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Bashir Khan, Mauricien de c?ur
Ses cheveux poivre et sel assortis à une french cut aux mêmes tons, lui donnent une bonne bouille. Son parler allie anglais, français et créole. Langue maternelle qu?il n?a jamais oubliée. Bashir Ebrahim-Khan fait succès en Angleterre. D?un côté, il a embrassé une carrière particulière et est expert en prison. De l?autre, il milite pour la bonne cause.
L?homme, qui vit en Angleterre depuis 1975, est né à la route des Pamplemousses. Le berceau de son enfance, mais aussi le carrefour des diversités culturelles. Il y grandit au sein d?une famille de cinq enfants, dont il est le benjamin. « Je me souviens encore de tous ces gens qui marchaient et effectuaient des processions vers le caveau du Père Laval et le Maha Shivaratree. À l?époque, j?ignorais ce que cela symbolisait », relate-t-il.
À 5 ans, il perd son père. Celui-ci, qui était d?origine indienne, était arrivé à Maurice en 1932 avec son frère et des cousins. Ensemble, ils avaient fondé un salon de thé au port qui était, à l?époque, sur le site du Blue Penny Museum. D?autres salons de thé avaient été lancés dont le Pakistan ou encore Providence à la rue Desforges, par d?autres proches immigrés.
Avec une pointe de nostalgie, Bashir Khan se souvient de certains de ces proches immigrés qui avaient acheté des petits bateaux ? Bateaux Koknis ou encore Bateaux Dilo ? mais qui ont hélas disparu et cédé la place au Caudan Waterfront.
Enfant, Bashir Khan étudie à l?école C?ur Sacré de Jésus RCA. Après ses cours, il aimait jouer au cerf-volant seul ou avec d?autres enfants. Après ses études dans les collèges Islamic et St Mary?s, Bashir Khan s?intéresse au droit. Il s?imagine bien dans une carrière d?avocat.
« Mais j?avais choisi des matières scientifiques, et j?étais plutôt préparé mentalement pour embrasser une profession dans l?ingénierie », explique-t-il.
En 1975, il s?embarque pour des études supérieures en Grande-Bretagne. Il étudie à la University College of London où il planche et obtient un BSC en chimie, suivi d?un Master of Philosophy in Chemical Engineering. Puis, il fait une escale aux États-Unis, pour y effectuer des recherches pour ses études, avant de rentrer en Angleterre pour terminer avec un MBA en Business Administra-tion à l?université du Middlesex en 1991.
Ensuite, il se joint au London Central Trust et à l?Islamic Cultural Center. Il y sera nommé Head of Administration. « J?étais responsable des relations publiques et faisais aussi la liaison entre les ministères et les autorités, et je prenais part aux comités gouvernementaux traitant des sujets ethniques », indique-t-il.
<B>« Continuer à promouvoirl?entraide »
Bashir Khan s?intéresse aussi de près à la gestion des prisons et a travaillé comme consultant au Home Office Prison?s Department. Il y a animé des conférences auprès des responsables et des officiers de prison, et a effectué plusieurs visites afin de se familiariser avec leurs conditions de détention. Comme il fait partie de l?Indepen-dant Monitoring Board de la HM Prison à Pentonville, dans le Nord de Londres, Bashir Khan a contribué à diverses études sur l?univers carcéral en Angleterre et en France, en collaboration avec le professeur Beckford de l?université de Warwick.
Entre-temps, Bashir Khan participe à des activités sociales. Il se dédie aux causeries sur les religions et représente souvent l?Angleterre. Il est aussi membre du City of Westminster Council Adoption Panel. « Mon rôle au sein de cette instance est d?étudier les demandes d?adoption des parents ou des familles d?accueil », soutient-il.
Depuis l?an 2000, Bashir Khan a aussi été Deputy Director du Muslim Cultural Heritage Center (MCHC) à Kensington. Cette organisation a été mise sur pied afin de combattre l?exclusion sociale. Il a également développé des projets communautaires pour lutter contre la délinquance juvénile. En 2004, il est venu à Maurice, en compagnie de Lord David Ramsbotham, ancien chef inspecteur des prisons en Grande-Bretagne, pour animer un séminaire et une formation des employés des prisons de Maurice. Les deux hommes ont soumis un rapport à Paul Bérenger, à l?époque, avec des recommandations en milieu carcéral.
Marié à Yasmine, Accounts Assistant, Bashir Khan est père de deux filles, Roxanne, 19 ans, et Layla, 15 ans. Il est désormais consultant en freelance dans les prisons. Depuis le mois de mai 2006, il est le représentant du groupe Réfugiés Chagos en Angleterre et leur procure tout son soutien.
Heureux de prendre part à toutes ces causes, il entend poursuivre sur sa lancée, avant de rentrer, un jour dans son île natale qu?il a toujours portée dans son c?ur.
« Même si j?ai vécu la majorité de ma vie d?adulte en Angleterre, j?ai toujours été en contact avec Maurice. Dans mon c?ur et dans ma tête, c?était comme si je ne l?avais jamais quittée. Si ça ne tenait qu?à moi, je sauterai dans le prochain avion, mais une telle décision appartient à la famille. À mon retour, je continuerai à promouvoir l?entraide entre les communautés pour que l?unité puisse perdurer. »
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