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Bel Air Sugar Estate : «Il n?y a aucun accord avec la CMT»
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Bel Air Sugar Estate : «Il n?y a aucun accord avec la CMT»
«Il y a une confusion entourant un accord avec la Compagnie mauricienne de textile. Il n?y a pas eu d?arrangement. Il y a eu des discussions portant sur notre projet et non sur le leur mais elles n?ont pas abouti. Ce semblant d?arrangement donne lieu à pas mal de malentendus.» C?est ce qu?explique à l?express hier le responsable des relations publiques de Bel Air Sugar Estate, Anil Nemchand à propos du conflit entourant l?allocation de 104 arpents à la Compagnie mauricienne de textile (CMT) pour un projet hôtelier.
L?affaire qui devait être entendue en cour hier a été renvoyée au 18 septembre 2008. Dans un affidavit la semaine dernière, par le biais de son homme de loi, Me Thierry Koeing, l?Executive Chairman, Patrick Rountree, décrit avec force détails les discussions qui ont lieu entre la Bel Air Sugar Estate et la CMT depuis décembre dernier.
Il conteste la décision du ministère du Logement d?allouer les 104 arpents à la CMT alors qu?il les avait sollicités auparavant pour un projet hôtelier et un Integrated Resorts Scheme. Le projet devait se faire sur une superficie de 355 arpents 50 perches, incluant ainsi les terres privées de Bel Air Sugar Estate.
D?ailleurs, ils avaient obtenu de l?Etat un bail de location sur ces Pas géométriques pour des besoins d?élevage. Ce bail était arrivé à terme le 10 septembre 1999. Mais depuis, Bel Air Sugar Estate essaie de les reconquérir en mettant en avant des projets hôteliers. Ces tentatives ont été vaines.
Après l?affidavit de Bel Air Sugar Estate, la CMT prépare la riposte. La direction avance qu?elle entend initier des démarches légales dans le courant de cette semaine. De ce fait, le directeur de la CMT, François Woo, ne souhaite pas répondre aux arguments de l?Executive Chairman de la propriété sucrière, Patrick Rountree.
C?est en décembre de l?an dernier que la CMT a approché Bel Air Sugar Estate à travers Lloyd Coombes, un des directeurs de la propriété sucrière. Patrick Rountree fait ressortir que déjà lors des discussions le 15 janvier 2008, la CMT souhaitait un «land swap agreement».
Sur chaque arpent de terrain obtenu de l?Etat, elle cherchait à obtenir huit arpents des terres privées de Bel Air Sugar Estate. Car, en fait, le seul accès aux 104 arpents est à travers les terres privées de la propriété sucrière. Lors d?une réunion, la CMT a fait part de son souhait d?être un partenaire égal dans le projet IRS de la propriété sucrière, qui incluait aussi les terrains privés. Ces propositions ont cependant été rejetées par le conseil d?administration de Bel Air Sugar Estate.
Patrick Rountree se dit étonné que dans une lettre à Bel Air Sugar Estate le 23 juin 2008, la CMT ne mentionne que des projets initiaux de la propriété sucrière et non des projets indépendants qu?elle a initiés. Ce qui l?amène à dire que la CMT n?a soumis aucun projet spécifique et indépendant au ministère des Terres et du Logement de même qu?aux autres autorités. C?est pour cela que Patrick Rountree avance que la décision du gouvernement a été prise en croyant qu?il y avait un «purported joint-venture» entre la CMT et la propriété sucrière. D?autant que le projet des deux hôtels n?est pas viable sans les terres privées de Bel Air Sugar Estate.
Cette dernière a d?ailleurs jugé encore plus pressant de se tourner vers la justice car le ministre Asraf Dulull a signifié son intention, lors d?une Private Notice Question, le 29 juillet dernier, d?«unlock» les Pas géométriques. Ce qui équivaut pour Patrick Rountree à faire une acquisition obligatoire de ses terres. Dans cette même réponse, le ministre avait confirmé que la demande de la CMT auprès des autorités avait été agréée dans un délai d?un mois. C?est le 29 avril 2008 que la CMT fait une requête auprès des autorités. Le 30 mai, le gouvernement lui donne son feu vert alors qu?un mois après, elle obtient sa Reservation letter.
Par ailleurs, des employés de Bel Air Sugar Estate, qui ont travaillé sur ces terres depuis des années ont envoyé une pétition au Premier ministre pour déplorer «l?injustice de cette affaire». Ces terres ont fait l?objet d?une enquête de l?Independent Commission against Corruption. Anil Nemchand avait allégué qu?il y aurait eu une demande de Rs 50 millions de la part d?un homme d?affaires pour le compte du ministre pour faire avancer le dossier. Allégations que ce dernier a toujours réfutées. Le dossier est actuellement entre les mains du Directeur des poursuites publiques.
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