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Benjamin Moutou romance l?Histoire
De l?art délicat de doser l?Histoire. De restituer les événements qui ont façonné la nation, en y mêlant la sienne propre. Ses souvenirs d?enfance. Son recul d?adulte averti. Pour y parvenir, l?historien Benjamin Moutou a choisi de laisser parler sa fibre de romancier.
Son dernier ouvrage, Les vents de la colline Candos a été lancé par James Burty David, ministre des Administrations régionales. Avec un mélange d?éloges pour ?l?ami? et de lucidité littéraire, James Burty David a cerné la démarche de l?auteur. De ses ? joyeuses réminiscences ?, à ses tranches de vie soigneusement sélectionnées.
Se voulant mémoire des années 40 à Maurice, l?ouvrage est, pour le ministre des Administrations régionales, le fruit de l?Histoire ?réanimé par le souvenir et la nostalgie. Moutou nous rappelle que l?avenir dépend de notre conscience d?hier.? Le critique n?a rien manqué des préjugés évoqués par Benjamin Moutou dans Les vents de la colline Candos. Ceux ?qui font de la comédie humaine un drame?.
Il a cité dans la foulée, ?ces personnes contraintes de changer de nom pour avoir accès à la mobilité sociale?, les ?Mauriciens d?origine mozambicaine qui ont subi le délit de faciès?, la ?langue créole bannie chez certaines familles bourgeoises?, ainsi que ces ?gens du peuple considérés bons seulement pour les basses besognes?. Le tout évoqué avec une ?colère contrôlée?. Avec l?intention manifeste d?agir comme reflet de la société contemporaine.
Pour sa part, Robert Furlong, maître de cérémonie au lancement du livre et préfacier de Les vents de la colline Candos, a souligné à l?intention de ceux qui ?seraient tentés de n?y voir qu?une ?uvre de fiction?, que l?auteur a mêlé à son récit des témoignages de première main. Au-delà du simple appel à la mémoire, le préfacier a mis en exergue le processus de re-création du passé en y enlevant ?l?écorce linéaire du temps. ? Sans que Benjamin Moutou ne se perde dans des ?détails insipides? ou trop intimistes.
S?expliquant lui-même sur ses motivations, l?auteur a déclaré avoir presque fait le tour de l?Histoire dans ses quatre ouvrages précédents. ?J?ai voulu faire ?uvre utile en faisant état du vécu pendant la Seconde Guerre mondiale, car l?historien a le souci de libérer la vérité. ? Pour lui, les années 40 constituent une ?décennie charnière où tout s?est joué pour le meilleur et pour le pire?.
De son côté, le maire de Quatre Bornes, Ramakrishna Appadu, a saisi l?occasion pour annoncer que la bibliothèque municipale Simone de Beauvoir sera réorganisée pour faire plus de place aux auteurs mauriciens. Il a aussi affirmé que Rs 3 millions ont été réservées pour le financement d?une médiathèque à Belle-Rose.
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