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?Beaucoup reste à faire? pour convaincre l?UE

7 décembre 2004, 00:00

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La ligne droite finale. Six mois. Pendant cette courte période, les pays Afrique Caraïbes Pacifique (ACP) sont appelés à être sur tous les fronts de lobbying. Le but est de faire pression sur l?Union européenne (UE) pour que le texte législatif introduisant la réforme du régime sucrier tienne compte de leurs propositions.

En juillet dernier était annoncée cette réforme, qui prône une réduction de 37 % du prix du sucre en 2007. Maurice et le bloc ACP se sont alors engagés dans une intense campagne de lobbying, sous l?argumentation que la réforme, en l?état actuel, serait catastrophique.

?Les contours et les mécanismes de la réforme commencent à prendre forme. Beaucoup reste à faire?, a indiqué hier le ministre de l?Agriculture, Nando Bodha, lors de son bilan de mission à Bruxelles, la semaine dernière.

Cette réforme de l?ex-commissaire Franz Fischler, sous forme de texte législatif, sera la résultante de toutes les recommandations des partenaires du régime sucrier. Subséquemment, le texte sera soumis à l?approbation du Conseil des ministres européens de l?Agriculture, ainsi qu?à celle du Parlement.

Des Etats-membres, tels la Grande-Bretagne, le Danemark, la Suède, Malte et Chypre, sont résolument pour la réforme dans sa forme actuelle. Dix autres, dont l?Espagne et l?Italie, ont exprimé leur désapprobation, dans la mesure où leur industrie sucrière ? betterave ? sera touchée. Et parmi le reste des membres, l?on retrouve des pays ?très importants? tels que la France, la Belgique et la Pologne.

?Tout est possible. C?est à nous d?être présents à tous les niveaux: ministres, Parlement et députés européens. Il faudrait qu?on puisse mettre en place notre campagne?, a fait ressortir le ministre de l?Agriculture.

Le texte législatif, rappelons-le, serait débattu et adopté au cours du deuxième semestre 2005, sous la présidence britannique. Ainsi, la réforme interviendrait au plus tôt en 2006.

Le bloc ACP, pour sa part, demande une réforme graduelle démarrant en 2008 pour se terminer en 2016. Il s?agit de l?une des propositions du groupe, dans un document transmis le 6 octobre dernier à l?UE. De plus, le groupe demande à l?Union européenne de respecter les engagements garantis par le Protocole Sucre.

Au niveau européen seuls les Pays-Bas ont transmis, jusqu?ici, des contre-propositions sur la réforme Fischler. Ce texte, adopté par le Parlement néerlandais, propose une réduction de 16 %.

La semaine dernière, le bloc ACP a eu un avant-goût de la position de la commission lors de la 80e séance du Conseil des ministres, à Bruxelles. Le président, José Manuel Barroso, les commissaires Louis Michel et Peter Mandelson, sont intervenus. Et le discours du Britannique, en charge du portefeuille du commerce, a indiqué que cette réforme tant crainte est nécessaire.

Une importante rencontre est prévue pour le 24 janvier 2005 entre les ministres de l?Agriculture ACP et européens. Elle sera précédée d?une campagne de lobbying dans des pays tels que la République Tchèque, la Hongrie, la Finlande, l?Irlande, de même que la Grande-Bretagne.

Au niveau des ACP, chaque Etat membre a été invité à préparer son plan de réforme, avant de soumettre ses propositions lors d?une future réunion du bloc.

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