a également promis de donner au total 8,2 milliards de dollars durant les trois années à venir. Kaboul espérait 11,9 milliards de dollars.

Pour le ministre, le changement de priorités observé dans l?affectation de cette aide témoigne des progrès réalisés par l?Afghanistan depuis la chute des taliban.

?Les promesses de dons faites à Tokyo étaient au moins pour moitié destinées (...) à des missions humanitaires?, a rappelé Ghani. ?Les principales priorités des promesses (faites à Berlin) sont à présent la reconstruction, la bonne gouvernance et le processus politique. Cela traduit un changement très important?, a-t-il estimé.

Karzaï avait au cours de la journée exhorté la communauté internationale à participer à la reconstruction de son pays, ravagé par des décennies de guerre.

?Ce que nous avons accompli est prometteur, mais permettez-moi de dire avec franchise que la reconstruction ne fait que commencer?, avait déclaré le dirigeant afghan.

Des organisations humanitaires estiment que la communauté internationale n?a pas fait assez pour l?Afghanistan, une tendance qui s?explique notamment par les fonds siphonnés à partir du printemps 2003 par le conflit et la reconstruction en Irak.

<B>La crainte d?un ?Etat en faillite?</B>

?L?Afghanistan souhaite devenir un modèle de prospérité et de modération dans la région. Nous, Afghans, sommes résolus à traduire cette vision dans les faits. Nous ne voulons pas redevenir un sanctuaire de la drogue et du terrorisme?, a déclaré Karzaï selon une traduction de son discours distribuée à l?avance.

Washington, ont déclaré des responsables, fournira la part léonine pour l?aide d?ici à la fin mars 2005, soit 2,2 milliards de dollars.

La Commission européenne et les Etats membres devraient ensemble promettre environ 700 millions d?euros (857,3 millions de dollars). Le Japon a promis 400 millions d?euros pour les deux années à venir et la Banque asiatique de développement a déclaré qu?elle fournirait un milliard de dollars de 2005 à 2008.

En inaugurant la conférence, le chancelier allemand Gerhard Schröder a exprimé la crainte qu?ont les Occidentaux de voir l?Afghanistan retomber au niveau d?un ?Etat en faillite? où reprendraient pied des groupes comme Al Qaïda.

Même son de cloche chez le secrétaire d?Etat américain Colin Powell. ?Jamais plus les tyrans et les terroristes ne dirigeront l?Afghanistan, et jamais plus l?Afghanistan ne sera un foyer d?instabilité?, a-t-il dit.

Plus de la moitié des 18 millions d?Afghans vivent officiellement au-dessous du seuil de pauvreté. Karzaï s?est fixé un objectif de croissance économique de neuf pour cent au cours des dix prochaines années.

L?espérance de vie moyenne ne dépasse pas 42 ans dans le pays, ce qui en fait l?une des plus faibles du monde.Selon des estimations, le commerce de l?opium représente l?équivalent de 50% du produit intérieur brut officiel. Le pays passe pour fournir les trois quarts de l?opium en circulation dans le monde. L?élection présidentielle qui était prévue en juin a été reportée au mois de septembre en raison de problèmes de sécurité et d?enregistrement des quelque dix millions d?électeurs afghans.

La Force internationale d?assistance à la sécurité (Isaf) dominée par l?Otan occupe la capitale et ses environs et maintient une présence limitée dans la région de Kunduz, mais la plus grande partie du territoire afghan est sous le contrôle de chefs de clans.

<B>Philip Blenkinsop</B>

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