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A bas la contrefaçon !

22 septembre 2005, 20:00

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?Après un accident, est-ce que vous vous êtes déjà posé la question de savoir si les patins de frein sont d?origine ?? Ces propos du contrôleur des douanes, Bert Cunningham, résument le volume de contrefaçon circulant dans le pays. Celle-ci gagne du terrain. Et tout le monde en prend un sacré coup.

L?heure est à l?action. Tous les acteurs économiques en sont conscients. Une première journée anti-contrefaçon, sous l?égide de la Chambre de commerce et d?industrie et la mission économique de l?Ambassade de France, a eu lieu hier, avec des intervenants explicitant le danger tout en avançant des solutions.

Ce ?fléau mondial? s?immisce dans tous les secteurs de la consommation. Habillement, jouets et nourriture, voire médicaments, ne représentent que la crête du monstre. Difficile de quantifier l?étendue des dégâts sur le marché local. On avance que le montant serait de Rs 4 à 5 milliards.

?La contrefaçon représente non seulement un danger économique, mais également un risque social. En s?attaquant aux produits de consommation courante, elle a ouvert un champ important en matière de santé et de sécurité?, a affirmé l?ambassadeur français Dominique Renaux, au début de cette journée. ?Elle pèse entre 200 à 300 milliards d?euros.?

En plus de l?Etat qui voit passer sous son nez des rentrées d?argent, les entrepreneurs locaux en sont les principaux affectés, notamment dans le secteur de l?habillement. ?Un client est venu me reprocher le fait qu?avec Rs 15, il s?est procuré une taie d?oreiller fabriquée à partir du même tissu que sa chemise, achetée dans une de mes boutiques?, affirme Florence Jeuffrain, directrice des boutiques Café Coton, marque de chemises de réputation mondiale, pour soutenir ses critiques à l?égard de la contrefaçon sauvage.

Le Mauricien moyen ne peut se permettre une chemise, voire une paire de jeans, à Rs 1 000. Pas question d?ajuster le prix sur le niveau de vie. ?La qualité a un prix?, insiste Florence Jeuffrain. Au patron de IV Play de renchérir : ?J?ai de l?argent pour m?acheter une Hyundai. Je vais demander à Mercedes de casser ses prix ??

?Faire peur? au consommateur

La solution en amont consiste en une conscientisation des entreprises en ce qui concerne leurs droits. Le momentum est déjà là. Bert Cunningham a de fait plaidé pour que les responsables des entreprises déclarent leurs intérêts aux douanes. Valeur du jour, elles ne sont que 35 marques à s?être fait enregistrer. Si ces right holders ne se présentent pas aux douanes ou ne rapportent pas les cas de contrefaçon à la police, les conteneurs douteux passeront à travers les mailles du filet. Ces articles seront vendus au grand jour, en toute quiétude. Or, à la Réunion, la législation permet au douanier d?intervenir à tout moment.

Lors des discours et présentations, l?exemple français a été dévoilé aux nombreux entrepreneurs, ce qui a été une réussite. Pour Christine Lai, directrice générale de l?Union des fabricants, les entrepreneurs sont tenus de se regrouper en association pour protéger leur propriété industrielle et artistique. Qui plus est, cet organisme sera un excellent outil de pression pour sauvegarder leurs intérêts. Le message est passé avec la décision de créer une association.

Et en aval, il est question de sensibiliser le consommateur. Cyril Chanteloup, représentant de Louis Vuitton, n° 1 mondial du haut de gamme, a proposé de lui ?faire peur? en appuyant sur l?origine douteuse du produit, ou le pénaliser, avec de fortes amendes.

Le pays s?est positionné comme future destination de hors-taxes. Mais l?étiquette de produit pirate risque de lui être scotchée sur le dos. Au triste épisode de Ralph Lauren, où les Américains ont obtenu la fermeture des boutiques de produits contrefaits, s?ajoutent des croisades constantes des autres marques ancrées dans le haut de gamme.

?Il faut que le pays soit propre?

?Pour que nous nous installions ici, il faut que le pays soit propre?, déclare, sans ambages, Luana Avram, responsable de la cellule juridique d?Eden Park. Elle renchérit : ?Avec une chemise à 100 euros, nous n?avons pas le droit à l?erreur. Ce sont des clients français qui achètent du Eden Park. Quand l?article se détériore en moins de temps, nos ventes en souffrent car ils ne reviendront pas chez nous.?

La contrefaçon est également source de financement du crime organisé et du terrorisme. Son éradication à long terme requiert une volonté politique. Elle est là. Dans son discours, le ministre suppléant aux Affaires étrangères l?a réaffirmé : ?Je peux vous assurer que le gouvernement, conscient du problème de la contrefaçon, a la détermination de coordonner ses efforts avec ceux d?autres institutions internationales pour gagner cette bataille. Nous ferons tout pour que, dans la pratique, les résultats soient plus probants.? Mais les contrefacteurs n?attendent point?

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